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Politique

FN. Empêtrée dans les affaires, Marine Le Pen risque de perdre son immunité

Après s’être servie de son immunité de parlementaire européenne pour esquiver les questions de la justice française dans l’affaire des emplois fictifs du Front national, Marine Le Pen risque bien de la perdre. Le Parlement européen a validé la première phase de la levée de son immunité dans le cadre de l’affaire des tweets du FN contenant des photos d’exécutions de Daech, l’autoproclamé État islamique. La candidate xénophobe et nationaliste risque une sévère sanction. PAR L.P.

mercredi 1er mars 2017

LEVÉE D’IMMUNITÉ ET « AFFAIRE TWITTER »

À une large majorité, la commission des affaires juridiques du Parlement européen a voté la levée de l’immunité parlementaire de Marine Le Pen ce mardi 28 février. Ce vote intervient dans le cadre de l’enquête ouverte en France pour l’envoi, en décembre 2015, de tweets contenant des photos d’exécutions menées par Daech, notamment celle du journaliste américain James Foley. Voilà une nouvelle étape bien gênante dans les démêlés judiciaires de la ténor du FN.
La levée de l’immunité parlementaire, sous couvert de laquelle Marine Le Pen se permet de décliner des convocations judiciaires, pour être effective, doit être confirmée par le Parlement européen en séance plénière. Demandée par la justice française pour « diffusion d’images violentes », elle ne concernerait alors que les faits incriminés et ne s’étendrait par exemple pas encore à l’affaire des emplois fictifs du Front national au Parlement européen. Alors que les revenus parlementaires de Marine Le Pen sont déjà saisis dans le cadre d’une autre affaire, cette levée partielle d’immunité ne serait pas sans risque pour la meneuse d’extrême droite : simplement pour les charges pesant sur elle dans l’affaire des tweets, elle risque jusqu’à 75 000 euros d’amende et jusqu’à trois ans de prison. Il faut également rappeler que le député FN Gilbert Collard est lui aussi visé par une enquête pour « diffusion d’images violentes » après avoir posté des photos d’une des victimes d’exécution. Le bureau de l’Assemblée nationale a cependant refusé la levée de l’immunité parlementaire du sulfureux avocat frontiste.

LE FN EMPÊTRÉ DANS LES AFFAIRES

Marine Le Pen ne peut pas faire l’objet de mesure coercitive tant que son immunité parlementaire n’est pas levée et elle a bien montré qu’elle en profiterait tant que le Parlement européen n’y mettrait pas fin. Lundi 20 février, la police judiciaire perquisitionnait le siège du Front national. Mercredi 22, elle entendait deux assistants de Marine Le Pen soupçonnés d’emplois fictifs, avant d’en mettre une en examen pour recel d’abus de confiance, Catherine Griset, et de convoquer la candidate frontiste à une audition libre.
C’est alors que Marine Le Pen, sous couvert de son immunité parlementaire, a décrété ne se rendre à aucune convocation judiciaire avant le deuxième tour des législatives le 18 juin. Agitant des arguments visant à crier au complot, [elle réfute les faits dans cette affaire comme dans les autres. Outre l’affaire des tweets de Daech, le Front national est également englué dans l’affaire des emplois fictifs, mais aussi concerné par une enquête pour surfacturation de prestations à l’agence Riwal dans une affaire jumelle de l’affaire Bygmalion ; enfin Jean-Marie Le Pen est lui aussi visé par une seconde affaire d’emplois fictifs.




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