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Politique

Casse de l'hôpital

Pitié-Salpêtrière. Faute de moyens, le self des soignants transformé en salle de réanimation !

La rumeur est confirmée : des travaux sont en cours à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière pour transformer le self des soignants en salle de réanimation, en prévision d’un afflux important de malades du Covid. Une illustration de la profondeur d’une crise sanitaire gérée en catastrophe, et toujours au détriment des travailleurs.

lundi 12 avril

Crédit Photo : @whatsup.dr (Instagram)

Depuis le début du mois, l’information circule selon laquelle des travaux commencent au grand hôpital du XIIè arrondissement de Paris pour transformer le self des soignants en salle de réanimation. « Mon pote qui bosse […] à la Salpêtrière vient de me dire qu’ils ont transformé le self en salle de réa… Apparemment ils ne l’avaient pas fait lors du tout premier confinement. On adore… », s’alarmait ainsi dès le 1er avril un internaute. Si plusieurs membres du personnel ont confirmé cette information, le flou est maintenu par la direction de l’AP-HP qui, contactée par 20 Minutes, indique qu’il « est prématuré d’apporter des éléments à ce stade » sur ce sujet.

Et pour cause : l’aménagement d’une salle de réanimation en catastrophe ne fait pas bonne presse à la direction de l’AP-HP ni au gouvernement qui cherche à mettre en scène une situation sous contrôle. Alors que la barre des 100 000 morts est proche d’être atteinte et que le nombre de patients en réanimation est plus important qu’il y a un an, ce genre de réaménagement-catastrophe pourrait bien se multiplier. À défaut d’investir massivement dans le secteur de la santé, le gouvernement contraint les soignants à travailler dans des conditions toujours plus précaires, tout en leur demandant de « faire des efforts » comme lors de sa dernière allocution. En raison de la gestion catastrophique de la crise sanitaire, au-delà du cas de la Pitié-Salpétrière, nombreux sont celles et ceux qui n’ont plus de self sur leur lieu de travail et sont contraints de manger dans leur voiture lors de la pause, pendant que la bourgeoisie ne renonce pas à ses diners mondains, comme le dénonçait récemment Gatean Gracia, ouvrier dans l’aéronautique à Toulouse.




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