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Notre classe

Grève contre les licenciements !

Fermeture de l’usine Socla Watts : les salariés refusent le plan social

Ce 23 mars la grève a démarré à Méry en Savoie, dans la société américaine Socla Watts, après que les salariés aient appris le projet de fermeture de l'entreprise et de la mise en place du PSE visant 50 salariés sur 86. L’annonce est tombée seulement quelques jours avant, le 16 mars.

mercredi 24 mars

Crédits photo : odsradio.com

Ce 23 mars la grève a démarré à Méry en Savoie, dans la société américaine Socla Watts, après que les salariés aient appris le projet de fermeture de l’entreprise et de la mise en place du PSE visant 50 salariés sur 86. L’annonce est tombée seulement quelques jours avant, le 16 mars.

La société productrice de vannes papillon a décidé de transférer une partie de la production en Saône-et-Loire, où elle dit s’engager à employer 40% des salariés ayant accepté le PSE. Des « engagements » dont les salariés se méfient et qui ne semblent être qu’une manière de faire passer la pilule du PSE et de diviser les travailleurs. Les salariés craignent même que les usines de Saône-et-Loire ferment aussi dans quelques mois. En 2016 la direction avait déjà annoncé la suppression d’une trentaine de postes. En effet, bien qu’il n’y ait pas eu d’annonces préalables et que le processus ait été tenu secret, selon le délégué CGT Jacky Perot, la société recherche une réduction du coût production depuis plusieurs années. Le groupe voudrait amener les machines en Asie, cherchant ainsi à réduire les coûts.

Comme l’explique France Bleu l’annonce a été un coup pour l’ensemble des salariés dont aucun n’a manqué de participer à la grève de ce lundi : « Tous mobilisés, à l’image de Laurent et d’Eric, 34 et 35 ans d’ancienneté. 54 et 57 ans. Ils sont là presque depuis le début de l’entreprise créée en 1982. Entre colère et abattement. "C’est la brutalité qui nous choque. En cinq minutes, dans une réunion, votre vie est rayée. On a travaillé le samedi, on ne s’est jamais arrêtés pendant le Covid. La direction nous citait en exemple : ’Méry site pilote en Europe !’ Et voilà comment on nous la fait par derrière. Voilà comment on nous remercie. Avec le sentiment que tout était calculé. C’est écœurant. ».

Un autre salarié témoignait de ce même mépris de la direction vis-à-vis de sa famille et leur avenir : « Sandrine Belalit [...] a passé un quart de siècle à progresser dans l’entreprise. Au début, des petits boulots. Et aujourd’hui, manager. "C’est un choc. C’est toute ma vie qui est remise en cause. D’autant que mon mari travaille aussi ici. On se retrouve tous les deux au chômage. A vrai dire, je ne réalise toujours pas. Peut-être que je fais partie des naïfs. Je m’en veux de n’avoir rien vu venir. En tant que manager, j’ai été pressée par la direction jusqu’au bout, donc je ne pensais pas du tout que tout allait s’arrêter du jour au lendemain ». Sandrine résume avec des mots polis le sentiment général. « Le sentiment d’avoir été pris pour des abrutis ».

L’inquiétude de trouver un travail et avoir un avenir en pleine crise sanitaire et économique est aussi très présente parmi les salariés. Notamment pour les plus de 50 ans, pour lesquels trouver un emploi est très difficile alors qu’ils ont souvent des enfants et des personnes à charge. Et le tout s’ajoute au fait que le gouvernement vise à revoir à la baisse les allocations chômage par le biais de la réforme que compte entamer la ministre du travail.

Alors que trouver un travail ailleurs devient de plus en plus difficile et que le patronat affiche tout son mépris vis-à-vis des salariés et des familles, il ne peut pas être question de s’asseoir à la table des négociations pour essayer de négocier le montant des indemnités comme le prétend la direction du groupe. Face à la profondeur de la crise et les tentatives du patronat et du gouvernement de semer des illusions dans les cadres du dialogue social, la seule voie qui reste aux salariés pour ne pas payer la crise est celle de la lutte. Développer la grève, s’organiser en assemblée et converger avec d’autres secteurs en lutte sont les conditions pour imposer un vrai rapport de force et batailler pour 0 suppression d’emploi.




Mots-clés

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