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Etats-Unis. Une 96ème personne noire tuée par la police depuis la mort de George Floyd

Cette semaine, Andre Maurice Hill a été abattu par la police à Columbus. Son seul tort ? Etre noir. C'est la 96ème personne noire tuée par la police depuis le meurtre de George Floyd le 25 mai dernier.

vendredi 25 décembre 2020

Crédit photo : Stephen Zenner/AFP

Dans la nuit de lundi à mardi, Andre Maurice Hill a été tué par balles par les forces de répression à Columbus. Appelés sur place pour un incident sans gravité, les agents de police aperçoivent Andre Maurice Hill, 47 ans, dans le garage d’une maison. Les images de la caméra-piéton des agents de police montrent l’homme s’avancer vers eux, avec un téléphone portable à la main. Un policier, Adam Coy, ouvre alors le feu et atteint plusieurs fois Andre Maurice Hill. Comble de l’horreur, alors que la victime est à terre, plutôt que de lui prodiguer les premiers soins, les deux policiers restent à distance de la victime encore vivante, et attendent plusieurs minutes avant de s’approcher.

Si le chef de la police a rapidement annoncé des poursuites en interne à l’encontre du tireur, et que le maire de la ville s’est lui aussi exprimé contre Adam Coy en exigeant un « limogeage immédiat », le problème est bien plus profond qu’une simple « bavure » d’un policier isolé. Déjà à Columbus, il y a trois semaines, un autre afro-descendant est tombé sous les balles de la police : Casey Goodson Jr. rentrait chez lui après avoir acheté des sandwichs quand il a été abattu par un agent du bureau du sheriff.

Selon l’avocat Ben Crump, qui défend plusieurs victimes de violences policières, Andre Hill est la 96ème victime noire de la police depuis le meurtre de George Floyd le 25 mai 2020, tragédie qui avait été l’étincelle du mouvement historique « Black Lives Matter » contre les violences policières et le racisme aux Etats-Unis et dans le monde entier.

Près de 100 victimes donc, en 7 mois - soit 210 jours. Un rythme terrifiant de 1 personne noire tuée par la police tous les 2 jours aux Etats-Unis. Des chiffres qui font froid dans le dos, et qui viennent surtout pulvériser le discours qui pointe du doigt des « bavures policières » isolées, dues à des « brebis galeuses » au sein des forces de l’ordre. Au contraire, ces données montrent bien le caractère structurel des violences policières envers les personnes noires aux États-Unis, pays fondé sur un racisme qui reste encore aujourd’hui très présent dans les institutions.




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