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Politique

Crise sanitaire

Face à l’autoritarisme sanitaire de Macron, opposons une stratégie pour vaincre le virus !

Alors qu'une quatrième vague se prépare, Macron a déclaré ne pas avoir « d’état d’âme », et ne pas vouloir « laisser la moindre chance au virus ». Mais les mesures annoncées amplifient la méfiance à l'égard du vaccin, élément pourtant central pour résoudre la crise, et relèvent plus d'une politique répressive faite de coup de comm' que d'une réelle stratégie de suppression du Covid-19.

vendredi 16 juillet

Manifestation de soignants à Paris, le 11 juin 2020. Crédit photo : AFP.

Un rebond épidémique prévu dès le mois d’août

Depuis le début de la pandémie, le gouvernement multiplie les revirements brutaux, et n’a jamais su proposer un plan de sortie de crise cohérent. Le dernier en date, l’allocution d’Emmanuel Macron lundi dernier prépare le terrain à l’obligation vaccinale et au renforcement des prérogatives du passe sanitaire. Le but avoué : vacciner à tour de bras la population en plein rebond épidémique causé notamment par l’émergence du variant Delta.

Le 13 juillet, 60% des contaminations étaient dues à ce nouveau variant, contre 20% à la fin du mois de juin. Par ailleurs, comme l’explique France Info l’agence européenne chargée des maladies s’inquiète d’une forte augmentation du nombre de cas de Covid d’ici le mois d’août. Elle annonce près de cinq fois plus de cas d’ici le 1er août. Dans plusieurs pays Européens, les gouvernements ont rétabli les mesures répressives, comme à Barcelone le couvre-feu. Les projections de l’Institut Pasteur sont tout aussi alarmantes, ce dernier prévoit des pics semblables à ceux de mars 2020 dès septembre. Comme l’explique le rapport des scientifiques : « Nos résultats suggèrent que la pression sur l’hôpital pourrait devenir importante dès le mois d’août ».

En France, si le gouvernement mise toutes ses cartes sur le vaccin, la préfecture a rendu le masque de nouveau obligatoire dans les Pyrénées Orientales où le taux d’incidence est passé à 200 cas pour 100 000 habitants. Hier, le Président a déclaré : « Alors qu’on a le vaccin, on ne peut pas prendre le risque de laisser la moindre chance au virus » et qu’il n’était prêt à aucun « état d’âme » pour sortir de la crise sanitaire. Pourtant, sa stratégie sanitaire est loin d’être en adéquation avec ce discours, et la défiance d’une partie de la population face à ces mesures n’est qu’une des conséquences de sa politique.

Macron sans « état d’âme » ou plutôt sans stratégie sanitaire cohérente

En effet, ces déclarations sont parfaitement hypocrites et criminelles, de la part du chef d’un gouvernement qui a depuis le début de la crise sanitaire multiplié les erreurs et les scandales dans sa gestion de l’épidémie. Entre les masques, les tests, le début de la stratégie vaccinale, le gouvernement a montré toute l’étendue de son incompétence depuis l’arrivée du Covid. Sans parler des derniers allers-retours en date.

En plein rebond épidémique, le gouvernement a par exemple décidé de rendre les tests PCR payants, soi-disant pour « encourager la vaccination plutôt que la multiplication des tests ». Alors que seul le traçage peut permettre d’avoir une vision scientifique de l’état d’avancée de la pandémie, cette mesure antisociale est parfaitement ahurissante. Par ailleurs, Olivier Véran a déclaré en début de semaine, comme le relevait le Huffing Post  : « Nous sommes partis pour lever l’obligation du port du masque là où le pass sanitaire s’applique ». Pourtant, le masque est un des seuls moyens efficaces d’éviter les contaminations y compris au sein des populations vaccinés qui sont beaucoup moins sujette aux symptômes graves mais peuvent toujours être contaminées et contagieuses. Par exemple, à Los Angeles où l’obligation de porter le masque a été levée, celle-ci va être remise en place en vue du nombre de cas.

Enfin, le pass sanitaire, sur lequel repose tous les espoirs du gouvernement, représente une véritable attaque anti-démocratique, en tant qu’il va donner accès à de nombreuses informations personnelles aux autorités et sera contrôlé par la police. Encore une mesure répressive donc, qui empêchera une partie de la population d’accéder à tel ou tel endroit et qui s’appliquera surtout aux plus précaires cette fois aussi : ceux qui ne peuvent pas prendre le temps de se faire vacciner, ceux qui n’ont pas les moyens de rater des jours de travail, ceux qui n’auront pas été informés, etc. Sans parler de l’obligation vaccinale, décrétée pour les soignants, pourtant en première ligne de la gestion de la crise sanitaire.
 

Tester, vacciner, lever les brevets, débloquer des moyens : une autre stratégie sanitaire est possible

Le Président tente de calmer le jeu après l’effet de ces dernières déclarations sur une partie de la population, en expliquant : « Une dictature ce n’est pas ça », à l’arrivée de la 18ème étape du Tour de France à Luz-Ardiden. Mais la défiance est bien normale après plus d’un an de stratégie « stop and go », sans aucun travail de prévention ou la mise en place de moyens pour les services publics. S’il est vrai que le vaccin est le moyen le plus efficace pour lutter contre la propagation du virus et éviter les formes les plus grave, il est normal après le chaos de la gestion gouvernementale, qu’une partie de la population soit défiante. Surtout après un quinquennat marqué par des mouvements sociaux, comme les gilets jaunes ou la lutte contre les attaques sociales (que continue de faire pleuvoir Macron).

Pourtant, toutes les études sont claires, comme celle du Dress (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) qui prouverait que 80% des cas positifs de Covid seraient des personnes non-vaccinées. Par ailleurs, il est assez clair que le vaccin, notamment Pfizer est efficace même face aux variants. Comme l’explique Le Monde : « En mai 2021, des travaux britanniques ont estimé son efficacité à 88 % contre les infections symptomatiques au variant Delta. Le mois suivant, deux équipes ont abouti à des chiffres similaires : des chercheurs écossais ont estimé cette efficacité à 79 %, tandis qu’une équipe canadienne a trouvé environ 87 % d’efficacité. »

A ce titre, à rebours de la stratégie répressive de Macron, les organisations se revendiquant du mouvement ouvrier doivent œuvrer à mettre en place des commissions de travailleurs de la santé en toute indépendance du gouvernement, pour chercher à convaincre du bien fondé de la vaccination plutôt qu’à contraindre, et pour mener à bien la campagne vaccinale en prenant en répondant aux besoins de la population et en particulier des plus précaires qui ont le moins accès aux soins et aux informations dans les quartiers populaires et les zones rurales.

Mais cette stratégie vaccinale devrait être combinée avec bien d’autres mesures que le gouvernement ne prend pas, comme la généralisation de l’accès aux tests - que Macron veut dérembourser à partir de l’automne -, la mise en place du masque gratuit, ou encore les moyens massifs pour les services publics et en particulier les hôpitaux, qui vont faire face à de nouvelles surcharges dans de courts délais. Au contraire, le gouvernement préfère réprimer les premiers de corvées, déjà exténués par des mois de pandémies, et qui pour certains finissent même par démissionner pour dire stop à la pression. Enfin, de la part d’un gouvernement qui s’est prononcé contre la levée des brevets sur les vaccins, seul moyen de permettre à la majorité de la population mondiale de se vacciner, jouer les premiers de la classe sur l’obligation vaccinale, est parfaitement hypocrite.




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