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Monde

Justice et vérité pour George Floyd

Etats-Unis : manifestation suite au meurtre de G. Floyd par la police

Un nouveau meurtre d’un homme noir a été perpétré mardi par la police de Minneapolis. En réaction, une large frange de la population - noire comme blanche - a manifesté son indignation et sa colère face à ces violences policières et ce racisme d’État.

mercredi 27 mai

Crédits photo : Kerem Yucel / AFP

Cet assassinat s’inscrit dans un contexte de multiplications des cas de violences policières racistes. Alors que peu de temps avant, un racisme des plus haineux a conduit au lynchage d’Ahmaud Arberry, tué par deux hommes blancs parce qu’il était noir.

Cela fait suite également a des manifestations de l’extrême droite armée dans les rues du Machigan pour demander la fin du confinement. Quand Trump soutient ces manifestations, quand il se prononce en faveur de la construction d’un mur empêchant l’immigration mexicaine, quand il fait preuve d’une xénophobie décomplexée, l’impunité des violences et des crimes racistes s’en trouve exacerbée .

Un meurtre raciste en pleine rue sur fond de criminalisation de la pauvreté

Les vidéos sont effroyables et accablantes. Depuis la caméra de vidéosurveillance d’un restaurant, on y voit George Floyd escorté d’un policier sortir de la voiture de police, menotté. L’homme n’oppose aucune résistance. Quelques minutes après, George se retrouve maintenu au sol au pied de la voiture, dont un policier qui l’étrangle de la force de son genou censé le maintenir. George, répète pendant de longues minutes : « je ne peux pas respirer ». Ce fameux « I can’t breathe », que disait déjà Eric Garner avant de mourir en 2014 dans les mêmes conditions. Puis, d’autres vidéos, font état de la panique des témoins de la scène qui demandent aux policiers de prendre le pouls de cet homme au sol qui semble inerte tandis que les policiers continuent de le « maintenir » au cou avec force. Comme beaucoup le rapporte, c’est en fait un meurtre froid auquel ont assisté les témoins.
« George Floyd a été condamné à mort. Son « crime » présumé était d’avoir tenté d’utiliser un faux billet dans une épicerie » rapporte nos camarades de Left Voice, le journal frère de Révolution Permanente. En plus d’un acte raciste, cette affaire signe la criminalisation de la pauvreté. La crise sanitaire du Covid-19 a d’ailleurs montré le lien entre pauvreté et couleur de peau aux États-Unis, qui a pour conséquence une surreprésentation des personnes noires dans les décès du Covid-19, à savoir 70%...

Avant que les vidéos soient publiées et révèlent la vérité, Slate rapporte qu’une première version a été donnée par la police, contradictoire avec les faits : le suspect aurait eu d’après eux un « incident médical » alors qu’il résistait à son arrestation. Ces mensonges policiers sont monnaie courante, et rappellent les nombreux cas de violences policières que ce soit aux USA -Ahmaud Arbery, Sean Reed et Breonna Taylor, pour ne citer que les cas médiatisé de ces derniers mois- ou en France -avec Adama Traoré, Cédric, Sabri, Boris, ou plus récemment Demba Traoré.

Comment ne pas avoir peur de la police dans un tel contexte ? Alors que Camélia Jordana se retrouve attaquée de tous les côtés, pour avoir dit sa peur de la police, ce meurtre vient rappeler une fois de plus la raison de cette inquiétude quotidienne.

L’esprit de Ferguson à Minneapolis

Cet événement a provoqué énormément de réactions sur les réseaux sociaux. Une colère très large de solidarité s’est aussi tout de suite exprimée mardi soir dans les rues de Minneapolis où des milliers de personnes – noires comme blanches - ont envahi et bloqué les rues, lieu du décès de Floyd.

La police a violemment réprimé cette manifestation ; nos camarades sur place rapporte que la police, en tenue anti-émeute, a fait usage de gaz lacrymogènes, avant de tirer des balles en caoutchouc sur les manifestants.

La manifestation rappelait la colère et la défiance à l’origine des émeutes de Ferguson qui ont fait suite à la mort de Michael Brown, homme noir de 18 ans, tué de 6 balles par la police sans motif autre que sa couleur de peau. La manifestation de mardi aux tendances émeutières prouve l’élargissement d’une colère contre la police, notamment exprimée sur les voitures de police :

Mais aussi des scènes de protestation face aux policiers, qui démontrent la détermination et la rage des manifestants :

Une classe politique obligée de se positionner

La réaction populaire et les vidéos ont contraints les autorités à opposer une décision rapide sur le sort des quatre policiers responsables de cette immobilisation : ils ont été licenciés le lendemain de la mort de George Floyd.

La pression de la rue a également contraint la classe politique à prendre position face à cet évènement. Left Voice rapporte que des personnalités politiques comme Kamala Harris et Amy Klobuchar, connues pour avoir soutenu le système carcéral brutal, ont dénoncé le meurtre. Le candidat démocrate à la présidentielle, Joe Biden, a appelé à ce que les policiers soient tenus responsables de leurs actions, sans pour autant remettre en cause l’institution policière. De la même façon que, Ilhan Omar, femme politique démocrate d’origine somalienne a salué le licenciement des policiers, tout en appelant à une « enquête ». Or il n’y pas d’enquête à mener, les vidéos sont explicites sur le meurtre. Trump lui est pour l’instant resté silencieux, mais une grande partie de sa base de droite ultra-raciste a défendu le meurtre.

Ceci n’est pas sans rappeler les positions du ministre de l’intérieur français, Christophe Castaner, sur ces mêmes sujets, que ce soit pour nier les violences policières (amputations et mutilations multiples) vis-à-vis des Gilets Jaunes ou la répression raciste dans les banlieues , comme le souligne Fatima Ouassak sur Twitter : 

Ce ne sont pas des bavures, ces policiers font leur travail

L’institution policière est fondamentalement raciste, valorisant les intérêts de la classe bourgeoise qui sont ceux de l’impérialisme et de la domination de classe. Comme le disent nos camarades de  Left Voice : « Les flics ont montré à maintes reprises qu’ils sont les ennemis des Noirs et de la classe ouvrière. Les flics servent le capital. Ils doivent être abolis […] La vraie cause est la même : le racisme, utilisé pour opprimer les classes populaires et diviser la classe travailleuse. Il n’y a pas de justice possible dans un système capitaliste impérialiste où nos vies changent de valeur selon la couleur de notre peau ».

La répression n’a pas de frontière, notre colère non plus. Il s’agit d’opérer une solidarité internationale à l’image de la réaction du collectif « la vérité pour Adama » -qui se bat pour faire reconnaître la responsabilité des policiers dans la mort d’Adama, victime de violences policières :




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