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Face au deuxième tour des législatives : communiqué de Révolution Permanente

Dimanche dernier, Macron essuyait un revers au premier tour des législatives. Et si la NUPES est arrivée en tête, c'est l'abstention qui l'emporte en atteignant un record historique. Ce dimanche aura lieu le 2ème tour dont Macron sortira dans tous les cas affaibli. Communiqué de Révolution Permanente.

vendredi 17 juin

Dimanche dernier, Macron essuyait un revers au premier tour des législatives. La coalition présidentielle réunissant Renaissance (ex-LREM), Horizons et le MoDem n’est en effet arrivée qu’en deuxième place nationalement et se voit menacée de n’obtenir qu’une majorité relative. Une véritable gifle alors que 5 ans auparavant les candidats de LREM arrachaient à eux seuls 308 sièges.

Ceci implique qu’il aura dans tous les cas la nécessité de s’appuyer systématiquement sur ses alliés de droite pour passer ses lois. Macron entendait zig-zager pour éviter les explosions sociales, il va devoir gouverner à nouveau à droite.

Face à Macron, la NUPES est arrivée en tête du premier tour et va devenir la principale opposition à l’Assemblée nationale. Le pari de Mélenchon de rassembler la gauche institutionnelle derrière lui a été un succès sur ce plan, alors que 368 candidats de la NUPES seront au deuxième tour ce dimanche. Un succès nuancé cependant par le fait que le score électoral de l’ensemble des forces de gauche se maintient au même niveau que 2017, ce qui indique que la dynamique du 1er tour des présidentielles ne s’est pas maintenue notamment en ce qui concerne la mobilisation du vote des jeunes ou habitant·e·s des quartiers populaires.

C’est ainsi l’abstention qui, atteignant un record historique aux législatives avec 53%, aura pris le dessus, illustrant le discrédit grandissant des institutions de la Vème République.

Du côté de Mélenchon et de l’Union Populaire, le succès relatif a été obtenu au moyen d’une alliance avec des organisations ayant maintes fois prouvé qu’elles étaient des ennemis des intérêts des travailleurs et des classes populaires, comme le PS ou EELV.

Le choix d’une politique de conciliation avec ces organisations se reflète dans les 33 « nuances » dévoilées dans le programme « commun ». Ainsi, des mesures comme la mise en place d’une commission sur les violences policières, l’interdiction des licenciements économiques conditionnée, la nationalisation des banques, ont été mises en suspens pour ne pas froisser les partenaires de l’UP au sein de la NUPES. Si au nom d’un accord électoral avec une gauche moribonde on met déjà sous le tapis des mesures déjà minimales, que se passera-t-il dans le cas d’un gouvernement de cohabitation (et donc de compromis) avec Macron ?

Cela en dit long sur le projet profond de l’UP et de la NUPES : construire une nouvelle gauche de gouvernement, loyale aux institutions. Une union de la gauche dont nous avons pourtant fait l’expérience à de multiples reprises, et dont la fonction politique est la même que les coalitions du même type qui l’ont précédée dans l’histoire, de l’Union de la gauche 1981-84 à la Gauche plurielle de 1997-2002. Au nom de lendemains électoraux qui chantent, toutes avaient pour objectif de canaliser les luttes sur le terrain institutionnel et de les freiner, générant par la suite une démoralisation des forces ouvrières et populaires dont nous payons encore aujourd’hui les conséquences.

Nous comprenons que ce « retour de la gauche » puisse susciter un certain espoir au sein de secteurs de notre classe face à la perspective d’un nouveau quinquennat Macron ou une extrême-droite qui se renforce. Mais le caractère de collaboration de classes de cette union, aggravé par son élargissement à des organisations comme le PS et EELV, rend tout appel au vote national pour la NUPES, même critique, impossible de notre point de vue.

La seule exception que nous faisons concerne des candidatures comme celle de Rachel Kéké, femme de chambre et figure de la grève des Ibis Batignolles qui a fait plier le groupe Accor. Celle-ci est arrivée en tête au premier tour dans le Val-de-Marne et affrontera au deuxième tour une ancienne ministre de Macron. De telles candidatures expriment, malgré le projet de la NUPES, une voix ouvrière et l’expérience de nos luttes sur le dernier quinquennat. Si elles se comptent sur les doigts d’une main malgré plus de 500 investitures, nous appelons à les soutenir dans le sens de rappeler que c’est principalement sur le terrain des luttes qu’elles incarnent qu’une réelle opposition à Macron peut se construire, à des années-lumière de l’impuissance des « guérillas parlementaires ».



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