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Politique

Discours d'E. Philippe

Fausses-concessions pour déminer le 5 décembre, la régression sociale ne se négocie pas ! Retrait total de la réforme !

Si, depuis plusieurs jours, le gouvernement affiche une détermination toute nouvelle à imposer sa réforme des retraites, Edouard Philippe a annoncé ce mercredi être finalement prêt à une solution intermédiaire : à mi-chemin entre « transition brutale » et « clause du grand-père » ainsi que des négociations « secteur par secteur ». S’il est clair que l’exécutif ne compte rien lâcher sur le fond, il tente une énième manœuvre de division pour tenter de minimiser la portée du 5 décembre et de ses suites.

mercredi 27 novembre

Crédit photo : Alain Jocard/Pool via REUTERS

Si depuis plusieurs semaines, la confusion règne autour de la réforme des retraites, Macron a remis plusieurs fois les compteurs à zéro, réaffirmant sa volonté de faire passer sa réforme coûte que coute : « clause grand père » généralisée placé aux oubliettes, retour de l’âge pivot.

C’était une façon d’agiter le bâton pour mettre en ordre de bataille un gouvernement en difficulté, mais aussi remettre d’équerre sa réforme qui commençait à prendre l’eau de toute part comme en témoigne notamment le soutien massif de la population en faveur de la grève du 5 décembre. Un soutien qui s’affiche même en hausse comme le souligne une récente enquête d’opinion, tandis que les appels à la grève se multiplient de toute part formant ce qu’on appelle désormais le « mur du 5 décembre » mais aussi de ses suites.

Or, face à cette situation inquiétante pour le gouvernement, celui-ci a choisi, à travers Edouard Philippe et son discours à la sortie du Conseil des Ministres hier de manier désormais la carotte pour diviser le monde du travail.

Dans son allocution, le Premier ministre a ainsi affirmé vouloir privilégier une négociation « secteur par secteur ». S’il continue à affirmer vouloir « mettre un terme aux régimes spéciaux », il entend définir des « mécanismes de transition » vers le futur régime, ouvrant ainsi la voie à une poursuite du « dialogue » dans les différentes « instances ».

Une façon pour le gouvernement de ne pas « brutaliser » et de ne pas « stigmatiser ». Après le bâton contre ceux qui manifestent pour défendre les « inégalités », la carotte pour tenter de gagner l’opinion publique avec une conclusion évoquant désormais… le « plus grand respect pour le droit de grève » et le « droit de manifester » de la part du gouvernement.

Ainsi, face à la contestation qui monte, le gouvernement tente une énième manœuvre via une sorte de voie intermédiaire. Après l’éviction de la « clause grand-père » trop coûteuse, il s’agit de trouver le « bon curseur » comme l’affirme Edouard Philippe.

Mais pour le gouvernement qui affirmait qu’aucune concession ne serait à l’ordre du jour avant le 5 décembre, c’est encore un changement de braquet. Cette énième manœuvre qui n’est qu’une pseudo concession exprime en définitive la fébrilité d’un gouvernement qui tente de peser savamment le rapport de force pour imposer cette attaque historique contre le monde du travail et la jeunesse. Et ce n’est pas pour rien qu’un « mur » se dresse contre cette réforme.

Une réforme que François Hommeril, secrétaire confédéral de la CFE-CGC (qu’on ne peut soupçonner de gauchisme) explique à Sud Ouest : « Le vrai projet, il est très simple. Les retraites, aujourd’hui, c’est 14% du PIB », considérés « comme de la dépense publique ». Pour viser l’équilibre budgétaire, « le projet, à terme, c’est de diminuer les pensions ».

Il n’y a rien à négocier ! Retrait total de la réforme !

Si le gouvernement tente une dernière manœuvre, ce qu’il faut surtout retenir du discours d’Edouard Philippe, c’est la volonté d’imposer coûte que coûte sa réforme. Si le 5 décembre n’a été évoqué qu’en conclusion de façon, euphémisée, c’est bien le spectre d’un grand mouvement qui plane sur le gouvernement. Et c’est cela qu’il compte déminer au maximum en attisant le spectre de la division.

Si du côté du gouvernement, l’unité est retrouvée, il s’agit d’y opposer la notre face aux manœuvres de division dans le combat le 5 décembre et surtout au-delà. Leurs objectifs sont clairs : « clause grand-père », « clause des parents », ils veulent infliger une défaite historique contre notre camp social.

Loin des entrevues feutrées des directions syndicales à Matignon, au niveau confédéral ou au niveau de branche, ce dont il s’agit pour le monde du travail et la jeunesse, pour les Gilets jaunes, c’est d’affirmer haut et fort qu’il n’y a rien à négocier dans ce projet scélérat. A partir du 5 décembre, et ensuite, il nous faut construire la grève générale et occuper la rue pour exiger le retrait total et immédiat de la réforme !




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