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Gestion catastrophique

États-Unis. 140 000 morts, Trump minimise toujours la crise

Alors que le bilan s'alourdit aux États-Unis, avec 3,7 millions de cas et 140 000 décès, Donald Trump continue de minimiser la crise sanitaire en relayant de fausses informations.

lundi 20 juillet

Crédits photo : La Une du New Yorker. Image tirée du site du New Yorker  

Le 11 juillet, Trump portait pour la première fois un masque en public. Mais loin de signifier un changement de posture de celui qui revendique depuis le début de la pandémie le fait de ne pas porter de masque, cet événement reste un cas isolé. Alors que le président des États-Unis expliquait : « Je n’ai jamais été contre les masques, mais je suis convaincu que cela dépend du moment et de l’endroit », la réalité est toute autre. Donald Trump passe en effet son temps à minimiser la crise sanitaire aux États-Unis, qui prend pourtant des proportions catastrophiques.

Les États-Unis comptent aujourd’hui près de 3,7 millions de cas et déplorent 140 000 morts. Sur les dernières 24 heures, ce sont 877 décès et 67 574 nouveaux cas qui ont été enregistrés selon L’Internaute. Malgré ces chiffres terrifiants, qui ne sont pas que des statistiques mais qui sont autant de parents, d’enfants, d’amis qui manquent à leurs proches, Donald Trump continue de se répandre en petites phrases et en fausses informations qui visent à masquer la réalité : la première puissance mondiale repose sur un système tellement défaillant qu’elle est le pays le plus touché par la crise sanitaire.

Ainsi, dans une interview accordée à FoxNews, le président a réassuré que la maladie allait tout simplement disparaître : « Vous savez, j’ai dit : "ça va disparaître". Je le dirai encore. Ça va disparaître et j’aurai raison. »

Donald Trump a également affirmé que les États-Unis présentaient un des taux de mortalité les plus bas du monde. Une information tellement grotesque que Chris Wallace, le journaliste de FoxNews – une chaîne réputée pour son soutien inconditionnel à Trump – s’est vu obligé de le contredire. Trump n’a pourtant rien lâché, alors même que les statistiques de l’université Johns Hopkins indiquent que le pays possède en réalité le septième taux de mortalité le plus élevé du monde.

Derrière cette obstination à minimiser la pandémie se cache en réalité une volonté que l’économie suive son cours afin de limiter l’impact du COVID-19 sur les profits des grandes entreprises. En effet, des mesures sanitaires drastiques, comme le confinement en France par exemple, ont des répercussions importantes sur l’activité économique. L’arrêt de la production, les dispositifs de chômage partiel ou d’indemnisation de salariés qui ne travaillent pas impliquent une perte de bénéfices pour les actionnaires et le patronat, ce que Trump veut éviter quoi qu’il en coûte, même au prix de dizaines de milliers de vie.

Trump conserve cette posture, qui pourrait être ridicule si elle n’avait pas de conséquences si dramatiques, alors même que les chiffres de la pandémie dans le reste du monde continuent d’augmenter, et que plusieurs pays font face aux prémisses d’une seconde vague. C’est le cas dans l’État espagnol, où 200 000 personnes dans le comté de Lérida sont à nouveau confinées. A Barcelone, un « pré-confinement » a été mis en place, après l’apparition de 1425 cas positifs sur les 7 derniers jours dans la ville et sa banlieue et la perte de contrôle des autorités sanitaires sur plusieurs clusters identifiés.

En Italie, la question de la prolongation de l’état d’urgence sanitaire est d’actualité, avec un dernier bilan publié hier faisant état de 219 cas supplémentaires, des plusieurs foyers épidémiques identifiés dans le pays, notamment à Rome. En Allemagne aussi, les autorités s’alarment de la possible arrivée d’une seconde vague, alors que le pays a enregistré 249 nouveaux cas ce lundi, portant le bilan total à 201 823 infections.

Dans tous les pays, les responsables de l’ampleur de la crise sanitaire sont les gouvernements qui priorisent l’économie à la santé. Cependant, sous la pression de la pandémie, la plupart des pays tentent de prendre un minimum de mesures de prévention. De son côté, Trump persiste à nier la gravité du Covid-19, au détriment de la population des États-Unis, pays qui, avec 3,7 millions de cas sur 14,6 millions dans le monde, et 140 000 décès sur 610 000 dans le monde, représente près d’un quart des personnes atteintes par le coronavirus.




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