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Monde

Augmentation des prix

Équateur : nouvelles manifestations contre la hausse des carburants et le diktat du FMI

En Equateur, de nombreuses manifestations et blocages de route ont explosé suite à l’augmentation du prix de l’essence, avec à sa tête les principaux syndicats et organisations du mouvement social du pays contre les politiques d’ajustement dictées par le FMI.

mercredi 27 octobre

Le nouveau président équatorien élu il y a 5 mois, Guillermo Lasso, fait face aujourd’hui à une vague de mobilisations contre son gouvernement et l’augmentation du prix de l’essence. Il a annoncé rapidement la suspension de l’augmentation du prix des carburants pour tenter d’apaiser la colère, ce qui ne répond pas à l’une des revendications centrales du mouvement : geler le prix des carburants. En effet, depuis l’année dernière, le prix des carburants augmente de manière automatique et est ajusté chaque mois en fonction du marché international, cette mesure coupe-feu ne prend donc pas en compte l’augmentation du prix depuis plusieurs mois.

Cette annonce n’a pas suffi à empêcher les indigènes, les travailleurs et les étudiants de se mobiliser mardi contre le gouvernement de Guillermo Lasso. Au cours de la journée, des barrages routiers, des blocages et des manifestations ont eu lieu, principalement pour demander la baisse des prix du carburant, mais aussi contre les plans d’austérité du président équatorien.

A l’image des fortes mobilisations qui ont eu lieu en 2019, l’augmentation du prix du carburants est l’étincelle qui a déclenchés la contestations. Mais les raisons sont bien plus profondes, elles concernent notamment le plan d’ajustement et l’État d’urgence mis à place par Lasso sous prétexte de lutte contre le narcotrafic. Policiers et militaires sont dans les rues depuis deux mois pour « lutter contre l’insécurité ». Aujourd’hui ce dispositif permet de réprimer les manifestations et à préparer le passage de futur contre-réforme.

De cette manière, des milliers de manifestants ont manifesté contre la hausse de l’essence, les réformes et plus généralement contre le gouvernement et son président qui se dit celui des « retrouvailles ».

Une journée de mobilisation nationale a eu lieu ce mardi, a été appelés par le FUT (Frente Unitario de Trabajadores, la principale centrale syndicale du pays), la Conaie (Confederación de Nacionalidades Indígenas de Ecuador, principale organisation indigène) et d’autres syndicats et organisations du mouvement social.

Face aux importantes manifestations qui ont montré le chemin et la force nécessaire pour mettre en échec le plan d’ajustement de Lasso, le président équatorien n’a pas hésité à appeler à défendre la capitale contre les organisateurs des manifestations, notamment la Conaie, qu’il qualifie des « putschistes ». Il fait une allusion claire au mouvement de masse indigène, ouvrier et populaire de 2019 qui a fait reculer le président sortant Lenín Moreno.

L’augmentation des prix du carburant fait partie d’une série de réformes proposées par Lasso, pour mettre en œuvre son plan d’ajustement et se conformer aux mandats du FMI. L’Équateur a une dette extérieure de 52 milliards de dollars, et aura besoin de plus de 7 milliards de dollars de nouveaux financements en 2021, selon un rapport du FMI. La condition en retour serait que le pays accepte de réduire son déficit budgétaire à un objectif de 2,8 milliards de dollars cette année, contre 7,2 milliards en 2020. En d’autres termes, une réduction et un ajustement géants des dépenses publiques. Dans la continuité de Moreno, Lasso fait payer aux travailleurs la crise avec son plan d’ajustement. D’autant plus scandaleux, le nouveau président, ex banquier, est lui même impliqué dans les Pandora Papers. Alors qu’il menace de dissolution le Congrès, la seule issue progressive est celle de la force du mouvement ouvrier qui se mobilise en alliance avec les secteurs opprimés.




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