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Politique

Justice aux ordres

Eric Drouet condamné pour « organisation de manifestations »

Jugé ce vendredi 29 mars, Eric Drouet est accusé d’être « l'organisateur » de deux manifestations parisiennes « sans déclaration préalable ». A la veille de l'acte 20, le procès d'une des figures du mouvement fait écho aux nombreux gilets jaunes, eux aussi condamnés par la justice.

vendredi 29 mars

Eric Drouet lors de son arrestation mercredi, près de la place de la Concorde, à Paris.
Crédit photo : Clément Lanot

Il est reproché à Eric Drouet d’avoir « organisé » les deux actes du 22 décembre 2018 et du 2 janvier 2019. Condamné à payer une amende de 2 000 euros (dont 500 avec sursis), il a décidé de faire appel. Il nie évidemment les faits et déclare n’avoir « aucun rôle d’organisateur ou de leader dans ce mouvement ». Il passera d’ailleurs de nouveau au tribunal le 5 juin, pour port d’arme prohibé (un bâton) suite à son interpellation du 22 décembre (acte 6).

En janvier, Castaner menaçait déjà Eric Drouet d’un jugement pour avoir « appelé à un soulèvement ». Concernant le procès, Me Khéops Lara, avocat de la défense, a déclaré qu’« Éric Drouet avait été arrêté arbitrairement pour des motifs politiques ». Selon lui, il y a une « instrumentalisation de la justice à des fins sécuritaires et de décrédibilisation du mouvement ». Cela ne fait aucun doute quand on regarde de plus près l’objet des différentes condamnations. D’un côté la police réprime et interpelle de manière arbitraire ; d’un autre la justice accompagne cette répression et sanctionne fermement des actes mineurs : appeler à bloquer sur un live Facebook, port de masque, ou encore simple présence à une manifestation non déclarée.

Plus de 2000 manifestants ont été condamnés par la justice depuis le début du mouvement. Le bilan au 14 février était de 1800 condamnations et 1500 encore en attente. Des dizaines d’entre eux ont été directement envoyé en prison : certains pour avoir jeté des billes (1 an ferme), d’autres comme Gérald, pour avoir pointé un laser sur un hélicoptère (1 an ferme) ou encore certains, pour un simple appel à bloquer une raffinerie sur facebook (6 mois ferme). La liste est longue et les peines très lourdes au vu des faits...

Mais face à cette répression, certains gilets jaunes s’organisent. De nombreux rassemblements réclamant l’amnistie pour les gilets jaunes ont eu lieu. A l’image de Toulouse, où une centaine de gilets jaunes sont venus manifester devant la maison d’arrêt de Seysess le 21 février.

La répression qui ne cesse de gravir des échelons, va amener de plus en plus d’arrestations arbitraires. Dernièrement, avec la loi anti-casseur, la mise en place de produits marquants en manifestation ou bien les propositions de lois comme la suppression du RSA pour certains manifestants ; tout semble fait pour que les gilets jaunes désertent les manifestations ou soient arrêtés. Le mouvement des gilets jaunes fait face depuis le début à une escalade répressive extraordinaire. Les mouvements sociaux, les organisations du mouvement ouvrier ne peuvent rester l’arme au pied face à une telle situation. L’amnistie de tous les gilets jaunes condamnés devraient être réclamés par tous, le gouvernement souhaite étouffer la crise avec la répression... faisons en sorte qu’elle ne fasse qu’empirer pour lui !




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