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Politique

Pourquoi manifester le 1er mai ?

Faire du 1er mai une démonstration de notre détermination !

La mobilisation des gilets jaunes dure depuis cinq mois. Dans le même temps, de nombreux secteurs du monde du travail connaissent un regain de combativité importante. Ce 1er mai pourrait-t-il devenir un premier vrai « tous ensemble » ?

lundi 29 avril

Crédit photo : Xavier Leoty / AFP

L’acte 24 des gilets jaunes a été l’occasion d’amorcer, enfin, une convergence entre syndicats, organisations politiques et gilets jaunes, à une échelle nationale. C’est donc dans le contexte d’un mouvement social historique, qui dure depuis plus de cinq mois, d’une colère populaire latente que va avoir lieu ce 1er mai, fête internationale des travailleurs. Dans de nombreux secteurs, les grèves se multiplient comme dans la santé ou dans l’éducation à laquelle Macron et Blanquer ont décidé de s’attaquer.
 
A l’heure où Macron et le patronat lance une offensive pour nous faire travailler plus, pour qu’ils gagnent plus, ce 1er mai doit être une démonstration de notre détermination pour les faire plier ! Si les directions du mouvement ouvrier organisé ont freiné des quatre fers pour empêcher la jonction avec les gilets jaunes, sur le terrain de nombreux syndicalistes combatifs et des militants politiques ou associatifs font déjà cause commune avec le mouvement des gilets jaunes. Le 1er mai doit être l’occasion d’enfoncer le clou, de défiler massivement, tous ensemble, avec l’optique de continuer ce combat et de se donner les moyens de le remporter.
 
Depuis trois ans, le 1er mai connaît une nouvelle vigueur. Une journée, symbole historique des luttes du mouvement ouvrier international, qui respire aussi au rythme des luttes actuelles. Ainsi, depuis le 1er mai 2016 on ne peut que constater un regain d’intérêt pour cette journée de manifestation, devenue depuis des années un folklore militant.En 2016, il y avait la lutte contre la Loi Travail, puis en 2017 en plein second tour des milliers de personnes ont refusé le chantage électoral aux cris de « Ni Le Pen, ni Macron », jusqu’au 1er mai dernier qui a eu lieu en pleine bataille du rail et étudiante, dans un contexte de colère des retraités, de la santé et de première vraie confrontation du monde du travail à Macron. Cette volonté d’en découdre s’est aussi exprimée par une forme de manifestation renouvelée, qu’a été le cortège de tête, influencé par la mouvance autonome mais aussi investi par des travailleurs, syndicalistes ou non, en recherche d’une radicalité dont ils étaient privés. Si les médias avaient mis la focale sur les black blocs qui avaient alors incendié un McDo à Paris, et bien que nous ne partagions pas les réflexions stratégiques qui sous-tendent à ces pratiques, force est de constater que les cortèges de tête bien plus massifs qu’à l’accoutumée des derniers 1er mai souligne un retour d’une certaine radicalité.
 
Ce jour-là, on ne le savait alors pas encore, mais un certain Alexandre Benalla, accentuait à coup de poings la crise d’un régime qui couvait. Ce même jour, Gérard Collomb mettait en garde les manifestants, en essayant selon la combine de les diviser entre « bons » et « mauvais », « casseurs » et les autres, que le droit de manifester pouvait être remis en cause. Un an plus tard où en sommes-nous ? Les gilets jaunes sont entrés avec fracas sur le devant de la scène. La répression policière et judiciaire tourne à plein, a été renforcé (et Benalla court toujours). Elle est un rempart essentiel pour le gouvernement qui n’arrive toujours pas à refermer la crise, même s’il s’est sorti la tête hors de l’eau par rapport à décembre : match nul pour ainsi dire.
 
Si la direction de la CGT et son secrétaire général Philippe Martinez n’a (toujours) pas appelé à la convergence ce samedi certaines fédérations et unions locales de la centrale de Montreuil étaient pourtant au rendez-vous. Une dynamique a pu être observée chez les gilets jaunes de se réserver des forces samedi dernier pour prioriser les manifestations du 1er mai. Les organisateurs des marches pour le climat appellent également à marcher mercredi. Autant de signes d’une volonté de convergence forte à la base, qui doivent maintenant se concrétiser, pour l’unité d’action et pour un mouvement ouvrier de combat, capable de gagner sur ses revendications politiques et économiques face au gouvernement, au patronat et à l’Etat. Il s’agirait que le mouvement ouvrier ou qu’un de ses secteurs puisse se joindre aux Gilets jaunes en contribuant ensemble à la construction du rapport de force face à Macron.
 
Ce 1er mai est une occasion de mettre à l’essai cette convergence. Il sera un signal fort, et un vrai test également attendu par le gouvernement qui n’espère que la baisse des mobilisations et redoute un réchauffement des luttes au printemps suite aux annonces de Macron, qui ont été à des kilomètres de l’effet « wahou » escompté. En perspective, d’ores et déjà, la journée du 9 mai, avec un appel de tous les syndicats à la grève dans la fonction publique où l’éducation nationale est très attendue et est une date sur laquelle s’appuyer pour étendre la mobilisation aux secteurs du privé, et la radicaliser. La radicaliser par les moyens de lutte mais aussi par le programme d’action. En s’organisant à la base entre toutes et tous et en refusant les calendriers perdants, soyons massivement dans la rue pour augmenter l’intensité de la lutte face à ce gouvernement !




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