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Politique

Encore une fois, les quartiers populaires en première ligne face à la crise sanitaire et économique

Face à une gestion catastrophique de la crise sanitaire et une crise économique d’ampleur, les habitants des quartiers populaires se retrouvent toujours plus démunies et risque de plonger dans une précarité extrême. Face à cette précarisation le gouvernement préfère donner carte blanche à la répression policière.

lundi 16 novembre

Anne-Christine Poujoulat/AFP

Le 4 novembre Emanuel Macron annonçait le reconfinement comme stratégie nationale pour lutter face à l’épidémie de coronavirus. Un confinement en demi-teinte puisque les écoles restent ouvertes brassant chaque jours des milliers de jeunes et que la majorité de la population continue encore et toujours à se rendre sur son lieu de travail, s’exposant au virus dans le premier lieux de contamination, les entreprises.
 
Face à la gestion catastrophique de la crise sanitaire du gouvernement, et une crise économique d’ampleur une grande partie de la population se retrouve démunie, à la merci d’une précarité extrême. C’est le cas notamment des quartiers populaires, cela nous ramènes aux images qu’on avait pu voir lors du premier confinement, la ligne 13 bondé, une surmortalité de 130% en seine Saint-Denis, les milliers de personnes faisant la queue pour des colis alimentaire, ou encore les effroyables vidéos de violences policières. Mais aujourd’hui c’est dans un contexte d’offensive autoritaire que s’installe ce deuxième confinement autoritaire. En effet depuis le début de l’année le gouvernement ne cesse de mener une offensive sécuritaire et islamophobe qui touchera en premier lieux les personnes qui peuplent ces quartiers, et le renforcement de l’arsenal policier ne fera qu’aggraver la répression subite.
 
L’épidémie de la covid-19 a laissé et laisse des marques douloureuses sur la population vivant dans les quartiers populaires. En effet entre le moi de mars et d’avril 2020, lors du pic de la première vague on pouvait observer dans le département de Seine Saint-Denis (département le plus pauvre de France) une surmortalité de 130%. Pour les intercommunalité, la « Plaine Commune » et le « Est Ensemble » avait une surmortalité de respectivement 179,5% et 161,6%.
 
Cette surmortalité s’explique pour plusieurs raisons et en premier lieu des conditions de vie précaires favorisant la transmission du virus, comme la surpopulation qui connaît une nouvelle croissance depuis le milieu des années 2000 chez le plus pauvre passant de 24,3% à 30,5% entre 2006 et 2013. Mais aussi des logements exiguës et insalubre avec une sur-occupation multigénérationnelles du à la précarité exposant plus les personnes âgées au virus.
 
L’une des autres raisons qui explique en partie la surmortalité c’est le nombre de travailleurs vivant dans les quartiers populaires qui exerce des métiers exposant particulièrement au virus. C’est le cas des travailleurs de première ligne comme les aides soignantes, les caissières, les agents de sécurité, les agents de nettoyage, mais aussi tous les travailleurs qui continue à travailler dans des secteurs non-essentiels (industrie, transport, livraison) et qui n’ont pas été arrêté malgré l’augmentation des cas. L’utilisation massive des transports en commun pour se rendre sur le lieu de travail favorisant aussi les risques de contagions.
 
Puis vient l’inégalité d’accès au soin, en effet les quartiers populaires se retrouve démunis. Pour exemple le département de Seine-Saint Denis présente la plus faible taux de médecins libéraux, d’équipement hospitaliers deux lits en hospitalisation pour 1000 habitant alors que 7,7 à Paris. Cette inégalité systémique démontre la politique désastreuse du gouvernement qui laisse des milliers de personnes mourir du virus, contaminé dans les transports, à leur travail ou dans les appartements sur occupé et insalubre.
 
Mais la crise sanitaire n’as pas eu que des conséquences sur la santé des habitants des quartiers populaires, sa gestion a aussi plongé une partie de la population dans une précarité extrême. On peut se souvenir des milliers de personnes dépendantes de la distribution de colis alimentaires organisé par les habitants eux-mêmes reposant sur la solidarité de la population et en aucun cas sur celle de l’Etat ou des milliardaires.
 
L’arrêt de certains secteurs comme ceux de la restauration, des marchés ou de certains commerces a privé une grande partie des travailleurs de leurs revenus puisqu’ils étaient employés sans contrat. A cela s’ajoute les vagues de licenciements depuis le printemps dernier, ayant mis plusieurs centaines de milliers de personnes au chômage, à plongeant des milliers de personnes dans une précarité extrême. D’ici la fin de l’année 2020 la France va franchir la barre des 10 millions de pauvre.
 
Malheureusement le crise économique et sanitaire n’est pas le seule maux des quartiers populaires, en effet le premier confinement avait été marqué par les violences policières, avec des images d’un livreur Amazon se faisant tabassé sous le porche par les agents de la BAC, celle d’un jeune roué de coup pour être descendu de son bâtiment fumer une cigarette et malheureusement beaucoup d’autres. Alors que le gouvernement a opéré une offensive autoritaire depuis septembre, renforçant son arsenal policier et sécuritaire (comme la loi sécurité globale interdisant la diffusion d’image de policier), cela pourrait bien accentuer toujours plus encore la répression dans les quartiers populaires. A cela s’ajoute une politique islamophobe qui vise directement les habitants des quartiers populaires.
 
Face à l’aggravation des conditions de vies, la paupérisation de la société il est urgent de se doter d’un programme à la hauteur de la crise pour s’affronter aux maux de la société. Alors que le gouvernement verse des milliards au grands patronat, cela veut dire que de l’argent, il y en a ! Pour résoudre la crise sanitaire, pourquoi ne pas verser ces milliards en investissant massivement des moyens dans les services publics, exigeant des masques et une réelle politique de test à même de circonscrire le virus. Il s’agit aussi de réquisitionner les logements vide pour loger toutes les personnes dans le besoin. L’interdiction des licenciements et le maintien des salaires pour toutes et tous financé par des taxes sur les grandes fortunes.




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