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Face aux variants et à la remontée de l’épidémie : la stratégie vaccinale du gouvernement mise à mal

Malgré l’optimisme affiché par Castex, le gouvernement peine à cacher l’échec du couvre-feu et son incapacité à maîtriser l’épidémie face à des variants qui ont changé la donne sanitaire, en arrière fond les nombreux errements sur les vaccins posent une nouvelle fois question.

vendredi 26 février

Crédits photo : AFP

Alors que le gouvernement ne cessait d’afficher confiance et son auto-satisfaction, se laissant même aller à présenter Emmanuel Macron comme l’égal des scientifiques, lui qui allait « finir épidémiologiste ».

Jean Castex a bien du le concéder jeudi soir lors de sa conférence de presse : la tendance est mauvaise, au point de dépasser les 30 000 cas de contamination mercredi 24 février, niveau de contagion que l’on avait pas connu depuis novembre. Face à une situation épidémique qui ne cesse de s’empirer, les variants ayant encore empiré la situation sanitaire, le gouvernement a du quelque peu changé sa position, proposant désormais des mesures plus sévères, avec un confinement le week-end à l’étude dans 20 départements français. Dans cette situation, le gouvernement peine à masquer l’échec criant du couvre feu. La montée des contaminations mais aussi l’ouverture de procédures locales de confinement comme à Dunkerque ou Nice qui ne ce sont pas montrés efficaces, rendent inéluctable un troisième confinement que le gouvernement commence à préparer.

L’apparition des variants a encore empirée la situation sanitaire, en effet, à Dunkerque, ville qui connaît le plus haut pic épidémique en France : 901 cas pour 100000 habitants, désormais sous confinement le week-end, taillé sur mesure pour les intérêts du patronat, 71% des cas sont dus aux variants anglais. Encore plus inquiétant, le variant sud-africain est présent massivement dans les départements de Moselle, et de Mayotte, alors qu’il est beaucoup plus résistant face aux différents vaccins.. Alerté par les scientifiques sur la dangerosité de ces variants qui font l’effet d’une « deuxième épidémie » selon le président du Conseil Scientifique, le gouvernement a préféré attendre, pour éviter à tout prix de bloquer l’économie, le tout sur une stratégie vaccinale très discutable.

Devant l’échec du couvre-feu, le gouvernement insiste en effet ces derniers jours sur la solution que représente la vaccination. L’argument de la vaccination sert d’abord largement de contre feu : à l’heure ou 2% de la population est vaccinée et à que les multiples errements ont rendu très lente la campagne de vaccination. De fait pour l’instant, la vaccination ne change en effet rien au problème des patients déjà infectés et dont le nombre croissant menace d’ores et déjà les hôpitaux de saturation, comme c’est le cas dans de nombreux centres hospitaliers de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne

La stratégie de vaccination mise à mal par l’irrationalité capitaliste

Mais si la vaccination est bien nécessaire pour endiguer l’épidémie, cette dernière se heurte de plus aux logiques absurdes de la production capitalistes. En dépit de toute rationalité, des vaccins que l’on sait et que l’on peut produire connaissent d’importants retard de livraison. Après le vaccin Moderna, dont la production a été réduite de 25% par rapport à ce qui y était prévu initialement, c’est ainsi au tour d’Astra Zeneca de réduire de moitié le nombre de doses qu’elle avait promis de vendreà l’Union européenne .La stratégie de vaccination du gouvernement à l’heure où seule 4% de la population a été vacciné est donc face à de nombreuses impasses : empêtré dans une logique de profit, il est à prévoir que le gouvernement opte donc pour de nouvelles mesures de privation de liberté. Une stratégie qui a pourtant déjà montré qu’elle nous poussait droit dans le mur, sans un véritable programme d’urgence qui nous permette de sortir de la crise.

Face à la gestion catastrophique du gouvernement, et son incapacité à proposer une sortie de crise à travers la vaccination : il faut exiger l’abolition des brevets et des vaccins pour toutes et tous. Confronté à une pandémie mondiale que le capitalisme est incapable de gérer, il est temps d’exiger la mise sous contrôle ouvrier de l’industrie pharmaceutique, comme le revendiquent par exemple les salariés de Sanofi, en grève contre une direction tournée vers ses intérêts économique plutôt que vers la santé de la population.. Plus globalement c’est un plan massif d’embauche et de mise à dispositions de matériels pour l’hôpital public, dépouillé par des décennies de politique austérité qu’il faut mettre en place.




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