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Politique

Pas de vacances pour les grévistes !

En plein mouvement de grève, Elisabeth Borne s’envole pour Marrakech !

En pleine crise sociale, la ministre Elisabeth Borne a décidé de se prendre quelques jours de vacances. Macron avait pourtant annoncé qu’il n’y aurait pas de trêve pour le gouvernement. Du côté des grévistes un message clair a été envoyé dès le début de semaine : pas de vacances, pas de trêve de noël et pas de négociations jusqu'au retrait de la réforme des retraites.

mercredi 25 décembre 2019

CREDIT PHOTO : BENOIT TESSIER / REUTERS

Alors qu’Emmanuel Macron avait déclaré lundi qu’il n’y aurait « pas de trêve » pour le gouvernement, Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique et solidaire à laquelle est rattaché le ministère des Transports, a décidé de se prendre quelques jours de vacances tout en assurant qu’elle resterait joignable. Une annonce qui a tout de suite fait réagir les grévistes, leurs soutiens et l’opinion publique. Et pour cause, ce départ en vacances vient s’ajouter à la longue liste d’attitudes et de choix pris par le gouvernement qui apparaissent aux yeux de la population comme autant de signes de mépris, de dénigrement ou encore des confirmations de la totale déconnexion entre les élites et les travailleurs.

Alors que les transports sont paralysés par la grève depuis plus de vingt jours, que les raffineries se arrêtent la production, que la colère gronde dans le monde du travail, qu’une majorité de la population exprime son rejet de la réforme dans son ensemble, le gouvernement joue désormais la carte du pourrissement, celle de faire mine d’ignorer les grévistes déterminés à poursuivre la grève pendant les fêtes, et affiche ses véritables privilèges. Ce sont ceux là même qui voudraient faire passer les travailleurs de la SNCF et de la RATP pour des « gaulois réfractaires » attachés à leurs privilèges et à leurs régimes spéciaux, qui montrent qu’ils sont les vrais privilégiés. Samedi dernier c’était les images de l’anniversaire en grande pompe d’Emmanuel Macron qui circulaient sur les réseaux. Aujourd’hui ce sont les vacances au bord de la mer d’Elisabeth Borne. Sans parler du montant de leurs revenus et du cumul des mandats à l’instar de celui qui a rédigé le projet de réforme, Jean-Paul Delevoye.

De son côté, la base des grévistes qui avait annoncé qu’il n’y aurait pas de trêve pour Noël sans retrait de la réforme tient parole. Suite aux annonces de la direction de l’UNSA à faire une « pause » dans la mobilisation et à l’appel de l’intersyndicale à une prochaine manifestation le 9 janvier, soit 20 jours plus tard, des grévistes des différents secteurs de la RATP (bus, métro et RER), ainsi que des cheminots de la SNCF, s’étaient réunis vendredi 20 décembre à Paris pour décider de la poursuite du mouvement et appeler à une « semaine noire » à partir du 23 décembre pour envoyer un message clair au gouvernement, aux médias et aux direction syndicales : sans retrait, pas de trêve ni de négociations. Car la base est consciente que pour gagner une bataille, il est interdit de mettre un mouvement sur pause, et que tout l’enjeu réside dans le fait d’élargir la grève, de la prendre en main par ceux qui tiennent les piquets, les assemblées générales et de la radicaliser.

Ainsi, tout un agenda a été mis en place par les grévistes en région parisienne afin de maintenir et durcir le mouvement, avec un prochain rendez-vous pour manifester dans la rue ce jeudi 26 décembre à 13h à Gare de l’Est. Comme le disent souvent les grévistes au micro de Révolution Permanente, ce n’est pas Elizabeth Borne, ni les directions de la SNCF et de la RATP, qui conduisent les trains ou entretiennent les rames. Alors finalement qu’elle soit à Paris ou au Maroc, la question de la reprise du trafic est aujourd’hui entre les mains des grévistes qui prennent conscience de leur force et sont déterminés à obtenir le retrait.




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