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Monde

Pas de police dans nos quartiers

Face au reconfinement, des milliers d’habitants des quartiers sud de Madrid prennent la rue

Des mobilisations se sont déclenchées suite au confinement de classe et réactionnaire imposé par la présidente de Madrid qui confine les quartiers du sud de Madrid, les plus populaires. Des milliers de travailleurs ont rempli les rues pour protester pendant plusieurs jours devant les mairies de quartier. Ils dénoncent les mesures inefficaces et discriminatoires mises en place par le gouvernement ainsi que les décennies d’attaques néolibérales.

mardi 29 septembre

Crédits photo : Lucía Simón Montenegro

“Ce n’est pas un confinement, c’est la lutte de classes”

“Ce n’est pas notre mode de vie, c’est la précarité” ou “Vive la lutte de la classe ouvrière”, voici quelques slogans que l’on pouvait entendre dans les rues du sud de Madrid ce week-end, dans les mobilisations convoquées par différentes associations de quartiers et organisations sociales sous le mot d’ordre “On arrête Madrid pour la dignité”.

Suite au confinement de classe et discriminatoire imposé par la présidence de Madrid, des milliers d’habitants sont sortis dans les rues au cri “d’Ayuso [présidente de Madrid] démission”. Ils se mobilisent contre le gouvernement local, mais pas seulement, ils dénoncent aussi les décennies de politiques néolibérales ainsi que la logique criminelle avec laquelle le gouvernement national gère la pandémie.

La première manifestation a eu lieu vendredi dernier, suite à l’annonce de confinement, qui s’est appliqué dès ce lundi. Des milliers de personnes sont sorties dans les rues de chaque quartier où le confinement était annoncé. Un confinement “sélectif” qui vise à restreindre la mobilité des quartiers avec les indices de contamination les plus élevés, à savoir les quartiers ouvriers et populaires les plus touchés par la précarité, le chômage, la manque de logement et la destruction de la santé publique.

Dimanche dernier, la même scène s’est répétée dans l’ensemble des quartiers sud confinés mais aussi dans d’autres quartiers du centre-ville où les habitants sont sortis en solidarité des habitants confinés. Il s’agit d’une première réponse de ceux et celles qui ont dû vivre, non seulement une multiplication du nombre de contagions dans leurs quartiers, mais aussi toute la campagne, classiste, répressive, raciste et xénophobe, qui vise à culpabiliser les travailleurs et spécialement les personnes migrantes et leur faire porter la charge de la gestion catastrophique du gouvernement.

C’est À Vallecas que les mobilisations ont été le plus importantes. Un rassemblement s’est tenu en face du parlement madrilène où les policiers ont réprimé les manifestants. “Plus de moyens pour la santé et moins de police” a été un des slogans les plus entendus pendant la journée. La police a chargé la jeunesse du quartier qui se mobilisait pour des meilleurs services publics et pour une vie digne, contre les expulsions et les licenciements, qui touchent de plein fouet leurs parents. “On nous culpabilise du virus, de la crise du Covid. Les travailleurs nous sommes très en colère et fatigués de devoir toujours porter sur nos dos les conséquences des crises…” expliquait Elena Ortega, militante contre la répression au quartier de Vallecas. “Les mesures mises en places sont purement classistes, elles ont uniquement un but répressif et ne permettent pas d’endiguer la pandémie”, déclarait un jeune au journal La Izquierda Diario, membre du même réseau international que Révolution Permanente.

Plusieurs jeunes manifestants ont été blessés par la police et mis en garde à vue, ce qui a augmenté la contestation dans les quartiers. La présidente de Madrid veut imposer sa politique réactionnaire à travers le renforcement de l’appareil policier, offert généreusement par le gouvernent “progressiste” de PSOE et Unidas Podemos. C’est à travers de cette mesure que la police gagnera d’autant plus d’impunité dans les quartiers populaires. La seule manière de riposter face à ça consiste à continuer de se mobiliser, pour pouvoir s’organisation à la base, en articulant les différentes initiatives dans les différents quartiers.

La CRT, courant frère du NPA-Révolution Permanente, est intervenu dans les journées de mobilisations. Ils exigent des mesures d’urgence et appellent à construire des assemblées populaires et des comités dans tous les quartiers, centres de santé, lieux de travail et d’études pour coordonner la lutte à la base, tout en exigeant aux syndicats, principalement UGT et CCOO de rompre leur passivité et de mettre en place un plan de bataille à la hauteur. Ils leurs exigent notamment de convoquer une grève générale métropolitaine pour mettre à bas le plan réactionnaire et classiste du gouvernement de la capitale.




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