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Politique

Solidarité contre la répression

Fermeture du Saint-Sauveur à Paris. Quand la préfecture de police s’allie à l’extrême droite

La fermeture administrative du bar antifasciste le Saint-Sauveur a été prolongée ce 27 août. La préfecture persiste et signe, prenant fait et cause du côté de la bande d'extrême-droite qui a attaqué le bar antifa le 4 juin dernier, veille de l'anniversaire de la mort de Clément Méric.

vendredi 28 août

Crédit photo : DR

Situé dans le quartier de Ménilmontant à Paris, le bar Le Saint-Sauveur est un lieu emblématique de l’extrême-gauche. Depuis son ouverture il y a quinze ans, il s’assume clairement contre l’extrême-droite et contre les politiques néo-libérales, racistes et sexistes des gouvernements successifs.

Ce bar a subi une première fermeture administrative de 9 jours en janvier 2020 pour soi-disant tapage nocturne. Le propriétaire des lieux, Julien Terzics, parlait déjà à l’époque d’une fermeture relevant de raisons politiques.

Puis, le 4 juin dernier, veille des sept ans de la mort de Clément Méric, le militant antifasciste tué en 2013 par des membres de l’extrême droite nationaliste, une vingtaine de militants appartenant au groupuscule d’extrême droite Zouaves de Paris (ZVP) ont attaqué Le Saint-Sauveur. Armés de matraques et de bombes lacrymogènes, ils ont chargé la terrasse de l’établissement, composée en majorité de clients et d’habitants du quartier.

Le 13 août, des policiers de la BAC se sont présentés au bar, procès-verbal de notification à la main pour imposer une nouvelle fermeture administrative de deux semaines. Suite à cela, l’équipe du Saint-Sauveur a rendu publics les accusations de la préfecture de police.

Entre autres, un monde trop important dans la rue la nuit de la fête de la musique ; pourtant, le Saint-Sauveur n’est pas le seul bar de la place, mais c’est le seul à en être incriminé. Lui est reproché également la présence de tables et de chaises sur le trottoir en face de l’établissement, ceci étant pourtant autorisé pour tous les bars après le confinement afin de rattraper les pertes financières. Mais le reproche le plus absurde est sans aucun doute l’attaque qu’ils ont subie par des fascistes le 4 juin, la préfecture parlant d’une « rixe dans et aux abords de [l’]établissement », transformant ainsi la victime en coupable, punie par la fermeture de l’établissement.

Pour Julien Terzics « il y a une volonté à peine voilée de voir fermer définitivement le bar. Ils veulent nous tuer ». C’est en effet ce qui risque d’arriver d’autant plus après la prolongation de la fermeture administrative le 27 aout. Celle-ci s’assimile à un véritable acharnement car, toujours selon Julien Terzics, « pour traverser la fermeture covid, le Saint-Sauveur comme nombre d’autres bars, a dû s’endetter, rendant sa situation financière encore plus fragile qu’avant ».

En effet cette fermeture forcée est un acte politique de la part du préfet de Police de Paris, Didier Lallement, le même qui s’est employer à réprimer les Gilets jaunes et le mouvement social en général depuis sa nomination. Il vise à supprimer un lieu de rencontre et de discussions pour les militants antifascistes, pendant que les militants d’extrême-droite qui ont attaqué le bar courent toujours. Par ailleurs, cette fermeture semble annoncer un tournant effrayant dans la complicité entre l’extrême-droite et le gouvernement : suffira-t-il désormais qu’une bande de militants d’extrême-droite attaque un lieu engagé politiquement pour obtenir sa fermeture avec l’assentiment de la préfecture de police ?




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