^

Notre classe

Héros hier, réprimés aujourd'hui

Farida, une infirmière de 50 ans violemment interpelée, a passé la nuit en garde à vue

La vidéo de l’interpellation violente d’une infirmière, au cours de la manifestation parisienne des hospitaliers a fait un triste buzz sur les réseaux sociaux. Rouée de coups, tirée par les cheveux jusqu’au sang, alors qu’elle réclame sa Ventoline, le gouvernement et sa police ont démontré une nouvelle fois qu’ils répondraient à la lutte par la répression, même pour ceux qu’il qualifiait de « héros » il y a peu.

mardi 16 juin

Ce mardi 16 juin, en réponse au manque de moyen, de personnel mais aussi pour dénoncer la gestion de la crise sanitaire du Covid-19 par le gouvernement, d’importantes manifestations ont rassemblé des soignants en lutte et leurs soutiens dans toute la France. Hier applaudis tous les soirs par un gouvernement qui multipliait les hommages, leur accordait un statut héroïque, et les décorait de médailles, ce mardi sur la place des Invalides, ces mêmes soignants ont été accueillis par une pluie de lacrymo. Une façon bien singulière de remercier ceux qui durant ces 3 derniers mois se sont tués à la tâche pour sauver les milliers de malades du Covid-19 quand bien même en pleine pandémie ils devaient faire face à une pénurie en matériel et en personnel.

C’est une fois de plus par la répression que choisit de répondre le même gouvernement qui érigeait les soignants en héros il y a quelque semaines de cela. Sur cette vidéo on voit une femme, Farida, se faire interpeller, les genoux au sol elle réclame sa Ventoline face à une dizaine de policiers, impassibles devant sa demande. D’autre CRS l’encerclent rapidement pour cacher l’interpellation, et empêcher les personnes autour de filmer la violence de celle-ci. Rapidement, alors qu’elle dit être infirmière et faire de l’asthme, on voit les CRS plaquer sa tête contre le sol pour la menotter. Plus tard elle sera emmenée par deux policiers, on la retrouve la tête en sang, suppliant qu’on lui donne sa Ventoline.

Sa fille Imen Mellaz a publié sur twitter la vidéo de cette interpellation violente. Elle s’indigne face l’absurdité de cette interpellation et de la violence employée pour une infirmière de 50 ans venue réclamer une reconnaissance de son travail. Elle commente : « Cette femme, c’est ma mère. 50 ans, infirmière, elle a bossé pendant 3 mois entre 12 et 14 heures par jour. A eu le covid. Aujourd’hui, elle manifestait pour qu’on revalorise son salaire, qu’on reconnaisse son travail. Elle est asthmatique. Elle avait sa blouse. Elle fait 1m55."

Imen Mellaz, sur twitter fait le lien entre le meurtre d’Adama Traoré et l’interpellation de sa mère. Cette vidéo terrible témoigne du rôle répressif de la police dans les banlieues comme dans les manifestations. Une police qui matraque, violente et assassine.

Une répression qui ne s’arrête pas là, puisque l’infirmière passera la nuit en garde à vue. La CGT 94 a appelé en conséquence à un rassemblement immédiat en soutien à Farida devant le commissariat du 7eme arrondissement où elle est détenue en garde à vue.

L’avocat de Farida a pu s’entretenir 30 minutes avec l’infirmière. Il rapporte « qu’elle est traumatisée par son arrestation physiquement et moralement. Elle a plusieurs plaies a la tête, des bosses et des bleus, sa blouse est aussi tachée de sang. ». La famille de Farida a également réagi : " C’est une infirmière à bout, qui n’en peut plus, qui a 17 ans de service derrière elle, qui a été en première ligne pendant la crise du COVID et qui après une énième manifestation réprimée a eu un geste de colère. Elle était présente à cette manifestation pour rappeler au gouvernement qu’il ne suffit pas d’applaudir ou de promettre des médailles. On a demandé aux soignants d’aller au front au péril de leur vie. On les a applaudis comme des héros tous les jours pendant deux mois. Et maintenant on refuse de considérer leur colère"

Un rassemblement est appelé mercredi à 16 h devant le commissariat du 7ème. Il faudra être nombreux pour dénoncer cette interpellation absolument scandaleuse.

Comme on a pu le voir ces dernières semaines avec les manifestations anti-racistes, l’unique réponse apportée par le gouvernement face à la mobilisation des soignants ou contre le racisme c’est la répression. Ceux qui ont lutté d’arrache-pied contre la maladie, qui l’ont souvent eux même attrapée à cause de la gestion catastrophique du gouvernement, sont « récompensés » par la matraque, du gaz lacrymogène et des interpellations. Face à cette violence policière et ce gouvernement incapable d’écouter nos revendications nous devons faire bloc contre ceux qui veulent nous faire payer leur abominable gestion de la crise sanitaire à coups de matraques et d’interpellations violentes.




Mots-clés

Répression policière   /    Violence   /    Violences policières   /    Répression   /    Notre classe