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Jeunesse

Epicerie solidaire à Marseille : coup de com’ de Vidal et toujours pas de moyens contre la précarité étudiante

Vendredi 5 mars a eu lieu l’inauguration d’une nouvelle épicerie solidaire à Marseille, événement auquel la Ministre de l'enseignement supérieure était présente. Une initiative lancée par des étudiants de la FAGE, présenté comme un “projet formidable” et innovateur alors même que les étudiant.e.s expriment le besoin, depuis plusieurs mois, de mesures d'urgence face à une précarité grandissante.

vendredi 12 mars

Crédits : AFP

Cette épicerie, “sociale et solidaire” qui se situe sur le campus de Luminy est la deuxième "AGORAé" présente dans la région, et permet aux étudiant.e.s d’accéder à des produits de première nécessité. Cette initiative est portée par des membres de la FAGE, une organisation étudiante proche du gouvernement. Une toute nouvelle tentative de coup de com de la part de Vidal, présente pour l’inauguration de cette épicerie, qui illustre l’approche gouvernementale de la précarité étudiante. 

Un clip, réalisé à la suite de la visite de Vidal à Marseille, montre bien que la conception des intervenantsest en total décalage avec les demandes des étudiant.e.s : Vidal présente l’épicerie comme une façon de renouer avec la “chaleur humaine” perdue ces derniers mois. Dans la même veine, le nouveau restaurant solidaire de Nice a aussi été présenté comme une façon de renouer avec le contact humain pour les étudiant.e.s isolé.e.s suite à la crise sanitaire. Autre façon de se dédouaner de la gestion catastrophique de cette crise alors même que les étudiant.e.s étaient présenté.e.s comme les premiers responsables des rebonds de l’épidémie. 

Malgré tout, la jeunesse ne reste pas dupe et cela a notamment pu se ressentir lors de l’échange organisé entre Vidal et quelques étudiant.e.s après l’inauguration de l’épicerie. Répondant aux questions essentielles de certains par des blagues ou exprimant sa joie de voir des étudiant.e.s qui lui donnerait de l’énergie, l’hypocrisie de la ministre se fait ressentir de manière très forte pendant cet échange : « Nos poils se sont hérissés quand elle nous a dit de faire des pauses, de sortir entre midi et deux », explique Lou, étudiante en licence des sciences du sport, comme Andréa. « Elle dit qu’on est confinés dans nos têtes, mais non, c’est dans la réalité ».

L’épicerie n’est donc pas une mesure à la hauteur des besoins des étudiant.e.s et n’est pas comparable à une augmentation des bourses et des aides sociales qui pourraient être des mesures réellement efficaces. L’inauguration est donc seulement une façon de se redorer une image suite aux bad buzz récents du gouvernement sur leur façon d’aborder la jeunesse. Cette inauguration n’est que le reflet de la détresse étudiante actuelle et une telle action de terrain ne mettra pas fin à la précarité étudiante. C’est pourquoi nous soutenons toujours la mise en place d’un revenu étudiant financé par un impôt progressif sur les grandes fortunes. Tandis que Macron fait pleuvoir des milliards sur le patronat, ce n’est pas aux jeunes de payer la crise !




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