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Politique

Du côté des classes dominantes

Évasion fiscale : l’ex-conseiller de Marine Le Pen épinglé dans les Pandora Papers

Parmi les premiers noms français issus des Pandora Papers figure celui d’Aymeric Chauprade, ancien proche de Marine Le Pen qui semble désormais enthousiaste de la candidature de Zemmour. Une révélation qui démontre à nouveau de quel côté se situe l’extrême-droite, profitant du système d’évasion fiscale généralisé chez les classes dominantes.

lundi 4 octobre

Crédits photo : AFP

Les Pandora papers, la fuite de près de 12 millions de documents confidentiels issue d’une enquête collaborative menée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), révèlent l’ampleur de l’évasion fiscale et le système international qui permet aux classes dominantes de contourner la fiscalité. L’enquête met ainsi en lumière les milliers de milliards d’évasion fiscale qui transitent par des sociétés écrans.

Alors que les noms français sont en train d’être révélés, outre Dominique Strauss-Khan ancien ténor du PS, c’est une figure de l’extrême-droite qui figure dans la liste : Aymeric Chauprade, ancien conseiller aux affaires internationales de Marine le Pen et eurodéputé du FN. Son nom est en effet associé à deux sociétés offshore créées en 2009, comme le révèle Le Monde :
« Le nom d’Aymeric Chauprade figure noir sur blanc sur de nombreux documents, comme le propriétaire de deux sociétés offshore ouvertes en 2009. Parmi eux, des factures éditées par le cabinet suisse SFM en contrepartie de ses services (création des sociétés, désignation d’un prête-nom, etc.), renouvelées d’une année sur l’autre, et même la copie de son propre passeport, certifiée par un employé avec cette mention en anglais « original seen » (« original vu »). »

L’activité de ces sociétés demeure inconnue, mais il est établi que chacune disposait d’un compte en banque « aux Seychelles pour la première, et à Hongkong puis en Suisse pour la second », précise l’article. Si Aymeric Chauprade dément et prétend être victime d’une « usurpation d’identité », le chiffre d’affaires est quant à lui éloquent : sa société de conseil a en effet vu son chiffre d’affaires plonger précisément en 2009, année où il a créé ces sociétés offshores. Et c’est lorsqu’il se présente comme tête de liste pour le FN pour les européennes en 2013 (avec donc la perspective d’une déclaration d’intérêts) qu’il demande la dissolution de sa société Hongkongaise. Le hasard fait bien les choses…

Entre temps, l’ancien conseiller de Marine Le Pen a été exclu du Rassemblement National, milite pour l’union des droites et semble sur Twitter s’enthousiasmer de la candidature de Eric Zemmour. Alors que la révélation des ressorts de l’évasion fiscale généralisée, n’en a pas fini d’éclabousser la classe politique française et internationale, ce premier nom illustre de manière éloquente ce qu’est l’extrême-droite. Bien loin d’être « anti-système », comme elle le prétend depuis quarante ans, c’est du côté des classes dominantes et de l’évasion fiscale qu’elle se situe, partie intégrante du système qu’elle prétend combattre mais vis-à-vis duquel elle ne cesse de multiplier les gages qu’il s’agisse de Zemmour ou de Marine Le Pen.




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