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Politique

Propagande gouvernementale

« Eux ce sont les gilets jaunes que je n’aime pas » : Macron maître d’école face à des enfants

Ce jeudi, Macron en déplacement à Beaupréau-en-Mauges en a profité pour organiser un débat au centre culturel de la commune avec des enfants de CM2 et de 6ème. Tous les moyens sont bons pour Macron afin de mener campagne contre les Gilets Jaunes sous le théâtre du Grand Débat. Le président multiplie les événements présidentiels tels que celui-ci, sauf que cette fois la propagande élargit sa cible aux enfants.

vendredi 29 mars

Crédits Photo : Loic Venance / Afp

Quarante enfants de CM2 et de 6ème membres des conseils municipaux d’enfants du département, étaient réunis ce jeudi avec Macron, au centre culturel de Beaupréau-en-Mauges. Cet événement présidentiel est la treizième participation au grand débat, diffusé par BFMTV. Cette fois Macron élargit sa propagande et décide de s’adresser à des enfants. L’occasion pendant plus d’une heure de parler de sujets amenés par les enfants tels que l’environnement, le harcèlement scolaire et l’égalité hommes/femmes.

C’est à la fin des échanges, que la question fatidique retentit de la bouche de Cassandre, élève de cinquième : « Que pensez-vous des Gilets Jaunes ? ». Après avoir réfléchi un instant, Macron répond : « La vraie question c’est qui sont les gilets jaunes ? ». C’est alors qu’il explique qu’il décèle trois phases dans le mouvement. « Au début, les gens qui ont mis des gilets jaunes, c’étaient plutôt des gens qui disaient : « On travaille, on n’arrive plus à s’en sortir. » Ceux-là ,dit Macron, sont des non-violents, ils les a entendus, et fait son possible pour écouter leurs demandes, soi-disant avec son grand débat, qui dissimule aussi un début campagne pour les européennes. Puis dans un deuxième temps, selon lui, sont venus se rajouter « les extrêmes » de droite et de gauche, qui « ne veulent plus de règles ». Enfin, Macron parle de l’arrivée des « ultras », ceux qui cassent tout, les méchants gilets jaunes : « On a vu arriver des gens hyper violents. Il n’y a rien dans une République qui justifie de tout casser. On n’est pas dans une tyrannie […] Eux ce sont les gilets jaunes que je n’aime pas ».

Et voilà comment Macron fait du bourrage de crâne à des enfants, qu’il exerce sa propagande sur les plus jeunes esprits, sous prétexte que l’Elysée tient à ce que la jeunesse, grande absente du débat national, soit plus exposée. La supercherie ne prend pas depuis le début, le grand débat national est bien plus qu’un débat : c’est une tactique pour redorer son image, et lui redonner sa popularité. Bonaparte aux pieds d’argile, tant sa base sociale était fragile dès son élection, Macron essaye de recomposer cette base, notamment en donnant des gages aux maires pour redonner de la vigueur à des corps intermédiaires en difficulté ou encore en se mettant au scène auprès d’intellectuels dociles et maintenant d’enfants. Dans un second temps, il s’agit aussi d’un moyen de mener campagne pour les européennes, sans que son temps de parole ne soit comptabilisé.

Au bout de la treizième apparition pour le grand débat, Macron est rôdé, et il n’hésite pas à glisser des éléments de programme, tout en exerçant ses talents d’orateur. Cet exercice qu’il a répété, de pédagogie et d’empathie, a sûrement trouvé tout son potentiel auprès des enfants de Beaupréau-en-Mauges.

Vouloir organiser un débat avec les enfants, prouve à quel point la stratégie du gouvernement vise à retrouver des points de popularité, en redorant son image au près de la jeunesse, et en faisant de la propagande macroniste dès le plus jeune âge. C’est en prenant les citoyens au plus jeune âge qu’on arrive à les faire se plier au système. Décourager les générations futures de se mobiliser à l’avenir. Cette tactique de la part du gouvernement n’est pas nouvelle, Castaner il y a quelques semaines, expliquait déjà à une classe d’enfants comment les CRS ont le droit d’utiliser leurs armes.. Une méthode qui n’est que l’extension, en temps de crise, de l’utilisation idéologique de l’école par la bourgeoisie à travers les programmes scolaires et que le gouvernement de Macron accentue avec la militarisation et le nationalisme de l’école Blanquer.

On se pose la question avant le moment tant attendu arrive où Macron fera un discours à la mi-avril pour tirer les bilans de cette grande mascarade appelée grand débat qui est né de la volonté de trouver une solution à la colère des gilets jaunes : a-t-il trouvé la recette magique, ou va-t-il encore durcir la répression ?




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