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Essonne. 900 lycéens sans affectation à la rentrée, un scandale de plus

En Essonne, plus de 900 lycéens n’étaient affectés dans aucun lycée pour la rentrée, certains vont sûrement devoir refaire une année au collège… Un désastre pour ces élèves qui subissent les conséquences de la casse de l’Education nationale.

jeudi 15 septembre

Crédits photos : PHILIPPE LOPEZ / AFP

Pour la rentrée dans l’Education nationale, le ministre Pap N’Diaye a affiché un air serein. Mais depuis deux semaines, les faits témoignant d’un chaos général se multiplient. En Essonne, justement, 900 lycéens n’ont reçu aucune affectation dans un lycée, et certains d’entre eux vont sûrement devoir retourner en troisième pour un an, a révélé le Parisien dans un article. D’autres, qui ont loupé leur baccalauréat, ne pourront pas le repasser l’année prochaine, ou alors en candidat libre.

Une situation particulièrement grave et stressante pour ces élèves, dont la scolarité, sous la marque du COVID-19, a déjà été très anxiogène. Une élève témoigne ainsi pour le journal : « Je cauchemarde la nuit. Je ne me vois pas faire les cours à la maison. Le distanciel pendant le confinement ne m’a pas du tout réussi. Et redoubler serait pire que tout. ». Quand sa mère poursuit : « On n’arrive pas à comprendre comment l’Éducation nationale peut accepter de laisser des enfants sur le carreau comme ça ».

Cette situation s’explique par le simple fait qu’il n’y a plus de place dans les établissements. Toujours dans Le Parisien, Michel Nouaille, 1er adjoint PCF et délégué à la réussite scolaire et éducative, explique ainsi : « Nous rencontrons un réel problème de place dans les lycées. Faute d’autres solutions, on propose aux élèves de redoubler leur 3e. C’est difficile pour ceux qui durant tout l’été se sont projetés dans une formation. Et de toute façon, cela ne règle pas la situation, les collèges étant eux aussi saturés. ».

Dit autrement, ces élèves laissés à l’abandon subissent directement les effets des politiques de casse au sein de l’éducation nationale. Rien que sous Blanquer, ce sont 7900 postes qui ont été supprimés, soit l’équivalent de 166 collèges selon SUD Education. Un chiffre parlant pour comprendre la politique du gouvernement, qui a saccagé à coup de réformes l’éducation publique afin de développer la privatisation et dont on voit ici comment les enfants des classes populaires en subissent les conséquences.

Face à cette situation, des parents d’élèves sont allés manifester devant les locaux de la direction académique des services de l’Éducation nationale à Évry-Courcouronnes. Dans la ville de Corbeil-Essonnes, où 59 élèves sont encore sans affectation, les familles et la municipalité ont décidé d’attaquer l’État en justice. Encore une fois, cette situation, qui conduit à des situations aussi absurdes que de faire retourner des élèves qui ont terminé leur collège... au collège, faute de places, est une démonstration de plus de l’incompétence du gouvernement pour prendre en charge l’éducation des enfants.

En réalité, ce dernier n’en a aucunement la volonté, bien au contraire. Les dernières réformes du système éducatif, de la loi ORE et sa véritable machine à sélection sociale Parcoursup, à la récente réforme des lycées professionnels qui prévoit une augmentation de 50 % des stages en entreprises, montrent bien comment le gouvernement cherche à pousser le maximum de jeunes vers le marché du travail, afin d’en faire une main-d’œuvre à bas coût et corvéable à merci pour le patronat.

Il n’y a qu’à regarder les derniers investissements du gouvernement dans la police (15 milliards d’euros), ou encore les sommes investies dans le très réactionnaire Service Nationale Universel (1,5 milliard d’euros par an), pour comprendre de quel côté se situent les priorités du gouvernement.

La situation dans l’Éducation nationale est de pire en pire, pour les professeurs comme pour les élèves. Il est urgent que des moyens massifs soient investis afin de permettre l’embauche d’enseignants et l’ouverture de nouvelles classes, qui permettront d’accueillir ces élèves sans affectation et de décharger les effectifs. Mais pour obtenir tout ça, on sait bien qu’il faudra lutter contre ce gouvernement déterminé à faire la guerre aux classes populaires.

En ce sens, les récentes grèves qui ont traversé le milieu de l’Éducation nationale doivent servir de point d’appui pour préparer les luttes futures, comme celles encore en cours dans le 93. La date interprofessionnelle du 29 septembre sur l’augmentation des salaires doit être également un marchepied pour construire un mouvement de l’ensemble de la société contre la politique du gouvernement et pour en finir avec un système qui broie la jeunesse en ne lui promettant que sélection et exploitation.



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