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Politique

Suppression de l’Auto-train et suppression du dernier train des primeurs

Encore un cadeau aux autoroutes et toujours pas de pitié pour l’environnement

Alors qu’en ce moment la question de la privatisation de l’aéroport de Paris nous rappelle avec rancoeur celle des autoroutes, la SNCF s’apprête à faire d’autres cadeaux au privé. Malgré les prix de l’essence et des péages qui ne font qu’augmenter, les alertes à la pollution qui s’enchaînent, le transport alternatif continue d’être malmené. Ce mois d’avril deux annonces de défaites pour les usagers, les cheminots et l’environnement : la fin de l’auto-train — un service de transport qui permet de se faire acheminer sa voiture et qui a transporté 33 500 véhicules en 2018 — et la fin de la ligne des primeurs de Perpignan-Rungis qui convoyaient 400 000 tonnes de fruits et légumes par an.

lundi 6 mai

L’auto-train je ne savais même pas que ça existait. Je l’ai appris à l’annonce de sa suppression. Du coup on en parle un tout petit peu. C’est que pour une génération ça a marché : dans les années 60 quand ça a démarré et qu’on pouvait prendre le même train que sa voiture : c’était l’auto-train-couchette. Déjà supprimé dans les années 80 par l’auto-train au profit du tout autoroute. Depuis on dirait bien que c’est la technique de « l’autodestruction » rendre le service défectueux et s’en séparer. Il faut dire qu’en 30 ans « le service a perdu 80 % de trafic » , c’est ce qu’à rappelé à Guillaume Pepy, la sénatrice PCF de Seine-Saint-Denis Éliane Assassi.

Un service très cher qui est ainsi aujourd’hui devenu un service de niche puisque surtout utilisés par les seniors fortunés disposant d’une maison de vacances dans le sud. Mais la SNCF ne compte pas laisser cette niche à d’autres ainsi elle s’est elle-même ouverte sa propre concurence-alliance et lorsqu’on essaie, sur son site, de réserver un auto-train on arrive d’abord sur les offres expedicar, qui permettent de faire transporter votre voiture par un chauffeur professionnel ou particulier. Moins polluant, plus agréable et plus rapide avec moins d’accidents sur les routes. Si la SNCF n’était pas entrain de l’enterrer j’aurai cru que ce serait le futur des transports écologiques.

Mais en plus de ces dizaines de milliers de voitures remises sur les routes c’est aussi 25 000 camions en plus pour les autoroutes qui devraient nous arriver cette année. En cause l’arrêt de la ligne des primeurs Perpignan St Charles - Rungis en raison -selon la SNCF- de la vétusté des 82 wagons réfrigérés qui ne sont plus aux normes et qui coûtent extrêmement cher à remplacer.

Alors que près de 21 M€ avaient été injectés en 2010 afin de moderniser la gare de Rungisr, que Saint-Charles devenait un des leaders de l’éclatement des fruits et légumes à l’est et à l’ouest, Rungis ne devrait donc plus recevoir de trains de légumes français (l’avant dernière ligne étant été supprimée en 2016). Le contrat se termine le 1er juin et si d’ici là aucune solution n’est trouvée- même le transport de camion par trains leur semble compliqué- ce serait 50 camions qui achemineraient les 1 400 tonnes de fruits et légumes journaliers. Ainsi le seul que recevrait Rungis, le plus grand marché au gros d’Europe serait celui de Barcelone. C’est à se demander si manger de saison d’Espagne ne serait pas plus écolo de manger Français !

Ce sont aussi une trentaine d’emplois pour l’auto-train et plus d’une centaine d’emplois sur la ligne des primeurs sans compter tous les emplois indirects dans les deux cas qui seraient supprimés. Ces deux cas sont représentatifs de la logique de la SNCF qui dégraisse partout (pour citer un autre exemple, il ne reste que 2 lignes de trains de nuit…) et une fois un service supprimé, il est beaucoup plus dur à réinstaller. Si ça continue comme ça on ne pourra bientôt plus parler de train-train quotidien !

Crédits photo : picture alliance / Daniel Kalker/MaxPPP




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