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Du Pain et des Roses

Avortement libre et gratuit !

États-Unis. Des milliers de manifestantes prennent la rue pour défendre le droit à l’avortement

Ce mardi, après les révélations du journal Politico concernant l’avant-projet de remise en cause du droit à l’avortement par la Cour Suprême des États-Unis, des milliers de travailleur.es et de jeunes sont descendues dans la rue pour crier leur colère et montrer la voie à suivre pour conserver et imposer là où il n'existe pas, par la lutte, le droit à l’avortement libre, gratuit et pour toutes !

mercredi 4 mai

Crédits Photo : @luigiwmorris / Left Voice

« Le rassemblement devant la Cour Suprême la nuit dernière n’était que le début » titrait Left Voice suite à la mobilisation instantanée lundi soir de plusieurs centaines de manifestants devant la Cour Suprême à Washington. Ce mardi, de Phoenix à Los Angeles, en passant par Portland, New-York et Washington, ce sont plusieurs milliers de manifestant.es qui ont pris la rue pour exiger le retrait du projet ultraréactionnaire de la Cour Suprême qui souhaite abroger l’arrêt Roe v. Wade, garantissant depuis 1973 le droit à l’avortement au nom du droit constitutionnel à la vie privée des femmes.

« Supprimons la Cour Suprême », « mon corps, mon choix ! » ou encore « on ne retournera pas en arrière » scandaient les manifestant.es ce mardi ou la colère était forte dans les rues du pays. A New-York, Maddie de Left Voice, organisation sœur de Révolution Permanente aux États-Unis, rappelait dans son intervention la voie à suivre pour obtenir le droit à l’avortement pour toutes : « le combat dans la rue et nos lieux de travail ! » Elle rappelait dans ce sens la lutte exemplaire des jeunes travailleurs LGBT de Starbucks qui ont lutté pour dénoncer l’instrumentalisation des luttes LGBT de l’entreprise mais aussi la création historique du premier syndicat au sein de la multinationale.

« Les femmes qui ont les moyens pourront toujours avoir accès à l’avortement » dénonçait Saga McFerland au micro du Parisien avant d’ajouter que « les personnes qui ne disposent pas de ces moyens seront, pour la plupart, contraintes au véritable esclavage qu’est la maternité non-désirée ».

En effet, cette décision de la Cour Suprême, qui rendra son avis définitif d’ici le 30 Juin, va venir impacter les femmes les plus précaires de la population américaine, et s’inscrit dans la continuité d’attaques contre le droit à l’avortement comme au Texas avec l’adoption d’une loi restreignant l’avortement à un délai de 6 semaines de grossesse ou encore dernièrement en Oklahoma avec la décision de pénaliser les professionnels de santé qui pratiquent l’avortement.

Avec l’abrogation de l’arrêt Roe v. Wade, chaque État pourra légiférer sans contrainte sur le droit à l’avortement, laissant donc pour les États les plus conservateurs le champ libre à toutes interdictions ou contraintes pour des millions de femmes, mettant leur vie en danger.

« Notre message est clair : ni Démocrates ni Cour Suprême »

Depuis la publication par le journal Publico des intentions de la Cour Suprême de remettre en cause le droit à l’avortement, différentes figures du parti démocrate ont élevé la voix, comme à New York où Letitia James, procureure générale de l’Etat de New-York, a appelé la foule de manifestants à se battre : « nous devons nous mettre en colère ! » affirmait-elle peu avant d’être suivie par le président Joe Biden qui a appelé, pour les élections de mi-mandat, à « choisir des candidats favorables » à l’IVG. Une prise de position hypocrite qui vise à calmer et canaliser la colère des manifestant.es sur le terrain électoral alors que dans le même temps, à Los Angeles, ces derniers se faisaient durement réprimer par la police.

« Depuis des années les Démocrates ont prétendu être les défenseurs du droit à l’avortement, mais à chaque fois qu’ils ont été à la tête de la présidence, même quand ils étaient majoritaires dans les deux chambres du congrès, cela a été un échec et aucune loi en faveur du droit à l’avortement n’a été voté. A la place, pendant qu’ils étaient en poste, les droits à l’avortement se sont lentement fait rogner durant des décennies, et maintenant l’arrêt Roe v. Wade déjà insuffisant est en train d’être abrogé » déclarait le journal Left Voice avant de rappeler que seule la mobilisation et l’organisation massives des travailleur.es en toute indépendance des institutions permettra l’obtention pleine et entière du droit à l’avortement, évitant de mettre en péril des millions de vies.

Dans la rue, ce sont des centaines de manifestant.es qui portaient fièrement le foulard vert, en référence à la marée verte en argentine, mouvement féministe de la lutte pour le droit à l’avortement ayant obtenu une victoire historique en décembre 2020 après l’adoption par le Sénat du projet de loi pour le droit à l’avortement. Symbole de lutte des femmes pour leurs droits, ce mouvement incarne la voix à suivre dans les prochaines semaines pour des millions de travailleur.es américain.es.

Même si aujourd’hui les mobilisations ne sont pas aussi importantes que sous la présidence de Donald Trump, avec, depuis l’élection du président démocrate au pouvoir, une tentative de canaliser les luttes féministes parfois même de manière absurde comme en janvier dernier ou c’est par l’intermédiaire d’un communiqué que Joe Biden a demandé de protéger le droit à l’avortement au Mississipi, tout comme il l’avait également fait avec le mouvement Black Lives Matter en promettant de vagues concessions jamais appliquées, c’est toute une nouvelle génération de travailleur.es qui se soulève aux États-Unis et dans le monde : des secteurs radicalisés autour des questions féministes, antiracistes, LGBT et écologiques, qui démontrent par la lutte des velléités à rompre sans concession avec un système qui n’offre que précarité et misère.



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