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Extrême-droite : des personnes LGBT et un prêtre agressés par des soutiens de Zemmour à Lille

Samedi dernier à Lille, plusieurs personnes ont été victimes d’agressions par des militants de "Génération Z". Chauffés par le meeting, les jeunes partisans de Zemmour s’en sont pris à plusieurs clients de deux bars et ont bénéficié de l'indulgence de la police...

lundi 4 octobre

Crédits photo : Instagram Génération Z

Ce week-end, le Grand Palais de Lille accueillait Eric Zemmour, potentiel candidat d’extrême-droite à la présidentielle, pour un meeting qui a réuni un millier de ses sympathisants. Dans la suite de la soirée, les militants de la Génération de Z, chauffés par la venue du polémiste d’extrême-droite, ont commis plusieurs agressions dans le centre de Lille.

La première agression aurait eu lieu vers 22h, au Redlight District, un bar LGBT+ situé au Nouveau Siècle. Dans Lille Actu, une personne témoin des événements raconte : « L’ambiance était super, nous dansions tous, puis, il y a eu une bagarre entre deux femmes. Nous avons voulu les séparer  ». C’est dans un deuxième temps que les témoins ont remarqué que la jeune femme portait un T-shirt floqué d’un « Zemmour Président », revendiquant ainsi le polémiste ouvertement homophobe dans un bar LGBT+.

La victime de l’agression a ensuite expliqué avoir reconnu son agresseuse sur une photo prise la veille au Grand Palais et lui avait demandé « ce qu’elle faisait au Redlight au vu des positions de Zemmour sur les LGBTQI ». L’agresseuse aurait ainsi tenté de la frapper, accompagnée de plusieurs hommes qui « portaient un T-shirt pro-Zemmour », ce qui aurait fait monter le ton dans le bar. La personne témoin des événements déclare à Actu Lille que « les pro-Zemmour étaient provocants, insultants. Ils cherchaient manifestement la bagarre ». Les militants de « Génération Zemmour » ont ensuite été expulsés du bar, tout en continuant à provoquer les videurs à l’extérieur.

Dans la continuité de cette soirée, trois personnes ont également subi la violence de l’extrême-droite. Aux alentours de minuit, un moine se trouvant au bar le Kremlin, dans le Vieux-Lille, avec trois amis, assure sur Twitter que l’un d’eux a reçu une gifle « sans aucun motif » par un membre d’un groupe clairement identifiable par des t-shirts siglés « Génération Zemmour ». « Ses copains l’entourent, cherchant manifestement la bagarre. Malgré leurs coups répétés, aucun d’entre nous n’est là pour ça, et on cherche à apaiser les choses. L’un de mes amis, naïvement, s’imagine que ma qualité de prêtre calmera les ardeurs guerrières de cette jeunesse éprise d’histoire de France ; mauvaise pioche, cela ne me vaut que des injures aussi vulgaires que banales » déclare-t-il.

Les forces de répression sont intervenues sur les lieux des agressions mais les agresseurs n’ont pas risqués d’être inquiétés. Au contraire même, les policiers ont même fait en sorte qu’ils s’en sortent bien. Le prêtre victime de l’agression au bar du Kremlin s’est ainsi vu opposé la réponse suivante à l’arrivée des forces de police : « oh, vous auriez dû vous battre. Et qu’est-ce qui vous fait penser que les partisans de Zemmour sont d’extrême-droite ? ». Concernant l’agression contre les personnes LGBT, un policier du secteur explique dans le journal Actu.fr qu’il ne s’agit que de « faits habituels de bagarre au niveau de certains bars, comme il y en a tous les soirs ».

Plus tôt dans la journée, lors du meeting, les forces de l’ordre s’étaient déjà montrée très complaisante envers le polémiste d’extrême-droite. Comme le rapporte Eliott Biget, jeune photographe lillois, sur Instagram ->https://www.instagram.com/eliottbiget/] : « En tout et sur une distance de 100m, c’est 4 contrôles de police à la suite : contrôle d’identité et remise en question de notre présence à des fins journalistique. La voie publique nous a été interdite, et nous avons dû contourner les barrages de la police pour espérer nous approcher de l’événement. Au final nous n’avons pas pu capter des images des sympathisants. (...) On peut se demander si cette mise à l’écart et surveillance de la presse n’est pas une demande particulière du Commissaire Papineau, présent sur place et reconnaissable sur la deuxième photo ». Ce dernier, particulièrement connu pour ses méthodes répressive contre les mouvements sociaux n’est sûrement pas étranger au dispositif de sécurité impressionnant mis en place pour accueillir Eric Zemmour.

Ces violences de militants d’extrême-droite prennent place alors que le polémiste et ses propos ultra-réactionnaires sont surmédiatisés ces dernières semaines. Le polémiste potentiel candidat bénéficie d’un véritable boulevard médiatique alors que son dernier livre La France n’a pas dit son dernier mot, qu’il est venu présenter à Lille ce week-end, brasse les thématiques de l’insécurité, de l’islamophobie, de la haine contre l’immigration, du sexisme et de la xénophobie qui ne peuvent qu’alimenter les violences d’extrême-droite.

Des violences facilitées par un contexte réactionnaire plus large, entretenu par le gouvernement, la droite, l’extrême-droite et une partie de la gauche. Face à eux, il est primordial de s’organiser pour combattre l’extrême-droite et de porter un discours et une candidature qui soit en rupture radicale avec la politique de Zemmour comme l’est la campagne de Anasse Kazib.




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