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Politique

La descente aux enfers

Epinglé pour conflit d’intérêt, le discours de Delevoye fait pschitt…

Jean-Paul Delevoye était censé clôturé plus de 18 mois de concertation avec les directions syndicales. Problème, le discours du principal architecte de la réforme des retraites survient en plein affaire de conflit d’intérêt avec … des assurances privées. Si le discours fait pschitt, cela ne doit pas nous faire oublier que les directions syndicales ont participés de bout en bout au processus de négociations avec le gouvernement. Pas de négociations !

lundi 9 décembre 2019

Crédits photos : (Abaca)

C’est un peu comme une descente aux enfers pour l’homme fort du gouvernement. Porté en icone, pur ses fins talents de négociateurs, le principal interlocuteur avec les « partenaires sociaux » est devenu une sérieuse épine dans le pied du gouvernement. Et s’il est toujours soutenu par Macron et Philippe, c’est bien parce qu’une démission de celui qui a porté de bout en bout la réforme des retraites pourrait être un signal de faiblesse des plus dévastateurs pour la macronie alors même que la grève reconductible commence à s’ancrer dans la durée notamment dans le secteur des transports, mais aussi à la veille de la grande journée de grève interprofessionnelle qui s’annonce ce 10 décembre.

En ce qui concerne le contenu des annonces, il en ressort, au-delà du fait que les concertations se poursuivront finalement jusqu’en 2020, que le gouvernement commence à développer certaines pistes pour commencer à renverser une opinion publique qui au contraire des prévisions gouvernementales continue à soutenir le mouvement y compris après le début de la grève. Un soutien qui s’accentue. Il s’agit aussi de tenter de dégonfler le mouvement de grève et de manifestation massif qui s’oppose aujourd’hui au gouvernement.

Après une journée aux côtés d’Agnès Buzyn et des organisations syndicales, le Haut-commissaire aux retraites s’est appliqué à rappeler la politique de concertation et d’apaisement qu’avait été celle du gouvernement. Une façon de souligner une fois de plus que la réforme qui précarise pourtant l’ensemble de la population, se serait construite dans le consensus, alors même que ce lundi marquait une cinquième journée de grève massive dans le public et le privé.

S’il admet l’inquiétude de la population vis à vis de la réforme, celui qui a omis de mentionner ses liens avec le monde de l’assurance estime toutefois que "le statu quo n’est pas tenable". La colère naitrait donc d’une incompréhension de la réforme de la part de la population, mais l’objectif du gouvernement avec cette allocution est clair : totalement décribilisé par son conflit d’intérêt, Delevoye doit faire patienter avant l’allocution d’Edouard Philippe mercredi.

Toujours dans l’optique de séparer les secteurs les plus combatifs de la contestation du reste de la population pour en faire un mouvement corporatiste, Jean Paul Delevoye poursuit la bataille de l’opinion et annonce prolonger jusqu’en 2020 les concertations uniquement avec les représentants des régimes spéciaux.
Rien de très neuf donc sous le soleil. Pour celui qui est pris en plein dans la tourmente d’un conflit d’intérêt majeur avec les assurances privées, cela aurait été pris comme une provocation de plus qu’il annonce des mesures concrètes. Si mardi sont encore (théoriquement) prévues des concertations avec les organisations syndicales après la manifestation, même les « négociateurs » des directions syndicales ne peuvent négocier, et ce d’autant plus celui pris dans la tourmente d’une affaire de conflits d’intérêts. Pas de négociations !




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