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Notre classe

600 salariés sur la paille

Fermeture de l’usine Michelin en Vendée : une nouvelle attaque contre le monde du travail

Ce jeudi, la direction du groupe Michelin a annoncé durant une réunion rassemblant les 619 salariés la fermeture de leur l’usine fin 2020, évoquant « une croissance faible » et une « concurrence exacerbée » pour justifier la fermeture. Les salariés se disent écœurés et dénoncent une « trahison »

jeudi 10 octobre

Après que le groupe Michelin a annoncé en septembre dernier la fermeture de l’usine de Bamberg (au sud de l’Allemagne) d’ici fin 2021, mettant sur le carreau plus de 850 salariés , c’est au tour des salariés de l’usine de la Roche-sur-Yon en Vendée d’apprendre la fermeture de leur usine fin 2020. Ce sont cette fois-ci plus de 600 salariés qui sont plongés dans une situation d’angoisse et de stupéfaction, se disant « trahis » suite aux nombreux sacrifices imposés par le groupe pour garder les emplois. L’annonce a été faite ce jeudi, au cours d’une réunion à laquelle tout le personnel de l’usine a été convoqué, à 9h du matin

Dans son communiqué, pour justifier la fermeture de l’usine, le groupe évoque des « difficultés du marché » due à la « concurrence » des produits asiatiques. Des arguments visant à faire payer une crise qui n’est pas la leur aux salariés, et qui n’ont pas suffi à les convaincre et calmer leur colère. Le syndicat du SUD a réagi dans un communiqué et juge que Les salariés « ne sont pas responsables de la calamiteuse stratégie de marge et de prix par Michelin qui conduit à cette catastrophe sociale ».

Depuis plusieurs semaines, la direction évoque des « difficultés financières » et une « concurrence exacerbée », préparant le terrain pour l’annonce de la fermeture de l’usine et sûrement un plan social et des licenciements – malgré les promesses « d’accompagnement » évoquées par Michelin dans un communiqué. Il est bon de rappeler que le groupe Michelin a fait un chiffre d’affaires de 22 milliards de dollars et dégage un bénéfice de plus de 2 milliards d’euros en 2019. Sans parler du fait que l’entreprise a touché 70 millions d’euros de la part de l’État sous forme de CICE (Crédit d’impôt compétitivité emploi), un dispositif censé inciter les entreprises à l’embauche plutôt qu’aux suppressions de postes. Des chiffres qui montrent que la situation financière du géant français des pneus se porte très bien, mais tous ces résultats n’ont pas empêchés le groupe à procéder à la fermeture d’usines et la mise au chômage de centaines de travailleurs en évoquant des difficultés financières.

Cette situation montre une fois de plus la rapacité des capitalistes, cherchant à économiser le moindre sous et dégager de plus en plus de bénéfices, quitte à plonger des centaines de familles dans la précarité. Une attaque d’ampleur aidée par les différentes contre-reformes menées par les gouvernements successifs, dont la dernière en date a été le démantèlement du code du travail par Emmanuel Macron, facilitant le licenciement

Une première journée de grève a été organisée le 4 octobre, anticipant la décision de fermeture. Aujourd’hui, alors que la décision est tombée, seul la grève reconductible des travailleurs de ce site peut faire reculer la direction du groupe et l’obliger à annuler ce projet de suppression. C’est l’outil de lutte le plus efficace dont disposent les travailleurs pour faire valoir leurs droits face aux patrons du groupe. En ce sens, un appel a la grève a été lancé par le syndicat SUD, « de façon illimitée jusqu’à la suppression de ce projet de fermeture ».




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