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Monde

Gestion catastrophique de la crise

États-Unis. A minima 100 000 morts d’ici un mois, selon différentes projections

Alors que les États-Unis sont le pays le plus touché par le coronavirus, les projections du nombre de victimes tablent, pour les plus optimistes, à un total de 100 000 morts d'ici un mois.

mardi 5 mai

 Crédits photo : Kena Betancur/Getty Images/AFP 

« Nous allons perdre 75 000, 80 000 ou 100 000 personnes ». Cette estimation a été annoncé par Donald Trump en personne, sur la chaine Fox News.Un nombre qui semble déjà impressionnant, mais qui semble totalement sous-évalué par l’exécutif américain. Ainsi, alors que les Etats-Unis comptent déjà 68 000 morts, ce sont 30 000 nouveaux cas qui sont recensés chaque jour. Dans des propos accordés à l’AFP et relayés par Ouest France, le professeur de biostatistiques à l’université du Massachusetts Nicholas Reich estime que la barre des 100 000 morts sera atteinte dès le 1er juin.

« Nous observons de façon assez stable entre 5 et 10 000 morts par semaine, il y a peu de raisons que cela change rapidement » explique-t-il. De son côté, l’institut IHME à l’Université de Washington, qui avait été raillé pour ses estimations optimistes, a revu ses projections à la hausse, précisant que le stade des 100 000 morts sera atteint le 21 mai, pour atteindre 134 000 morts début août.

Enfin, un document de la Maison Blanche dévoilé par le New York Times prévoit une flambée de décès à la mi-mai et estime le nombre de morts entre 100 000 et 240 000. 

C’est surtout la reprise des activités économiques qui risque de provoquer une augmentation des cas et des décès. En effet, alors que Trump a valorisé l’arrêt de certaines production sans lesquelles il y aurait eu, selon lui, 1,5 millions de morts, selon des propos de David Rubin, de l’hôpital pour enfants de Philadelphie, et professeur à l’université de Pennsylvanie relayés dans Le Parisien, « les épicentres de demain ne seront probablement pas les épicentres d’aujourd’hui ».

Le maintien ou non du télétravail, l’approvisionnement en masques ou la densité de population en mouvement sont autant de données aujourd’hui manquantes qui font que les chiffres annoncés pourraient varier de plusieurs dizaines de milliers. 

Les États-Unis, première puissance capitaliste mondiale, sont rapidement devenus le nouvel épicentre de la pandémie. Alors que la crise économique couve et que plus de 30 millions d’américains ont déjà perdu leur travail et tandis que les milliardaires ont vu leur fortune augmenter de 282 milliards de dollars en trois semaines, la volonté des classes dominantes de faire reprendre le travail, malgré des prévisions allant dans le sens d’une explosion des cas en mai montre bien qu’elles sont prêtes à envoyer à la mort leurs salariés pour assurer la pérennité de leurs profits.

Cette situation catastrophique souligne l’urgence pour les travailleurs et les classes populaires de lutter pour des conditions de reprise en toute sécurité, c’est-à-dire pour un plan sanitaire à la hauteur de la crise, avec par exemple la nécessité de mettre en place des campagnes de dépistage massives ou de mettre à disposition des masques gratuitement. Mais aussi pour un plan d’embauche massif, afin de faire face à l’augmentation du chômage que provoque la crise économique.




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