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Politique

Lutte Ouvrière

Européennes : qui sont les candidats de la seule liste 100 % ouvrière ?

Avec sa liste composée entièrement de travailleuses et de travailleurs, Lutte Ouvrière détonne dans le paysage des européennes. Tour d’horizon de ces candidats cheminots, infirmiers, ouvriers, postiers, enseignants, techniciens, qui revendiquent la nécessité de révolutionner la société.

mardi 14 mai

Pour Lutte Ouvrière, ces élections européennes constituent une tribune afin de porter le discours du monde du travail face aux professionnels de la politique. Or, qui mieux que les travailleuses et les travailleurs eux-mêmes pour raconter la situation de millions salariés, en France comme dans le reste du monde, et mettre en avant leurs revendications ?

L’examen des 79 candidatures de la liste Lutte Ouvrière permet ainsi de faire ressortir avec force l’importance d’une liste composée uniquement de travailleuses et travailleurs. A des années lumières des querelles politiciennes, des discours grandiloquents ou des promesses intenables, les candidats de LO donnent à voir la dégradation de leurs conditions de vie et de travail, la responsabilité du patronat dans cette situation ainsi que la nécessité d’y répondre « par en bas ».

Des candidats en première ligne face aux dégâts de la crise capitaliste

Au fil des 79 candidatures, c’est un véritable tableau de la crise capitaliste qui se dessine. Une crise face à laquelle les travailleuses et travailleurs sont en première ligne.

La situation dans le secteur de la santé, racontée par les infirmières et aides-soignantes de la liste, est ainsi particulièrement éloquente. « Nous sommes touchés par le sous-effectif quotidien. Dans tous les services, nous sommes chaque jour à la limite des effectifs nécessaires pour les soins, que ce soit en termes d’infirmières ou d’aides-soignantes. » explique Aurélie Jochaud, infirmière. Valérie Foissey, aide-soignante à Rouen dresse un constat similaire. « La situation est générale, elle est le résultat des politiques des différents gouvernements qui se sont succédés face à la crise capitaliste » synthétise Claire Rocher, infirmière à Dijon.

Une crise que l’on retrouve par ailleurs dans l’ensemble de la fonction publique, dont sont issus un certain nombre de candidats. « Les conditions de travail et les salaires des agents de catégorie C s’aggravent de plus en plus. Beaucoup de services ont été externalisés et pour ceux qui restent, on se rapproche de plus en plus des conditions de travail du privé. » note par exemple Fatima Abdellaoui, employée une collectivité territoriale. Même constat dans l’éducation, dont Kelig Lagrée, enseignante dans le Morbihan, égraine les transformations : « la charge de travail a augmenté pour tous, et les conditions d’accueil des élèves se sont dégradées (…). L’enveloppe allouée pour l’aide aux devoirs a été réduite et le temps de présence de l’assistante sociale divisé par deux alors que les élèves sont plus nombreux. »

Le privé n’est quant à lui évidemment pas épargné. Dans les usines où travaillent plusieurs candidats de LO, la précarisation rampante affecte tant les intérimaires que les salariés en CDI. « Le salaire minimum dans l’entreprise était il y a trente ans à 40% au-dessus du SMIC, aujourd’hui à peine à 10% au-dessus. Et pour les nombreux sous-traitants, les intérimaires, c’est encore pire, avec une précarité plus grande. » résume François Roche, ouvrier dans l’aéronautique, dressant ainsi un tableau similaire à celui d’Ali Kaya, ouvrier dans l’automobile. Une précarité économique à laquelle s’ajoute la dégradation des conditions de travail. « Tout est fait pour qu’on travaille de plus en plus vite, chaque geste est chronométré, nos temps de pauses peuvent être diminués au jour le jour, pour produire plus de voitures. » raconte Julien Wotsyn, ouvrier à la chaîne.

Outre les questions économiques les enjeux écologiques, le féminisme ou la question du racisme sont au coeur du programme de Lutte Ouvrière : « J’ai travaillé très tôt comme employé de commerce, ensuite comme ouvrier agricole de la banane. J’ai vu combien les pesticides et en particulier le chlordécone décimaient mes camarades de travail. Ce sont les gros planteurs békés qui ont introduit ce produit. Ces descendants des vieilles familles esclavagistes du passé n’ont rien perdu de leur esprit d’exploiteur méprisant envers les travailleurs Noirs et Indiens » explique par exemple Jean-Marie Nomertin, employé en Guadeloupe.

Des candidats du monde du travail contre les professionnels de la politique

Si la liste de LO est composée entièrement de travailleuses et de travailleurs, ce n’est ni le fruit d’une stratégie marketing, ni une volonté de faire entrer en politique de nouvelles « têtes » issus du monde du travail, à l’image de la démarche de Macron avec ses candidats de la « société civile » aux dernières législatives. Au contraire, Lutte Ouvrière revendique le refus d’une politique de « professionnels » et affirme que ce n’est pas par les élections que l’on transforme la société. Une stratégie partagée par l’ensemble des candidats qui appellent à la mobilisation.

« Pour moi faire de la politique c’est pas faire carrière. Je fais de la politique quand je manifeste, quand je fais grève » synthétise ainsi Mélanie Peyraud, enseignante. « On se retrouve d’accord avec plusieurs dizaines d’ouvriers gilets jaunes de l’usine pour dire autour de nous qu’il faudrait une grève pour imposer une augmentation de salaires conséquente. » note quant à lui Eric Pecqueur, ouvrier de l’automobile. Pour les candidats de LO, c’est ainsi par la grève et par la mobilisation dans la rue que les travailleuses et les travailleurs pourront espérer changer les choses.

Un appel à la mobilisation qui dépasse par ailleurs les frontières françaises. « Je travaille dans une usine où toutes les nationalités se côtoient. (…) Nous n’avons pas choisi d’être exploités, nous sommes obligés de travailler pour vivre. Alors tous ceux qui veulent nous empêcher de circuler nous refusent le droit de vivre. Dans mon usine comme ailleurs les travailleurs ne volent rien ni personne, nous fabriquons, nous créons toutes les richesses. » explique ainsi Salah Keltoumi. Un internationalisme qui, là aussi, tranche avec une campagne très marquée par le souverainisme et la xénophobie, que l’on retrouve dans la grande majorité des listes.

Voter Lutte Ouvrière : donner sa voix aux travailleurs

Militants du NPA, nous partageons l’idée que les travailleurs et les couches populaires doivent se représenter eux-mêmes, sans laisser cette tâche à des professionnels de la politique, comme nous avons pu le montrer par le passé au travers des candidatures aux élections présidentielles d’Olivier Besancenot, postier, puis de Philippe Poutou, ouvrier de l’automobile.

Nous sommes convaincus que ce ne sont pas les élections qui permettront de changer la donne, mais bien la mobilisation de la majorité des exploités et des opprimés pour renverser ce système pourrissant. Un projet ancré dans le rejet d’une crise que les travailleuses et travailleurs connaissent le mieux parce qu’ils y sont confrontés au quotidien, là où la majorité des candidats veulent corriger le système à la marge ou en approfondir les tendances les plus néfastes.

Dans ce cadre, appelons à voter Lutte Ouvrière lors de ces élections européennes, pour donner notre voix à ceux qui partagent notre condition, nos préoccupations et le projet de transformer radicalement la société.




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