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Monde

RACISME SYSTÉMIQUE

États-Unis. Aucune poursuite contre le policier qui a tiré sur Jacob Blake

Mardi 5 janvier, le procureur général de Kenosha a annoncé qu'aucun chef d'inculpation ne serait retenu contre le policier qui a tiré à sept reprises sur Jacob Blake, aujourd'hui paralysé au niveau de ses jambes. Alors que les partisans de Trump ont envahi le Capitole avec des complicités policières, ouvrant une situation de chaos politique aux États-Unis, cette affaire vient rappeler le racisme systémique et l'impunité policière.

jeudi 7 janvier

Crédits photo : Morry Gash/AP Photo

Le 23 août dernier, à Kenosha dans le Nord-Est des États-Unis, Jacob Blake, un homme noir de 29 ans, s’interpose entre deux personnes pour mettre fin à une dispute. Deux des policiers présents sur place braquent leurs armes sur lui, et alors qu’il retournait vers son véhicule pour rejoindre ses trois enfants, un policier l’attrape par son T-shirt et lui tire sept balles dans le dos. "Les trois fils de Jacob Blake étaient dans la voiture lorsque la police de Kenosha lui a tiré dessus. Ils ont vu un policier tirer sur leur père. Ils vont être traumatisés à vie", dénonce l’avocat de la victime, qui avait auparavant représenté Georges Floyd. Jacob Blake, qui a été transféré dans l’hôpital le plus proche et pris en charge pour des soins intensifs, a aujourd’hui perdu l’usage de ses jambes.

Dans un contexte de mouvement antiraciste qui a soulevé le pays à la suite de la mort de Georges Floyd, cet énième cas de violences policières s’inscrivant dans la continuité des nombreux crimes commis par la police américaine a eu du mal à passer. Un large mouvement de révolte et d’indignation n’a pas manqué de secouer la ville le soir même, plusieurs milliers de manifestants s’étant réunis sur les lieux du drame. Un couvre-feu avait directement été mis en place et des affrontements avec la police qui n’avait pas tardé à réprimer avaient eu lieu pendant trois nuits d’affilée, jusqu’à ce qu’un militant d’extrême-droite de 17 ans tire au fusil semi-automatique sur trois manifestants.

Mardi 5 janvier, Michael Graveley, le procureur local, a annoncé lors d’une conférence de presse qu’aucun policier présents lors du crime ne serait inculpé, affirmant : "Sur la base des faits et de la loi, nous avons décidé qu’aucun chef d’inculpation ne serait retenu". Le procureur a en effet estimé que le policier qui a tiré sur Jacob Blake avait eu un comportement non répréhensible.

Ces annonces scandaleuses n’ont pas tardé à faire réagir, Justin Blake, un oncle de Jacob Blake, ayant par exemple affirmé devant la presse : "C’est une claque". "Ce qui se passe perpétue un racisme systémique". Et l’avocat de la famille de renchérir : "cela montre qu’en 2021, il y a toujours trois systèmes de justice : un pour les Noirs, un pour les policiers et un pour les autres Américains".

Alors que les partisans de Trump ont envahi le Capitole avec des complicités de la part de la police, ouvrant une situation de chaos politique aux États-Unis, cette décision de la justice de ne retirer aucun chef d’inculpation contre les policiers ayant violenté Jacob Blake n’est pas étonnante : elle rappelle le racisme systémique bien existant aux États-Unis et le caractère raciste de la justice américaine, qui est bien loin d’être impartiale et au contraire protège les policiers et renforce leur impunité. Une partialité qui n’est par ailleurs pas propre aux États-Unis : en France par exemple, la mort de Gaye Camara, décédé en 2018 d’une balle dans la tête tirée par des policiers, s’est conclue par un non-lieu. Mais comme l’affirme son frère Mahamadou Camara, "on va se battre", et en ce sens, il faudra continuer à sortir dans la rue contre les violences policières et le racisme d’État.




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