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Faute de prise en charge, un homme meurt aux urgences de Strasbourg après plus de 22h d’attente

Ce mardi, FO a rendu public le décès d’un octogénaire aux urgences de Strasbourg. Celui-ci, après plus de 22 heures d’attente a été retrouvé mort sur un brancard. Une nouvelle tragédie qui illustre les conséquences du manque de moyen à l’hôpital et des politiques de casse de la santé publique.

jeudi 15 septembre

Photo : LOIC VENANCE / AFP

Jusqu’où cela ira ? Ce mardi 13 septembre, le syndicat Force Ouvrière dans une lettre à l’adresse du ministère de la santé dévoile qu’un nouveau patient est décédé aux urgences de Strasbourg après plus de 22 heures d’attente sur un brancard le 1er septembre dernier. Il s’agissait d’un patient de 88 ans dont le décès a été constaté au moment des changements d’équipes du matin et de l’après-midi selon France 3. Il était arrivé la veille à 14h30. Un nouvel évènement dramatique aux urgences de Strasbourg six mois après un autre cas similaire en mars dernier dans ce service, qui vient alourdir le bilan du nombre de décès dû au manque de moyen dans les hôpitaux français.

Au micro de CNews Christian Prudhomme explique qu’il n’y avait pas de « lit en adéquation avec sa pathologie. Il y avait 4 lits de médecine disponible sur l’ensemble du CHU de Strasbourg alors qu’on avait 50 patients aux urgences ». Un constat qui fait froid dans le dos et qui avait l’objet d’un signalement 36 heures avant le décès de l’octogénaire. En effet, FO a effectué un signal d’alerte au ministre de la santé François Braun afin de signaler « la récurrence de la dégradation des prises en charge et du fonctionnement délétère des urgences ». La lettre faisait état au « 30 août à 23h » de la présence « de 50 patients pour 30 places sur brancards avec des véhicules en attente dans le sas de dépôt des urgences ». Le lendemain, le syndicat présente une situation plus dégradée encore « avec 40 patients, dont 26 présents plus de 12 heures sur brancards ».

Le gouvernement est responsable de cette situation, qui est la conséquence de la destruction de l’hôpital public orchestrée ces trois dernières décennies. Emmanuel Macron pourra se targuer d’avoir supprimés 16.900 lits depuis 2017, dont 5.700 rien qu’en 2020 en pleine crise sanitaire, et d’avoir décimé les effectifs hospitaliers par la gestion catastrophique et méprisante de la crise sanitaire de son gouvernement.

A ce titre Marie Laure Charchar, secrétaire générale de la CGT blanchisserie du CHU de Bordeaux et militante à Révolution Permanente déclare « que ce décès supplémentaire difficile à digérer, n’est que la conséquence du manque de moyen à l’hôpital. Le gouvernement se félicite de la mission flash mais on ne voit pas ce qui a changé, il est responsable de ce nouveau décès ! Les services d’urgences sont toujours fermés, ou partiellement, à cause du manque de soignant et de moyen. La tragédie de Strasbourg se reproduira à nouveau et ce n’est plus supportable. C’est pour cela qu’il est important que le personnel de santé et la population se saisissent de la journée de grève national du 22 septembre appelé pour le secteur de la santé, mais aussi celle du 29 pour l’augmentation des salaires. Ces dates ne seront pas suffisantes pour changer la vapeur, nous devons nous doter d’un plan d’action pour qu’elles ne restent pas sans lendemain et construire le rapport de force dans la rue. Ces dates devront être l’occasion de montrer notre colère. »



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