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Politique

Casse de l'hôpital

En pleine crise sanitaire, plus de 100 lits supprimés au CHU de Nantes

En pleine crise sanitaire, alors que la stratégie du gouvernement se contente de réprimer la population, plus de 100 lits ont été supprimés au CHU de Nantes. Plus que jamais, la gestion catastrophique de la crise sanitaire ne cesse de se révéler au grand jour.

mardi 20 octobre

Crédits photos : LOIC VENANCE / AFP

Après avoir été annoncée depuis le confinement, puis redoutée pendant les mois qui ont suivi en l’absence de toute politique sanitaire, nous y sommes : la seconde vague du Coronavirus en France est là. Ce lundi, le nombre de malades du Covid-19 en réanimation a dépassé les 2 000 (un chiffre équivalent à ceux de la mi-mai), et le nombre de morts en 24h était de 146 (contre 85 la veille). Et, alors que le gouvernement encensait les soignants dans chacun de ses discours des mois de mars et avril, le constat est aujourd’hui tel qu’on pouvait l’attendre : l’hôpital est toujours dans le même état de ruines -en manque de personnel, de lits, de moyens- qu’il l’était au mois de mars.

Après le bruit fait autour de la chambre des comptes de Toulouse qui demandait la suppression de lits de réanimation il y a quelques jours pour des raisons financières, c’est au CHU de Nantes de faire parler de lui. On apprend cette semaine que 100 lits y ont été fermés depuis le début de l’épidémie. Et à Nantes, l’argument financier a du mal a passer aux yeux des soignants, « quelques jours après l’annonce par la direction d’un bilan financier « excellent » – avec un excédent de 3,8 millions d’euros » comme le précise Médiapart.

La cause donc ? Sans surprise, le manque de personnel. A Nantes comme dans tous les hôpitaux de France, et comme les soignants le répètent depuis de longs mois voire années : le déficit de personnel ne rend plus viable les conditions de travail et de soins. Au CHU de Nantes, certains services « tournent avec une douzaine d’aides-soignants et infirmiers par 24 heures, au lieu des 16 à 18 personnels nécessaires. » Au-delà des maladies du travail et des arrêts que cela induit pour burn-out, dépressions, etc, ce manque de personnel conduit directement à la fermeture de lits. 

Après un Ségur de la santé qui a seulement fait mine de jeter des miettes aux soignants, c’est donc avec encore moins de lits, toujours aussi peu de personnel et des conditions de travail toujours aussi déplorables que les soignants -cette fois de la France entière- se retrouvent aujourd’hui. 

A l’heure où l’épidémie progresse à nouveau à vitesse grand V et où ce n’est certainement pas la politique du gouvernement, strictement répressive, qui permettra de l’endiguer, la destruction du service hospitalier par les politiques néolibérales est plus que jamais criminelle. Face à la politique du gouvernement et aux justifications de Véran sur le manque de personnel -dû selon ses dires aux 11 ans nécessaires pour former un anesthésiste- exigeons donc des moyens à la hauteur de la gravité de la crise, un plan d’embauche massif, l’ouverture de centaines de lits, une augmentation radicale des salaires.




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