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Nos vies valent plus que leurs profits !

Espagne, Italie : les travailleurs reviennent dans les usines sans mesures de protection contre le virus

Après un bilan catastrophique de la gestion de la crise sanitaire en Italie et en Espagne, principaux foyers européens, ainsi que les préconisations des scientifiques, comme de l’OMS, les gouvernements espagnol et italien veulent relancer leur économie nationale quel qu’en soit le prix. Un prix que payeront des millions de salariés que ces gouvernements renvoient au travail dans des secteurs pour la plupart non essentiels.

mardi 14 avril

Crédits photo : AFP

C’est depuis le lundi 13 avril que des millions de travailleurs mettront, une fois de plus, leur santé en danger. Face au risque d’une recrudescence de la pandémie, comme on peut le voir en Chine, la mort de milliers de personnes supplémentaires dans les pays centraux, censés avoir les meilleurs systèmes de santé, et l’arrivée de la contagion dans des pays appauvris par la domination impérialiste comme au Yémen où la guerre a ravagé le système sanitaire, les gouvernements espagnol et italien cèdent à la pression du lobbying et des grands patrons, qui demandent de lever l’arrêt des activités non essentielles depuis plusieurs semaines. Ces gouvernements le font malgré que le comité scientifique ait averti que cette mesure pourrait faire repartir à la hausse le nombre de contaminations d’ici les prochaines semaines et saturer de nouveau les hôpitaux.

Dans l’État espagnol, le gouvernement ne nie pas le danger, et déclare qu’il prend cette mesure tout en reconnaissant qu’il n’y a aucune garantie sur le nombre suffisant d’équipement de protection, comme les masques ou les contrôles pour assurer que les employeurs respectent les protocoles de sécurité. Des millions de personnes sont envoyées au travail alors même que dans les hôpitaux, les EHPADS et autres secteurs essentiels, on manque encore de matériel pour protéger les soignants.

En Italie, les préfectures ont eu la possibilité d’accepter ou non les demandes des entreprises de réouvrir. Aujourd’hui, derrière l’argument de la relance économique, le gouvernement accepte ainsi que des milliers de travailleurs retournent au travail alors même que l’épidémie n’est pas encore contenue. Depuis le 13 avril, dans les différentes régions, ce sont plus de 50 000 entreprises qui ont réouvert.

En Italie, la région la plus touchée était celle de la Lombardie, au nord de la péninsule, où se concentre la plupart de l’activité industrielle nationale. En effet, les usines deviennent de véritables « clusters » de contamination. La région de Bergame est devenue l’une des régions les plus dévastées par le coronavirus, précisément parce que le patronat a exercé une pression pour maintenir l’activité, augmentant ainsi la mortalité de 400%.

C’est main dans la main que les gouvernements et les grands capitalistes préparent le retour au travail de milliers de salariés, les exposant ainsi au risque de tomber malades et de contaminer leurs proches.

Escorte de camions militaires transportant des cercueils à Modène (Italie).

Cette politique menée par ces gouvernements préoccupés par les bénéfices des entreprises est criminelle. Il n’y a toujours pas de tests suffisants pour les soignants, alors pour les travailleurs ? Ces derniers iront travailler sans savoir s’ils sont positifs, la boule au ventre, sans savoir s’ils risquent d’infecter leurs collègues ou leur famille.

Dans leurs discours, les différents chefs d’État font appel à l’ « unité nationale », en exigeant de la population de faire des sacrifices au nom de la lutte contre cet « ennemi invisible » comme l’ont dit Pedro Sanchez ou encore Emmanuel Macron. La vérité est qu’aujourd’hui le seul sacrifice qui est fait est par la classe ouvrière, dont les secteurs essentiels assurent que le monde continue de tourner, comme la santé, la grande distribution ou encore les transports, qui sont en première ligne de la gestion de la crise, ainsi que les secteurs non essentiels qu’on met de nouveau en route pour satisfaire les profits de quelques-uns. Cette classe, c’est celle à laquelle on demande de sacrifier sa santé et sa vie parce que les patrons ne sont pas prêts à sacrifier un mois de bénéfices.

Face à la pandémie du Covid-19, les mesures des capitalistes conduisent aujourd’hui à la catastrophe sanitaire et économique. Il s’agit de donner une réponse collective, sans attendre que les gouvernements, face au nombre dramatique de morts et de contagions, finissent par arrêter la production non essentielle ! Et dans les secteurs essentiels, c’est aux travailleurs en première ligne eux-mêmes, dans des comités de sécurité et d’hygiène, d’élaborer et de faire appliquer des protocoles sanitaires qu’ils auront eux-mêmes définis. Nos vies valent plus que leurs profits !




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