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Politique

Gros revers pour la majorité présidentielle

Ferrand, Castaner, Mignola, Montchalin… : ces piliers de la macronie éliminés

Symbole du revers de la macronie, plusieurs piliers de la majorité présidentielle ont été éliminés dimanche. C’est le cas de Richard Ferrand et Christophe Castaner, de plusieurs ministres fraîchement nommés mais aussi d’alliés de Macron au MoDem et à Horizons.

lundi 20 juin

Crédits photo : AFP

Effondrement de la macronie : après Blanquer... Ferrand et Castaner !

Ce dimanche, la macronie a subi un lourd revers aux législatives. Une défaite qui ouvre une période de forte instabilité politique, et se paye de l’élimination de plusieurs figures importantes de la macronie.

Après Jean-Michel Blanquer, éliminé dès le premier tour des législatives, c’est ainsi au tour de deux autres piliers de la macronie, Richard Ferrand et Christophe Castaner, de se voir dégagés à la suite du second tour.

Richard Ferrand, architecte du succès d’En Marche en 2017, fidèle de la première heure de la macronie et président de l’Assemblée nationale depuis 2018 où il a mené de front la tentative de casse des retraites et le passage des lois séparatisme et sécurité globale, se fait sortir dans sa circonscription du Finistère par Mélanie Thomin, investie par la Nupes, et que personne ne donnait gagnante. Dans une allocution d’une quarantaine de seconde, le quatrième homme de l’État qui se voyait déjà siéger cinq années de plus au perchoir reconnaît avec amertume sa défaite et ne fait aucun commentaire sur son avenir politique ni sur celui de la macronie.

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Autre poids lourd des soutiens de la première heure de Macron, Christophe Castaner subit un revers cuisant dans son fief des Alpes-de-Haute-Provence. L’actuel président du groupe parlementaire LREM à l’Assemblée nationale et ancien ministre de l’intérieur paye pour la répression violente, les mains arrachées et les yeux crevés dont il est responsable lors du mouvement des Gilets jaunes. L’éborgneur a laissé un souvenir marquant et une détestation durable dans la population comme en témoigne Gilbert sur France Info : « Il a ce qu’il mérite. J’ai fait partie des ’gilets jaunes’, je vous assure qu’on en a ramassé plein la tête pendant un moment ! Je ne peux pas l’aimer ». Celui qui devait former une deuxième génération de députés macronistes sur les bancs de l’Assemblée nationale se voit donc imposer un coup d’arrêt à la hauteur du désaveu complet qui frappe la majorité présidentielle.

Démission forcée pour Montchalin, Bourguignon et Bénin

Du côté des ministres nommés au gouvernement Macron II, plusieurs têtes n’arrivent pas à se qualifier pour garder leur place.

A commencer par Amélie de Montchalin, la ministre de la Transition écologique (favorable au glyphosate), qui s’incline dans l’Essonne face à Jérôme Guedj. Cette figure montante de la macronie venait d’être promue à la cinquième place du gouvernement et se fait dégager avec seulement 46,64% des voix dans sa circonscription, après une campagne démagogique contre les « anarchistes d’extrême gauche » de la Nupes et des accusations de complaisance avec l’antisémitisme chez les partisans de Mélenchon... Son départ du gouvernement est un camouflet pour Macron qui comptait sur Montchalin pour mener à bien sa politique de greenwashing.

Après la crise sanitaire du Covid-19 qui a révélé la dégradation de l’hôpital public et à la veille d’un été tendu notamment dans les services d’urgence, l’éviction de Brigitte Bourguignon à 56 voix près par une candidate RN dans la 6ème circonscription du Pas-de-Calais sonne également comme un désaveu des mesures cosmétiques que la ministre avait promis aux personnels hospitaliers. De son côté, Justine Bénin, secrétaire d’État chargée de la mer, est elle aussi forcée de démissionner de sa nouvelle fonction. La candidate pour Ensemble ! En Guadeloupe a concentrée contre elle l’hostilité de la population contre Macron et n’obtient que 41,35 % des voix face à Christian Baptiste, soutenu par la Nupes.

MoDem et Horizons : les deux soutiens de Macron privé de leurs chefs de groupe à l’Assemblée nationale

Les soutiens de la majorité présidentielle, le MoDem de François Bayrou et Horizons d’Édouard Philippe, n’échappent pas au revers général qui s’abat sur la macronie. Le député sortant Patrick Mignola, numéro 2 du MoDem et chef du groupe parlementaire MoDem à l’Assemblée nationale depuis 2018, perd sa circonscription de Chambéry. Le groupe composé de 48 parlementaires se retrouve ainsi privé de son leader au sein de la coalition Ensemble !.

Même situation du côté de la formation de l’ancien premier ministre Édouard Philippe : Horizons parvient à faire élire 27 députés mais pas Pierre-Yves Bournazel. Or, ce dernier était pressenti pour diriger le groupe Horizons dans l’hémicycle et faire peser la ligne de Philippe au sein de Ensemble !. Il n’en sera rien : le député sortant se fait coiffer au poteau par Aymeric Caron, investi par la Nupes.

Les alliés du macronisme, qui entendaient profiter de leur position de soutiens indispensables dans la construction d’une majorité absolue pour le président pour se positionner dans la succession de Macron subissent ainsi eux aussi la mise en minorité de la macronie.

Derrière toutes ces défaites individuelles, c’est surtout la faillite de toute une stratégie d’hégémonie du bloc centriste qui s’effondre. Un échec qui pourrait contraindre le gouvernement à tenter de gouverner avec la droite, mettant à mal ses plans d’intégration des corps intermédiaires. La mise sur la touche de Richard Ferrand, Christophe Castaner, Amélie de Montchalin, Brigitte Bourguignon, Justine Bénin, Patrick Mignola et Pierre-Yves Bournazel illustre l’échec sur toute la ligne de la macronie.



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