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Politique

Police partout, santé nulle part

Extensions locales du couvre-feu. Le gouvernement persiste dans sa gestion répressive de la crise sanitaire

Ce mardi Olivier Véran a annoncé l’extension locale du couvre-feu à partir de 18h pour les territoires les plus touchés par le rebond épidémique. Encore une fois, le gouvernement répond à la crise sanitaire par de nouvelles mesures policières.

mercredi 30 décembre 2020

Olivier Véran au JT de 20h sur France 2 le 29 décembre

« Ce que nous écartons, c’est l’idée d’un confinement généralisé ou local. En revanche, nous allons proposer une extension du couvre-feu, de 20 heures à 18 heures, dans les départements où le taux d’incidence serait au-dessus du niveau national », voici en substance la principale mesure annoncée par Olivier Veran mardi soir sur France 2 suite au conseil de défense convoqué par Emmanuel Macron.

Depuis plusieurs jours, des élus de régions particulièrement touchés par l’épidémie montaient au créneau pour défendre des reconfinements locaux face au retour en force de l’épidémie. Cela concerne principalement 4 régions et départements : le Grand-Est, la Bourgogne Franche-Comté, l’Auvergne Rhône-Alpes et les Alpes-Maritimes. Au final c’est le renforcement local du couvre-feu avec son extension à 18h qui a été décidé et qui pourrait toucher principalement les départements de ces régions.

Dans le même temps, alors que les spécialistes de santé prédisent une augmentation des contaminations dues aux fêtes de fin d’années, Gérald Darmanin a d’ores et déjà annoncé la couleur pour le nouvel an. Le premier flic de France a donné carte blanche aux préfets et aux autorités locales pour réprimer le soir du 31 décembre. Un important dispositif répressif va ainsi être déployés pour la soirée du nouvel an avec près de 100.000 policiers et gendarmes mobilisés. Ce dispositif va comme toujours cibler principalement les quartiers populaires, mais aussi les centre villes. Face à au rebond épidémique, c’est encore une fois la matraque que le gouvernement préfère, faute de moyens supplémentaire alloués aux hôpitaux, aux dépistages et à la santé publique en général.
 

Retour en force de l’épidémie : vers une 3ème vague en janvier ?

 
Les indicateurs de la crise sanitaire repartent actuellement à la hausse. L’objectif affiché d’une réduction des cas quotidiens à 5.000 contaminations par jour au moment du déconfinement de décembre est aujourd’hui bien loin. A la mi-décembre le nombre de nouveaux cas oscillait plutôt entre 10.000 et 15 000 par jour. Selon les chiffres donnés par Santé Publique France, depuis le mois d’août se sont 32 481 personnes qui sont mortes du virus contre 30 265 au moment de la première vague entre février et juillet. Soit un total de 62 746 décès. Et alors que la seconde vague est d’ores et déjà plus meurtrière que la première, la tendance ne va pas en s’arrangeant.

C’est par des mesures de confinement partiel telles que le couvre-feu ou la restriction des échéances sociales pendant les fêtes de fin d’années que le gouvernement a tenté de couper la poire en deux, entre l’impératif d’éviter une saturation trop importante des hôpitaux et celui de ménager le moral de la population et surtout de l’économie pendant les vacances de Noël. Car Emmanuel Macron sait qu’il joue là sa réélection. Ainsi même si l’extension du couvre-feu à 18h sera encadré selon les critères nationaux d’évolution de l’épidémie fixés par le gouvernement, laisser le soin aux autorités locales comme les préfet de l’annoncer à la population en fonction des régions permet à l’exécutif de se ménager face à l’opinion publique qui supporte de moins en moins les mesures de confinement et la crise sanitaire qui dure, comme en témoigne l’explosion des idées complotistes.

Toutefois, malgré la manœuvre de Macron pour tenter de gagner du temps, sur le fond l’absence de stratégie sanitaire à la hauteur demeure. Malgré le début d’une campagne de vaccination à l’efficacité pour le moment incertaine, les spécialistes de santé prévoient une explosion des cas détectés dès la rentrée. La faute au brassage de population pendant les vacances scolaires et les fêtes, et surtout à l’absence de dépistage massif et de traitement efficace des cas positifs.

En attendant les résultats du vaccin… La répression comme seule réponse à l’épidémie

 
Ces chiffres et ce rebond épidémique, témoignent donc bien que loin d’avoir appris de ses erreurs et d’avoir préparé la seconde vague, le gouvernement a continué de mener une politique sanitaire chaotique et criminelle. Une politique sanitaire qui a été consciemment orientée pour continuer de faire tourner l’économie et garantir les profits du patronat, au détriment de la santé de la majorité de la population.
 
Depuis la découverte et la commercialisation d’un vaccin, l’exécutif mise absolument tout sur la vaccination pour enrayer l’épidémie. L’objectif est d’arriver à vacciner l’ensemble des personnes les plus à risques, soit près de 22 millions de personnes. Mais comme l’explique le président du conseil scientifique Jean-François Delfraissy dans les colonnes du Parisien, « l’arrivée des vaccins n’aura pas d’impact sur le premier trimestre 2021 et très peu sur le deuxième ».

Et en attendant… rien si ce n’est des mesures répressives comment en atteste cette extension localisée du couvre-feu et l’intensification du déploiement policier qui va avec. De plus, l’agenda austéritaire du gouvernement n’a pas été freiné par la crise sanitaire, loin de là. A rebours d’une réelle gestion de la crise sanitaire, l’hôpital public continue d’être démantelé. Ainsi, depuis le début de la crise, des lits d’hôpitaux continuent d’être supprimés par centaines.

Face à la gestion erratique de la crise sanitaire par le gouvernement, il est impératif d’imposer un programme sanitaire d’urgence. Un programme à rebours des politiques liberticides du gouvernement, qui pose comme principales mesures des embauches massives et sous statut dans les hôpitaux avec la création de lits supplémentaires. Auquel doit s’ajouter une véritable stratégie de dépistages massifs et de prévention à échelle nationale. Seul un tel programme, dont les travailleurs et les classes populaires en lien avec les professionnels de la santé pourront s’emparer, permettra de venir à bout de la crise sanitaire et endiguer l’épidémie en faisant passer nos vies avant les profits des grands capitalistes.




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