^

Genres et sexualités

Etats-Unis : 5 personnes tuées lors d’un drag show sur fond d’offensive LGBTphobe

A la veille du TDOR, jour du souvenir trans, un club LGBT a été la cible d’une fusillade dans le Colorado au cours d’un drag show. 5 personnes ont été tuées et 25 blessées. Un crime perpétré dans un contexte d’offensive contre les LGBT+ de la part de la droite et de l’extrême-droite américaine.

lundi 21 novembre

Ce samedi, 19 novembre, le club Q, dans la ville de Colorado-Springs (Colorado, États-Unis) organisait un show de drag-queen, qui devait être suivi, le lendemain, d’un drag brunch, pour célébrer le TDoR, Trans Day of Remembrance (journée du souvenir trans, rendant hommage aux personnes trans assassinées). Au cours de cette soirée, le club a été la cible d’un attentat meurtrier. Un tireur de 22 ans a ouvert le feu sur la foule avec un fusil d’assaut, avant d’être arrêté par deux clients du club. Actuellement on compte cinq personnes tuées et 25 blessées, dont deux dans un état critique, selon le New York Times.

Si l’on ignore encore le profil du tueur, le lieu de la fusillade, un club queer, tout comme l’occasion de la soirée, un drag show en hommage aux personnes trans assassinées, la veille d’une journée de commémoration mondiale, n’est probablement pas un hasard.

D’autant que l’attaque prend place dans le contexte d’une offensive réactionnaire de taille contre les personnes LGBT+, et notamment contre les drags queens. Au mois de juin le gouverneur républicain de Floride, Ron DeSantis, faisait la proposition que les parents emmenant leurs enfants à des drag shows puissent être inquiétés par les services sociaux, comme le rapporte Têtu.

Au Tennessee un nouveau projet de loi, dit SB3, a été déposé au début du mois de novembre par la majorité républicaine, prévoyant de rendre criminelle l’activité de drag-queens, et de les interdire des cabarets, bars et productions cinématographiques. Au Texas, le républicain Bryan Slaton a annoncé le dépôt d’une loi interdisant les drag shows aux mineurs, qu’il lie à son combat contre les personnes trans. En effet le projet de loi républicain, évoquant « des imitateurs masculins ou féminins » (« male or female impersonators ») pourrait être utilisés pour criminaliser les personnes trans.

Cette tuerie homophobe et transphobe – la 601ème fusillades de masse aux Etats-Unis de l’année 2022 – s’inscrit dans un contexte d’augmentation des crimes contre les personnes LGBT, et plus largement d’une surenchère réactionnaire de la part de la droite et l’extrême-droite. Ainsi, cette nouvelle tuerie ne peut que faire écho aux massacres racistes qui ont eu lieu ces dernières années aux Etats-Unis, comme celui de Buffalo au mois de mai. Ce dernier avait été perpétré par un tueur biberonné à l’idée de « grand remplacement », auquel les personnes LGBT sont fréquemment associées dans les discours de l’extrême-droite américaine, accusées de contribuer à la réduction du taux de natalité de la population blanche.

Dans ce contexte d’offensive ultra-réactionnaire, que le gouvernement démocrate est bien incapable d’arrêter, il est plus que jamais nécessaire de construire par en bas l’auto-défense face à l’extrême-droite, et de mener plus largement le combat contre l’extrême-droite et ses idées réactionnaires. Un combat dans lequel le mouvement ouvrier a un rôle central à jouer, en alliance avec les mouvements antiracistes et LGBT.



Mots-clés

LGBTphobie   /    LGBT   /    Attentat   /    LGBTQI   /    Etats-Unis   /    Genres et sexualités