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Politique

Édito

Étudiants, hôpitaux : le gouvernement cherche à déminer le 5 décembre

Plan à destination des étudiants de la ministre Vidal ce 19 novembre, plan hôpital ce mercredi. A l'approche du 5 décembre, le gouvernement cherche à déminer la dynamique de convergence. Pas sûr, toutefois, que cela soit suffisant...

mercredi 20 novembre

Que cela soit dans les médias comme dans les déclarations des responsables politiques, la date du 5 décembre génère une forte anxiété dans les classes dominantes. D’autant plus après que, selon les différents sondages sortis ces derniers jours, une majorité de la population soutient toujours les Gilets Jaunes tout en étant, la aussi majoritairement, favorable à un mouvement de grève.

Mais c’est surtout la dynamique générale sur le terrain de la lutte des classes qui inquiète et divise sur la stratégie à appliquer au sein même des classes dominantes. De l’anniversaire des Gilets Jaunes qui a fait la démonstration que la colère était toujours là, et a obligé l’Etat à faire preuve d’une forte répression, à des secteurs mobilisés depuis de longs mois sur des revendications spécifiques en passant par le début de réveil de la jeunesse, sans parler de la RATP et la SNCF : c’est le scénario d’une convergence des colères qui hantent les hautes sphères. L’objectif est donc clair : diviser, comme nous avons pu le voir avec la focalisation du discours sur les régimes spéciaux ou bien encore la possibilité de l’inclusion d’une « clause grand-père » pour faire peser la réforme des retraites sur la jeunesse.

Face à cette situation, ce sont de nouvelles manœuvres qui sont à l’œuvre. Depuis l’acte 53, on ne compte plus les interventions cherchant à diaboliser les Gilets jaunes, pour expliquer à quel point il serait néfaste qu’une jonction se fasse à l’occasion du 5 décembre. La ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation Frédérique Vidal a annoncé la mise en place d’une « hotline » pour les étudiants précaires. Une mesure qui apparaît bien insuffisante, et carrément insultante lorsque l’on sait que le gouvernement a cherché à supprimer 35 millions d’euros du budget alloué à la vie étudiante. Ce mercredi, c’est le « plan hôpital » qui sera révélé, alors que le plan de mesurettes annoncé de 750 millions (et une hotline également !) annoncé par Buzyn en septembre, alors qu’il s’agissait d’un recul assez inédit du gouvernement face à un secteur en lutte, n’a absolument pas permis de désarmer la colère dans les urgences et l’hôpital en général (même les étudiants en médecine ont commencé à se mobiliser).

Bien sûr, comme le montrent les « mesures » à destination des étudiants, ces opérations ont peu de chance de calmer la colère, mais visent avant tout à la division des secteurs. Des perches pourraient également être tendues vers les bureaucraties syndicales pour jouer sur le corporatisme et diviser les rangs en amont d’une première confrontation. C’est pourquoi il est important de faire du 5 décembre une première date de mobilisation pour un grand mouvement de grève, reconductible et sous contrôle de la base, sans négociations avec le gouvernement, jusqu’au retrait pur et simple de la réforme et la satisfaction de toutes les revendications. 




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