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Politique

Face au risque de seconde vague, exigeons des tests et masques gratuits pour tous !

Depuis plusieurs semaines, le nombre de nouveaux cas de COVID-19 a augmenté jusqu’à atteindre les 1000 nouveaux cas ce jeudi, soit une augmentation de 26% sur cette dernière semaine et de 66% sur les trois dernières semaines. En attendant, les masques ne sont toujours pas gratuits alors que la seconde vague se profile de plus en plus.

vendredi 24 juillet

Crédits photo : JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Depuis plusieurs semaines, le nombre de nouveaux cas de COVID-19 a augmenté jusqu’à atteindre le nombre de 1000 ce jeudi. Selon Le Monde, cette dernière semaine a vu le nombre de cas augmenter de 26% et les services de réanimation n’observent plus la baisse continue de patients observée depuis la mi-avril. D’après Santé publique France, la transmission du virus est “en augmentation pour la troisième semaine consécutive”, le nombre de cas détectés correspondant à “une augmentation de +66% sur trois semaines” selon les chiffres du ministère de la santé. Dix nouveaux foyers épidémiques ont été constatés, pour un total de 209 actifs sur toute la France.

Face à cette reprise de l’épidémie, le gouvernement montre une fois de plus son impréparation totale et opte pour la culpabilisation individuelle. Alors que c’est bien lui qui a banalisé l’épidémie à coups de “Il va falloir apprendre à vivre avec le virus” pour ensuite estimer que le gros de l’épidémie était derrière nous et accentuer la remise en marche de l’économie, le gouvernement prône la responsabilité individuelle et faire peser le poids de cette culpabilité sur les épaules de la population. Ainsi, le 10 juillet, Olivier Véran fustigeait “un relâchement de certains comportements”.

Plus encore, le gouvernement reitère une gestion autoritaire de l’épidémie en rendant obligatoire mais onéreux les masques. Si à l’aune de la courbe épidémique il semble nécessaire à la protection de la population que chaque personne puisse se doter d’une telle protection, celle-ci doit être gratuite pour pouvoir bénéficier à la majorité. Plutôt que de sanctionner de 135€ les personnes qui ne respectent pas cette mesure, il s’agirait pour le gouvernement d’instaurer la gratuité des masques pour tous et d’en finir avec les cadeaux faits à la grande distribution, grande gagnante de la première vague. En définitive, cette seconde vague qui se profile de plus en plus montre une fois de plus l’impréparation totale du gouvernement ainsi que ses priorités.

La seule réponse du gouvernement face au spectre de la seconde vague a été de convoquer ce vendredi un nouveau conseil de défense pour “étudier de nouvelles mesures”, parmi lesquelles la fermeture des frontières et la question des tests. D’une part, il a déjà été démontré que la fermeture des frontières était tout sauf une mesure efficace pour lutter contre le coronavirus. Marine Le Pen s’était déjà emparée de la question en février en prônant le renforcement des contrôles à la frontière italienne. Mais comme l’a montré l’exemple de la Russie, qui malgré la fermeture de ses frontières a dû faire face à de nombreux cas, mais aussi et surtout celui de l’Europe, qui a été un des épicentres de l’épidémie, la fermeture des frontières n’a pas été utile au ralentissement de l’épidémie. Au niveau mondial, la pandémie de COVID-19 a mis en lumière les dégâts causés par des décennies de politiques néo-libérales destructrices de service public, en particulier de la santé. Alors que l’épidémie a particulièrement touché l’Amérique du Sud, faisant plus de 15 millions de cas dans le monde, il devient urgent de débloquer des budgets pour les hôpitaux et d’annuler les dettes des pays coloniaux et semi-coloniaux face à la deuxième vague qui arrive.

Quant à la question des tests, Édouard Philippe nous avait déjà promis le 28 avril qu’au 11 mai il y aurait 700 000 tests par semaine. Résultat, trois mois plus tard, l’objectif des 700 000 tests n’est même pas atteint, avec 380 000 tests effectués la semaine dernière. Et encore, ces chiffres ne sont même pas certains, puisque le 11 mai, une enquête de la Cellule investigation de Radio France, affirmait : “En agrégeant les données publiques disponibles, 149 800 tests virologiques ont été réalisés la semaine 18 (du 27 avril au 3 mai 2020) en France. Très loin donc des 300 000 tests avancés par la direction générale de la Santé.”

En fin de compte, le gouvernement montre une fois de plus son impréparation totale face à la seconde vague qui nous attend. Entre répression et “relance” de l’économie à coups de licenciements, la gestion catastrophique de la crise n’est pas loin d’être terminée. Pour que la seconde vague ne soit pas aussi meurtrière que la première, nous devons exiger une campagne de tests massifs qui soit réellement effectuée pour contrôler l’étendue de l’épidémie et protéger en amont, ainsi que répondre aux revendications des soignants qui sont descendus dans la rue pour exiger plus de lits, des embauches massives ainsi que plus de matériels et une augmentation généralisée des salaires. En ce sens, le Ségur de la santé n’est qu’une vaste mascarade qui, sous couvert d’une ridicule augmentation de salaire, prépare d’autres attaques encore pour attaquer les conditions de travail des soignants et libéraliser encore plus l’hôpital.




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