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Politique

Droit à manifester vraiment ?

Encore le droit de manifester ? Des Gilets jaunes interpellés place de la Concorde, dont Eric Drouet

Ce mercredi soir, près des Champs Elysées, les forces de police ont interpellé une dizaine de personnes, des passants comme des manifestants, dont Eric Drouet, figure des Gilets jaunes. Peu avant, les Gilets jaunes étaient venus déposer des bougies place de la Concorde en soutien aux Gilets jaunes blessés ou décédés depuis le début du mouvement. Eric Drouet a été interpellé pour ne pas avoir…déclaré la manifestation.

jeudi 3 janvier

L’un des vœux d’Emmanuel Macron est en passe d’être exaucé. Il avait affirmé que « l’état de droit, l’ordre Républicain sera assuré sans complaisance ». Résultat : Seize femmes ont notamment été interpellées pour simple vérification d’identité alors qu’elles marchaient sur les Champs-Elysées, tandis que Eric Drouet, figure des Gilets jaunes, a été interpellé et est toujours en garde à vue. Le gouvernement et la majorité ont défendu l’arrestation d’Eric Drouet, la justifiant par la nécessité de "respecter l’Etat de droit" et l’obligation de déclarer toute manifestation.

Bientôt une interdiction de marcher dans la rue ?

Cette fois, les gilets jaunes ont été placés en garde à vue pour « organisation d’une manifestation sans déclaration préalable » En faisant ainsi passer un rassemblement sur l’espace public pour une manifestation, c’est une façon pour le gouvernement d’utiliser l’arme judiciaire (qui oblige à déclarer une manifestation), pour prévenir toute forme de rassemblement spontané, marque de fabrique du mouvement des gilets jaunes, mais aussi plus largement empêcher à l’avenir toute forme de rassemblent qui pourrait alors tomber sous le coup de la loi.

En effet, aucun des présents aux rassemblements ne portaient de gilets jaunes, selon les consignes formulées par Drouet dans l’après-midi ; l’objectif était en effet de rejoindre la Concorde pour y allumer des bougies en hommage aux morts et aux blessés, comme le précisait Drouet dans une vidéo : « On ne vient pas manifester, on ne vient pas bloquer, on reste sur les trottoirs, sur les passages piétons, mais par contre, on va où on veut... Ce soir, on va pas faire une grosse action mais on veut choquer l’opinion publique. Je sais pas s’il y en aura qui seront avec nous sur les Champs (...) On va tous y aller sans gilets. »

A ce titre, seize femmes ont été interpellées pour simple vérification d’identité alors qu’elles ne faisaient que marcher sur les Champs-Elysées.

Remise en cause du droit des Gilets jaunes à manifester

De nouveau, c’est l’une des figures du mouvement qui est visé, au cours d’un rassemblement qui n’était même pas une manifestation, mais un simple rassemblement public. En s’en prenant à une commémoration des Gilets jaunes et à une de ses figures publiques, comme à des passants qui marchaient sur les Champs Elysées, le message du gouvernement est clair : il s’agit pour lui d’en finir avec les manifestations des Gilets jaunes, une manière d’intimider les gens qui pourraient se rassembler dans la rue, même sais raison préalable, et de faire que tout rassemblement tombe sous le coup du "droit à manifester". Comme une application dans la réalité des premiers vœux de Macron.

Après des vœux offensifs, où Macron a réitéré sa détermination à poursuivre le cap des réformes, cette mobilisation de l’appareil judiciaire, qui criminalise les Gilets jaunes, montre que le gouvernement est prêt à tout pour enterrer l’année 2018 et les Gilets jaunes avec.




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