^

Monde

#NosViesPasLeursProfits

États-Unis. Les salariés d’Amazon en grève pour réclamer de meilleures protections face au virus

Plusieurs dizaines de salariés d'Amazon se sont mis en grève et se sont réunis pour réclamer des mesures pour les protéger face au virus. Un mouvement similaire a eu lieu chez Instacart, plateforme qui permet de commander ses courses en ligne.

mardi 31 mars

Crédit photo : AFP / Angela Weiss

Aux États-Unis, la pandémie continue de s’étendre. Selon l’université Johns Hopkins, dont les chiffres font référence, le nombre de cas y dépasse les 163 000 et la barre des 3000 morts vient d’être franchie. Le contexte états-unien est particulièrement difficile pour les travailleurs du pays : avec l’aggravation de la crise économique et le nombre croissant d’employeurs contraints de fermer leurs portes pour une durée indéterminée, un secteur croissant de travailleurs est licencié, dépouillé de ses revenus au moment même où une récession économique se profile à l’horizon. Après avoir demandé de cacher les chiffres du chômage pendant des jours, l’administration Trump a publié un rapport choquant montrant qu’en une semaine, 3,3 millions de personnes supplémentaires se sont déclarées au chômage.

Dans ce contexte, les salariés de nombreux secteurs essentiels ou non continuent de travailler, mais parfois sans mesures de sécurité. Plusieurs grèves ont eu lieu pour réclamer des protections face au virus. Ce lundi 30 mars, ce sont les salariés d’Amazon et Instacart qui ont débrayé.

Les travailleurs des entrepôts Amazon de Staten Island, au sud de Manhattan, ont débrayé lundi midi alors que la région est l’épicentre de l’épidémie aux États-Unis et que les habitants sont appelés à se confiner. D’après le compte Twitter @Shut_downAmazon tenu par Christian Smalls, des cas positifs y auraient été détectés et aucune mesure de « distanciation sociale » ni de désinfection n’est prise par la direction.

C’est ainsi que les travailleurs se sont réunis devant l’entrepôt, se protégeant la bouche avec des masques ou des foulards et tentant de respecter les distances de sécurité. Leurs pancartes indiquaient : « Our health is just as essential » (« Notre santé est tout aussi essentielle [que la production] ») ou encore « Traitez vos employés comme vos clients » et « C’est difficile de fermer une entreprise pour 3/4 semaines. Mais c’est encore plus difficile de fermer pour toujours le cercueil de quelqu’un qu’on aime ». D’après l’AFP, « Après la manifestation, le salarié à l’origine du rassemblement, Christian Smalls, a été officiellement licencié par Amazon. »

Les salariés d’Instacart, plateforme qui permet de commander ses courses en ligne, ont aussi démarré une grève ce lundi. Comme ceux d’Amazon, ils réclament davantage de sécurité face au virus. Ils revendiquent aussi de meilleures conditions financières. D’après l’AFP, « Ils cesseront ainsi le travail jusqu’à ce que "toutes [leurs] demandes [soient] satisfaites", a indiqué une porte-parole du groupe Gig Workers Collective. "Il ne s’agit pas seulement de nous, nous voulons également protéger nos clients. Les travailleurs sont furieux qu’Instacart ne fasse même pas le strict minimum pendant cette pandémie mortelle", a-t-elle ajouté. »

Autour des mêmes revendications, les salariés de la chaîne de magasins Whole Foods sont aussi appelés à faire grève ce mardi.

Comme en Italie ou en France, la révolte des salariés de la grande distribution, en première ligne de la « guerre » contre le virus, s’étend et s’organise. Si leur travail est essentiel dans la période, cela ne doit pas se faire au prix de leur santé, ni au prix de risques accrus de diffusion du virus dans l’ensemble de la population. C’est pourquoi il est central que les mesures de protections soient mises en place et que l’organisation collective et la grève sont les meilleures façons d’imposer aux patrons de prendre ces mesures.




Mots-clés

Epidémie   /    Coronavirus   /    Droit de retrait   /    Amazon   /    Donald Trump   /    Grève   /    Etats-Unis   /    Monde