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Politique

Des moyens pour la santé !

En pleine crise des urgences, une nouvelle vague de chaleur met les soignants sous tension

Les fortes chaleurs qui s’annoncent ces dix prochains jours annoncent un été surchargé pour les hôpitaux et notamment les services d’urgences. Une fois de plus, il faut revendiquer des embauches et des moyens pour les soignants.

mardi 12 juillet

Crédits photo : JOËL SAGET / AFP

Une nouvelle vague de chaleur s’installe en France, seulement un mois après la dernière. Les températures dépassent en effet les 30°C sur l’ensemble du territoire depuis lundi et, selon les prévisions de Météo France, pendant encore au moins dix jours avec des pics de chaleur prévus à 40°C. Le Sud-Ouest et la vallée du Rhône sont les régions les plus touchées par ces fortes chaleurs avec 7 départements déjà placé en vigilance orange canicule : la Gironde, le Lot-et-Garonne, le Tarn, le Tarn-et-Garonne, la Haute-Garonne, l’Ardèche et la Drôme. Le risque de canicule menace de s’étendre sur d’autres départements encore. Ces phénomènes se font de plus en plus fréquents, conséquence directe du réchauffement climatique.

Ces fortes chaleurs ont un impact énorme sur la santé des plus vulnérables : en 2003, la canicule avait fait 19 000 victimes. Parmi les mesures mises en place par le gouvernement pour éviter un désastre pareil et protéger les personnes les plus vulnérables et les personnes à risques, pas d’augmentation des moyens ou d’embauches mais une liste de protocole et de mesures préventives à mettre en place dans les EHPAD ou sur les lieux de travail : bouteilles d’eau, aération, aménagement des horaires…

Ces mesures sont ridicules lorsque l’on sait qu’en période de canicule, les entrées aux urgences sont multipliées par 2,5. Or, l’hôpital public n’est pas en mesure d’accueillir ces personnes supplémentaires, étant déjà en grande difficulté en temps normal. Cela fait en effet presque 30 ans qu’à coup de mesures néolibérales l’État organise la casse de l’hôpital publique afin de le rendre plus rentable, poussant à bout les personnels soignants. Entre 2003 et 2016, plus de 64 000 lits ont été supprimés et récemment 120 services d’urgences ont été totalement ou partiellement fermés (soit 20% des services au niveau national).

Cette casse s’est évidemment poursuite sous le deuxième quinquennat Macron. Les recommandations issues de la « mission flash » menée par le nouveau ministre de la Santé François Braun suite aux mobilisations du monde hospitalier le mois dernier vont être mises en œuvre cette semaine. Leur objectif est de « faire passer l’été » mais elles seront prolongées si elles se montrent efficaces. Parmi les mesures qui vont être mises en place cet été, un tri des patients (par téléphone ou sur place), des fermetures de services d’urgences la nuit pour prioriser le Samu, la mobilisation de médecins à la retraites… Bref, encore une façon de faire un maximum d’économie sur notre système de santé, poussant les personnels soignants à choisir entre les patients. Les conséquences de telles actions se sont déjà montrées dramatiques, comme au CHU de Bordeaux en 2018 où une patiente est décédée car personne n’avait pu lui apporter les soins dont elle avait besoin.

Cet été, face à la canicule et au Covid, les personnels soignants vont encore une fois être en première ligne, en travaillant toujours plus avec toujours moins de moyens et un salaire qui stagne à côté d’une inflation galopante. Et encore une fois, ce sont aussi les personnes les plus précaires qui vont souffrir le plus de la canicule et de la casse de l’hôpital public, puisque depuis janvier, un passage aux urgences non suivi par une hospitalisation coûte 20€, non-remboursés par la sécurité sociale.

Parce que nous ne pouvons pas continuer de voir les personnels soignants être poussés à bout et nous ne pouvons pas laisser la santé être un luxe, réclamons des embauches et des moyens pour l’hôpital !



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