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Politique

Canicule

Face à la canicule : le manque de moyens criant des services publics de santé

Devant une vague de chaleur qui pourrait s'avérer historique en France, dans les hôpitaux et les services d’urgence, le manque de moyen financier et humain laisse présager le pire.

lundi 24 juin

Crédits photo : Maxppp / P. Pauchet

Cette semaine est attendu un épisode caniculaire particulier, de par sa précocité, les pics de température sont plus souvent atteints à la fin de l’été, et de par le cadre dans lequel il s’inscrit, un changement climatique qui entraîne des vagues de chaleur toujours plus fortes et nombreuses, “le recensement des vagues de chaleur depuis 1947 montre une nette augmentation de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur : elles ont été deux fois plus nombreuses au cours des 34 dernières années que sur la période antérieure” souligne Météo-France.

Devant cette situation, la ministre de la Santé Agnès Buzyn déplore la probabilité : “d’un épisode de canicule sévère, voire très sévère” et prévient : “l’inconfort sera supérieur à l’inconfort de 2003”. Pour autant, le gouvernement poursuit sa politique d’économie et de réduction de postes, lits disponibles, moyens et budgets alloués aux services publics de la santé. Ainsi depuis 2017, le ministère des solidarités et de la santé a perdu pas moins de 1 037 postes.

Alors que les hôpitaux et services d’urgences, en lutte depuis mars, continuent de tirer la sonnette d’alarme pour dénoncer le manque de moyens et de personnel, ils alertent aujourd’hui : “la canicule pourrait aggraver le malaise des services d’urgences”. Un malaise qui pourrait se doubler d’immenses difficultés matérielles à répondre à de fortes sollicitations des services publics de santé en cas de phénomènes exceptionnels et imprévus. “La crise de l’hôpital qui est une crise globale, que depuis maintenant plus de 10 ans, on traite comme si c’était une entreprise, avec un objectif de rentabilité. Donc il faut faire toujours plus avec des moyens qui doivent être contraints. On diminue les infirmièr.e.s, on ferme des lits. [...] Si on a une épidémie aiguë, on ne peut plus faire face. L’hôpital a fait face quand il y avait la canicule, quand il y avait l’épidémie de SIDA, là on ne peut plus faire face, on a plus la marge” résumait début juin le professeur au CHU de la Pitié-Salpêtrière André Grimaldi sur Europe 1.

Pour rappel, l’épisode caniculaire d’août 2003, alors considéré comme l’été “le plus chaud jamais observé depuis le début des relevés météo”, avait coûté la vie à 15 000 personnes en France. Le caractère précoce de la vague de chaleur attendue cette semaine multiplie les risques, l’activité économique étant toujours importante, “celles qui interviennent en début de saison conduisent à un taux de mortalité plus élevé. [...] En Europe, les vagues de chaleur qui sont intervenues en juin ont enregistré un nombre de décès plus élevé comparé à celles de la fin de l’été” relevait un rapport de l’OMS en 2015. On peut s’attendre à un nombre de décès très élevé, particulièrement chez les personnes âgées et c’est le gouvernement qui en sera responsable avec ses soupes bugétaires à répétition.

Face à l’obstination du gouvernement, qui subordonne nos besoins objectifs à des politiques d’austérités et de démantèlement des services publics, à leur tour, les pompiers disent leur “ras-le-bol” : “on nous demande de remplir de plus en plus de missions avec de moins en moins de moyens, en effectifs et en matériels. Nous sommes sous la conduite bicéphale d’un gouvernement qui impose des mesures nous contraignant à assurer des missions qui ne sont pas les nôtres et, de l’autre côté, nos employeurs, les conseils départementaux et les communes, qui n’ont plus les moyens de financer cette surcharge de travail”. En grève dès mercredi, les pompiers rejoignent ainsi ce mouvement de lutte qui s’étend sans cesse à toutes les branches du service public de santé, pour mettre un stop à la politique inconséquente du pouvoir en place.




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