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Crise politique

Etat Espagnol. Pablo Iglesias quitte le gouvernement pour éviter une défaite humiliante aux élections municipales de Madrid

Le leader de Unidad Podemos veut imposer l'unité à Mas Madrid. Cette décision s'inscrit dans le cadre des tentatives visant à freiner l'usure électorale de la formation en faveur du PSOE.

mardi 16 mars

Cet article est une adaptation d’un article originellement paru sur IzquierdaDiarioEs.

Le secrétaire général de Podemos, Pablo Iglesias, a annoncé ce matin dans une vidéo adressée à la presse qu’il quittait la vice-présidence de la coalition gouvernementale pour être le candidat de Unidas Podemos aux élections du 4 mai pour la Communauté de Madrid.

Ione Belarra, actuelle secrétaire d’État à l’Agenda 2030, succédera à l’actuel vice-président à la tête du ministère des droits sociaux et de l’Agenda 2030. En outre, le leader de Podemos a annoncé sa volonté que l’actuelle ministre du travail, Yolanda Diaz, assume la deuxième vice-présidence qu’il occupait jusqu’à présent et soit le prochain candidat de Unida Podemos aux élections générales. Tous ces changements sont en attente d’être acceptés ou non par le Premier ministre Pedro Sánchez.

La décision d’Iglesias est un nouveau choc dans le séisme politique qui provoque l’extinction progressive de Ciudadanos, frappant dans ce cas la coalition gouvernementale elle-même. L’échec de l’opération Murcia a laissé le PSOE et ses partenaires actuels -Unidas Podemos- et potentiels -Más Madrid- dans une très mauvaise situation.

Non seulement les forces présentes à Moncloa n’ont pas récupéré de position de pouvoir territorial par le biais de motions de censure, mais les sondages annoncent une victoire confortable du PP avec le soutien de VOX et la possible disparition de Unidas Podemos de l’Assemblée de Madrid. Une défaite qui s’ajoute à celles récoltées en 2020 en Galice et au Pays basque au résultat modeste des élections catalanes et au désastre des élections régionales de 2019. Une confirmation que leur rôle au sein du gouvernement central en tant que gestionnaires de la pandémie et de la crise économique ne profite pas à la popularité de Podemos.

Perdre Madrid signifierait pour Podemos sa quasi-disparition de la scène régionale, ce qui pourrait être le premier pas vers l’insignifiance politique. C’est à partir de la tentative de garantir la survie du projet qu’il faut comprendre la décision d’Iglesias. A court terme, il chercherait à éviter une nouvelle débâcle lors de ces élections Madrilènes. À long terme, il pourrait s’agir d’une nouvelle tentative de Podemos de se repositionner par rapport au PSOE qui, selon chaque nouveau sondage, semble se renforcer constamment en profitant des faiblesses de Podemos.

Ainsi, Pablo Iglesias cherche à présenter sa candidature à partir d’un discours épique de lutte contre la droite et l’extrême droite et appelant à l’unité de la gauche. Une manœuvre qui vise principalement à forcer un accord avec Más Madrid, mais aussi à placer l’ensemble de la gauche sociale et politique madrilène sous son aile.

Mais le durcissement du discours par Iglesias et Podemos ne cache pas que la mascarade est la même que toutes ces années : parvenir à un accord de gouvernement avec le PSOE - et peut-être même avec Ciudadanos - pour gestionner le capitalisme sans jamais questionner le caractère antidémocratique du régime monarchique et corrompu de l’Etat Espagnol.

Le gouvernement de Pedro Sanchez est le meilleur exemple de l’échec de la mascarade du néo-réformisme. Le « gouvernement le plus progressiste de l’histoire » a non seulement échoué à remplir la grande majorité des engagements limités de la coalition, mais il s’est déchargé des coûts de la crise économique et sanitaire sur les épaules des classes populaires en renflouant les grandes entreprises, en sauvant la monarchie corrompue de l’une de ses plus grandes crises, en ouvrant des centre de rétention pour immigrés sans papiers, en maintenant une loi réactionnaire sur les étrangers et en réprimant les jeunes qui sont sortis manifester pour la liberté d’expression.

Répéter encore et encore les mêmes formules qui, élection après élection, conduisent à la progression de l’extrême droite ne va pas donner des résultats différents. L’urgence est à la réorganisation de la lutte et la mobilisation de la classe ouvrière, des femmes et des jeunes pour affronter l’extrême droite. Organisation qu’on ne peut espérer d’un Pablo Iglesias qui déclarait que « cette idiotie que nous disions quand nous étions à l’extrême gauche, que les choses changent dans la rue et non dans les institutions, est un mensonge ».

Il est également urgent de transformer la rage en alternative politique à la solution réactionnaire offerte par la droite et au conformisme proposé par la gauche néo-réformiste. Il est temps de lutter pour une alternative anticapitaliste et de classe qui affronte l’extrême droite à l’Assemblée et dans les rues et qui impose un programme pour faire payer la crise aux capitalistes !




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