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Monde

Franco (enfin) sorti de son mausolée

Etat Espagnol. Franco exhumé de son mausolée en présence du gratin réactionnaire

Le tollé médiatique que l’exhumation des restes de Franco a provoqué, ainsi que les cérémonies, démontent que le franquisme n’est pas mort et que les institutions du régime le maintiennent en vie.

jeudi 24 octobre

Ce Jeudi, sur décision du gouvernement espagnol, l’ex-dictateur espagnol Franco, qui avait écrasé la révolution espagnole lors de la guerre civile de 1936-1939 a été exhumé de son mausolée imposant pour rejoindre une tombe « normale ». Au-delà de l’importance symbolique de ce transfert, il faut noter que le franquisme a été perpétré dans les intitutions de l’Etat Espagnol issues de la « transition » de 1978. Une preuve de cela est la répression actuelle contre le peuple catalan.

C’était une promesse du gouvernement espagnol, sortir le corps de l’ancien dictateur Franco du mausolée de Valle de los Caídos. Cette basilique géante construite sous les ordres du Caudillo, et avec du travail esclave, afin d’abriter les corps des combattants qui l’ont aidé à écraser la révolution de 1936 à 1939, ainsi que ceux de certains combattants républicains, à condition qu’ils soient catholiques, et le plus souvent contre l’avis de leurs familles. Cette basilique abrite aussi le plus grand crucifix du monde, en faisant véritablement une tombe des plus impressionnantes pour celui qui a tué la Seconde République d’Espagne.

Le dictateur est arrivé au pouvoir au terme de la guerre civile espagnole, qui a opposé des combattants républicains mais aussi des milices anarchistes, communistes et des brigades internationales, à une partie de l’armée régulière dirigée par Franco. Les troupes fascistes espagnoles furent largement épaulées par l’Allemagne d’Hitler et l’Italie de Mussolini. La contre-révolution fit 500 000 morts au total et 300 000 réfugiés.

Franco meurt en 1975, et la « transition démocratique » commence en 1977. Transition pour le moins facile pour les autorités franquistes qui furent graciés de la plupart de leurs crimes, ceux-ci étant mis au même niveau que les assassinats commis par les opposants au régime. Les 42 années qui séparent le début de cette transition et l’exhumation du corps du dictateur sont également significatives de la « tempérance » de cette transition. Lors de la cérémonie, tenues solennelles et rubans aux couleurs du drapeau espagnol étaient de sortie pour que les pires réactionnaires d’Espagne honorent leur maître spirituel. Parmi eux, il y avait notamment un des prétendants au trône de France, lui-même arrière-petit-fils du dictateur et nostalgique de celui-ci.

Alors que le gouvernement socialiste espagnol se félicite d’« un retour à la normalité » de la basilique géante, il faut noter le caractère cosmétique de cette mesure, qui occulte la répression féroce contre les manifestants en Catalogne. En effet, comme l’ont montré beaucoup d’images ces dernières semaines, un mouvement de grève, des manifestations et des affrontements avec les forces de répression ont éclatés suite à l’arrestation de leaders indépendantistes.

Tout cela montre que malgré les mesures pour gagner un électorat de gauche de la part du PSOE pour les élections qui arrivent, le franquisme vit toujours dans les institutions du régime de 1978 et il est entretenu non seulement par la droite réactionnaire mais aussi par le social-libéralisme du PSOE.




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