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Black Lives Matter

États-Unis : La police tire sur la foule et tue un homme à Louisville

Hier, à Louisville, dans le Kentucky, la police et la Garde nationale sont intervenues pour disperser des manifestants qui s’étaient réunis sur un parking, malgré le couvre-feu. Ils ont tiré à balles réelles, causant la mort de David McAtee, un homme noir de 53 ans.

mardi 2 juin

Crédits photo : BRETT CARLSEN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP

Depuis la mort de George Floyd, un homme noir tué par un policier blanc à Minneapolis, intégralement filmée par des passants, les États-Unis sont secoués par un vent de révolte. Les manifestations de colère et les émeutes contre ce crime policier et le racisme structurel ont commencé le soir même à Minneapolis. Elles se sont depuis étendues à l’entièreté du pays, avec une violence dont les images de manifestations, de pillages, de destruction de voitures de police, ou encore d’incendies ont fait le tour du monde.

Des violences policières aussi endémiques à Louisville que dans le reste des États-Unis

À Louisville, les manifestants scandent aussi le nom de Breonna Taylor, une ambulancière noire de 26 ans qui habitait la ville, tuée en mars dans son propre appartement par la police municipale qui venait d’enfoncer la porte. Les policiers avaient un mandat d’arrêt erroné, sont entré de force et sans prévenir, et le compagnon de la jeune femme, croyant à un cambriolage, a sorti son propre pistolet pour se défendre. La police a répliqué, et Breonna Taylor a reçu au moins 8 balles.

Face à la radicalisation des manifestations, la répression est montée d’un cran dans l’ensemble du pays. De nombreuses villes ont mis en place des couvre-feu pour mieux criminaliser les manifestations, et Trump a envoyé la Garde nationale dans 15 États. On compte à ce jour plus de 4 440 arrestations depuis le début du mouvement, il y a une semaine. À Louisville, un couvre-feu à partir de 21 heures a été imposé samedi ; c’est pour faire “respecter” ce couvre-feu que la police est intervenue, dans la nuit de dimanche à lundi,pour disperser des manifestants qui s’étaient réunis sur un parking.

“Ils l’ont abattu comme un chien”

C’est sur ce parking que David McAtee, 53 ans, est mort sous les balles de la police. Les policiers sur place disent avoir essuyé des tirs de la part des manifestants, et avoir été contraints de répliquer. Problème : les policiers avaient éteint les caméras qu’ils portent sur eux, et qu’ils ont l’obligation d’allumer lors de chaque intervention. Plusieurs manifestants contredisent la version policière, et disent que la foule sur le parking était pacifique.

David McAtee était propriétaire et chef d’un restaurant de grillades, YaYa’s BBQ, qui opérait dans le quartier. Il est mort peu après minuit, et, quand sa famille est arrivée sur place le lendemain, son corps était toujours là, près de 12 heures plus tard. Odessa Riley, sa mère, a déclaré à CNN : “Il l’ont tué sans raison. [...] Ils l’ont abattu comme un chien.” À propos des manifestations, elle a ajouté : “Ils ont raison, continuez à manifester, pour que justice soit faite. Ils ont tué mon fils. Mon fils n’a fait de mal à personne.

Greg Fischer, le maire de la ville, s’est rendu sur place et a présenté ses condoléances à la famille, sous les huées de certains manifestants, qui demandent le retrait de la Garde nationale et l’arrêt du couvre-feu.

La mort de David McAtee vient s’ajouter à la liste des manifestants tués depuis le début de ce mouvement de révolte, liste qui ne manquera pas de s’allonger dans les jours à venir, vu le durcissement de la répression. Les dernières déclarations de Trump, qui annonce le déploiement de “milliers de soldats lourdement armés” à Washington, qui aggravent d’ores et déjà la polarisation sociale, laissent craindre une escalade de la violence envers les manifestants.




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