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Notre classe

Fermeture temporaire de Renault Sandouville une victoire qui en appelle d’autres

La CGT de Renault Sandouville a obtenu gain de cause en justice et le site a dû fermer, les règles sanitaires n'étant pas assez strictes pour garantir la sécurité des salariés.

samedi 9 mai

Suite à un manquement de consultation des instances du personnel, le site de Renault Sandouville a dû fermer ses portes de façon temporaire. En effet la santé du personnel n’est pas négociable, et c’est bien cela qui a motivé le syndicat CGT de Renault Sandouville à saisir le tribunal du Havre qui a pris cette décision. Même si le groupe a rouvert, cela ne veut pas dire qu’il n’est pas possible de mettre un coup d’arrêt à la mise en danger du personnel et des 700 précaires du site. Pas question de valider tous les plan du groupe Renault, qui n’hésite pas à mettre en danger la vie des salariés, la justice reconnaissant ici que le plan de protection sanitaire « ne permet pas d’assurer […] la sécurité des travailleurs de l’usine face au risque lié au Covid-19 ».

Un front uni contre la CGT qui défend la vie des salariés

Comme c’est bizarre tout de même, cette montée au créneau de ceux qui comme les syndicalistes, comme la CFDT et la CFE-CGC devraient soutenir la démarche au tribunal. Ici ils font front commun avec le patronat pour faire rependre l’activité. Selon eux tout aurait été mis en place pour une reprise d’activité... Parmi eux, le délégué syndical central CFDT menace, les salariés ne seraient pas payés pendant cette période. Pourtant, c’est bien la CFDT qui a signé un accord avec un vol des jours de congé et aujourd’hui ils se font la voix de la direction en disant qu’il faudrait travailler le samedi à Sandouville pour rattraper le retard ! Énorme ce genre d’argument digne du patronat où le syndicaliste trouve dommageable de ne pas envoyer 700 intérimaires bosser dans des mauvaises conditions et avance qu’ils ne seront pas payés. La CFDT se met au même chantage que les patrons. Pourquoi n’entend-on rien sur l’embauche en CDI de tous les précaires, tous les intérimaires ?
Ils reprochent à la CGT une opération politique : et alors ? C’est vrai que la CFDT qui passe plus de temps dans les bureaux de l’Élysée que sur les chaînes de montage en sait quelque chose. Laurent Berger s’est même permis de taxer la CGT d’"irresponsable", on sait le dirigeant de la CFDT très attachée à ses responsabilités auprès du MEDEF. Idem pour la CFE-CGC qui ne parle que de l’accord signé, sauf que les cadres sont en télé-travail pas au plus près du danger de mort juste pour faire des voitures. On les trouve beaucoup moins radicaux quand Muriel Pénicaud passe des ordonnances contre les salariés pour les faire travailler 60 heures et limiter les consultations des représentants des salariés dans les CSE.

Dans cette période d’épidémie, il faut utiliser tout ce qui est possible pour contraindre le patron de mettre en sécurité les salariés et cela passe par de tels recours en justice. Mais tous les chiens de garde du capital vont venir geindre pour nous dire que , que le site est menacé, comme les Echos la voix du patronat, ou quelques petits politicards parvenus comme ce sénateur UDI, Yves Pozzo di Borgo qui twittait : « quand la France sera remplie de SDF le CGT sera heureuse ». En attendant, celui qui s’en fait pour les SDF est payé 5600€ par mois (sans compter les enveloppes supplémentaires) aux frais du contribuable. S’il y a tellement de SDF c’est bien le résultat de la politique du gouvernement qui condamne de plus en plus de travailleurs au chômage en organisant le chômage de masse par la hausse permanente du temps de travail et en facilitant les licenciements .

S’unir pour combattre le patronat et ses valets

Cette petite victoire qui va servir aux équipes syndicales de lutte, a permis de mettre en lumière que nous pouvons combattre par plusieurs voies. Ici cela a pris une voie institutionnelle mais nous devons aussi nous mobiliser par le droit de retrait collectif et la grève, revendiquer obtenir l’ouverture de la comptabilité des entreprises pour qu’elles nous montrent ce qu’est la réalité d’une entreprise aussi pauvre Renault (dont l’ancien PDG fêtait son anniversaire à Versailles), tellement pauvre qu’elle doit fermer des sites. Nous battre aussi pour que les conditions d’hygiène et de sécurité soient validées, leur contrôle pris en charge par les travailleurs, ne pas tout laisser tous aux mains d’une minorité de syndicaliste mais en exerçant un contrôle ouvrier, de tous les ouvriers pour avancer des mesures pour les précaires et les CDI. Ce qui est scandaleux c’est de devoir choisir entre mourir du Covid-19 ou de faim . C’est le choix qui est laissé aux intérimaires chez Renault comme ailleurs. Un système qui permet cela ne doit par continuer à exister dans le monde d’après.




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