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Du Pain et des Roses

Austérité criminelle

Fermetures de maternités : une femme contrainte à accoucher chez elle porte plainte contre l’État

Ce lundi, dans le département de l’Indre une femme a été contrainte d’accoucher dans son salon suite à la fermeture de la maternité du Blanc en octobre dernier. Une conséquence des vagues de fermetures de maternités depuis des années, qui va s’aggraver dès 2020 avec les mesures austéritaires de Macron pour la santé.

jeudi 21 mars

Photo : NR, Thierry Roulliaud

Ce lundi, une femme enceinte prise par de fortes contractions a été contrainte d’accoucher dans son salon. En effet, la maternité du Blanc qui était la seule à proximité du domicile de Justine a été fermée en octobre dernier, faute de personnel. La future mère a donc dû choisir entre prendre le risque de faire une heure de voiture pour se rendre à l’hôpital de Poitiers, ou accoucher, seule, dans son salon. Faute de temps et suite à des contractions violentes, l’enfant est arrivé avant même la présence des pompiers. Le bébé est miraculeusement en bonne santé, mais comme l’explique Justine : « ça aurait pu être une catastrophe ».

La mère, très en colère contre le gouvernement, a interpellé la ministre de la Santé et souhaite porter plainte : « Moi, j’aimerais dire à Madame Buzyn que la vie de mon fils et la mienne auraient pu être en grand danger parce que les centres de proximité sont fermés. Ça veut dire mettre des femmes sur les routes avec des contractions, c’est d’une dangerosité extrême ».

L’histoire de Justine n’est en effet pas un cas isolé, mi-février un couple était contraint de s’arrêter sur la route pour donner naissance à leur bébé près de Montélimar. Et pour cause, ces histoires affolantes ne sont que les conséquences de coupes budgétaires des différents gouvernements et perpétuées par Macron. En 20 ans ce sont la moitié des maternités qui ont fermé en France, et le plan « Ma santé en 2022 » de Macron ne prévoit que des mesures d’austérité qui aggraveront l’accès à la Santé pour les femmes en particulier.

Agnès Buzyn présentait en outre un projet de loi en février qui aura pour conséquence dès 2020 de fermetures d’autres petits hôpitaux de proximités et de nombreux services. En effet, le plan Macron pour la santé prévoit une « gradation des soins » c’est-à-dire un éloignement des services pour les actes complexes tels que les accouchements ou les opérations.

La ministre de la Santé justifie l’opération en expliquant que « Quand une maternité n’a plus d’obstétricien un jour sur deux, je ne suis pas sûre qu’on rende service à la population en la maintenant de façon artificielle ». Une façon de totalement déresponsabiliser le gouvernement quant au manque de moyens dans les hôpitaux alors que l’argent existe, mais que Macron préfère faire des cadeaux fiscaux aux grands patrons plutôt que de l’allouer pour des besoins essentiels à la vie des femmes, tel que l’accouchement dans des conditions saines.

Agnès Buzyn avait déjà réagi sur les interpellations qui lui étaient faites concernant les fermetures ce à quoi elle avait répliqué que "Proximité ne rime pas toujours avec sécurité". En l’occurrence, et comme l’explique Justine, elle et son bébé auraient pu avoir des complications très graves avec cet accouchement à domicile par des non-professionnels. Cette histoire est révélatrice de la façon dont Macron précarise encore plus les femmes par ses mesures austéritaires, censées pourtant être « la grande cause du quinquennat » selon les mots du Président.




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