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Culture et Sport

Élections de février repoussées ?

FIFAgate : Platini entraîné dans sa chute par Sepp Blatter

La FIFA, instance suprême du football mondial, n'en finit plus de s'enfoncer dans la crise. Son président (Sepp Blatter), son vice président (Jérôme Valcke) et deux des candidats aux élections (Michel Platini et Chung Mong-Joon) sont tombés pour corruption ce jeudi tandis que le président intérimaire, le camerounais, Issa Hayatou, est lui aussi fortement soupçonné. Dans ce contexte, les élections de février 2016 risquent fortement d'être repoussées. Karel Venuvitch

vendredi 9 octobre 2015

C’est un séisme dans le monde du football. Sepp Blatter, l’homme aux multiples casseroles, son bras droit Jérôme Vacke et Chung Mong-Joon, candidat à la présidence de l’instance en février 2016, tous soupçonnés de corruption, notamment dans le cadre de l’attribution des coupes du monde 2018 en Russie et 2022 au Qatar, ont été interdits d’exercer toutes fonctions en rapport avec le football pour 90 jours. Même sentence pour Michel Platini, poursuivi depuis septembre par la justice suisse pour avoir perçu 1,83millions d’euros ... de son "ennemi" Sepp Blatter. L’UEFA, l’instance européenne présidée par l’ex-meneur de jeu de l’équipe de France, et le ministre des sports Patrick Kanner ont soutenu Platini à la suite de cette sanction du conseil d’éthique de la FIFA. Et comme si cela ne suffisait pas, Issa Hayatou, président de la CAF (Confédération Africaine de Football) a été intronisé président intérimaire ce jeudi. Si ce dernier assure qu’il fera tout à la hauteur", un ancien proche de Blatter estime que "c’est typique du système FIFA qu’un éléphant comme Hayatou prenne l’intérim". L’homme de 69 ans est lui aussi fortement soupçonné de corruption dans le cadre de l’attribution de la coupe du monde 2022 au Qatar. . En janvier2010, il avait chapeauté le congrès de la CAF à Luanda (Angola), un événement sponsorisé par le richissime émirat contre 1,8million de dollars en échange d’un précieux vote dans la course à l’organisation du mondial.

Des élections repoussées ?

La confédération asiatique (AFC) a demandé dès vendredi la tenue d’une réunion d’urgence du comité exécutif de la FIFA afin de faire face, et sauver les meubles, dans la plus grande crise traversée par l’instance. « Les circonstances sont exceptionnelles et c’est pourquoi il faut une réunion. Il n’y a qu’ensemble que nous pourrons surmonter ces temps difficiles », écrit le président de l’AFC et vice-président de la FIFA Salman ben Ibrahim Al Khalifa dans une lettre adressée à son homologue africain Issa Hayatou. La tenue de cette réunion d’urgence ne sera discutée que la semaine prochaine, le président intérimaire n’étant pas présent à Zurich ... Dans ce contexte explosif, les élections prévues le 26 février 2016 semblent sérieusement compromises, et ce report pourrait être prononcé le 20 octobre lors d’une réunion d’urgence du comité exécutif. Si tel est le cas, l’intérim du controversé Hayatou pourrait durer près de deux ans, le temps d’entendre les appels respectifs de Blatter et Platini et d’organiser de nouvelles élections.

Tous pourris ! Telle est la réaction que l’on peut avoir à la lecture de ces quelques lignes. Mais l’instance elle même est plongée depuis des décennies dans les affaires de corruption, que le système Blatter a soigneusement dissimulées.Et ce par les gigantesques profits engendrés par le football, au détriment non seulement du jeu mais aussi des classes populaires passionnées par ce sport. L’image dégagée par le président intérimaire, tout aussi pourri que son prédécesseur et que ceux qui envisagent de prendre place sur le trône, symbolise à quel point la FIFA, de par sa nature institutionnelle bourgeoise, ne peut se réformer dans l’intérêt du football, de ses passionnés et de ses pratiquants. Ce système a profondément ancré le modèle du foot-business, reléguant les valeurs de ce sport aux oubliettes.




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