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Politique

Violences policières

Fête de la musique à Nantes : le commissaire Chassaing dans le viseur

Le commissaire Chassaing était le responsable de l'opération violente menée sur les quais de Nantes à 4 heures du matin, le soir de la disparition de Steve. Depuis son arrivée à Nantes en 2015, il se fait connaître pour sa violence. Entre témoignages en sa défaveur et posts Facebook racistes, le commissaire se fait remarquer.

vendredi 12 juillet

Crédit photo : OUEST-FRANCE

Dans la nuit du 21 au 22 juin, lors de la fête de la musique, la police a fait un usage brutal de la force pour déloger les quelques fêtards restants. Cette intervention ultra-musclée se déroulait sur un quai : la panique provoquée par les lacrymos, les flashballs et les tasers ont fait tomber 14 personnes dans l’eau. C’est cette nuit que Steve, animateur de 24 ans, a disparu, étant probablement la quinzième personne tombée à l’eau.

Le commissaire Chassaing

Dans un communiqué, le syndicat de police SGP-FO « pointe la responsabilité d’un chef de service », sans le nommer. Il lui reproche une « faute grave de discernement » – une « faute de discernement » qui fait légion. Cet homme, c’est le commissaire Chassaing, en charge de l’opération menée cette nuit-là, celui qui donnait les ordres.

Avant la panique totale, Chassaing et son équipe sont envoyés sur les lieux pour demander de couper le son – qui était autorisé jusqu’à 4 heures du matin. Le commissaire avait apparemment déjà prévu une échauffourée musclée. Le commissaire aurait insulté et bousculé les derniers debouts, en lançant : « Fermez vos gueules on vous parle pas ! ». C’est ensuite qu’ils sont allés s’équiper. Chassaing a alors donné l’ordre de déballer l’artillerie lourde. Les présents témoignent à Streetpress : « Le reste des troupes a chargé les gens avec les chiens. Ils nous traitaient de sales gauchistes quand ils nous frappaient. »

Black Face et discours ultra-violents

Cet incident le soir de la fête de la musique n’était pas juste un faux-pas, ou une « bavure ». Depuis son arivée en 2015 à Nantes, il s’est fait une réputation d’amateur de méthodes musclées. Dans l’entretien accordé à Ouest-France, le policier Philippe Boussion assure que son syndicat a «  déjà alerté à plusieurs reprises sur la vision de la sécurité de ce commissaire qui expose régulièrement nos collègues par ses prises de décisions et sa vision exclusivement musclée de la sécurité.  ».
De plus, Chassaing ne cache pas sa radicalité sécuritaire. En 2017, il déclare pour MédiaCité : «  On ne peut pas se permettre de retirer la BAC à Nantes. C’est une unité d’intervention et d’interpellation. Quand on sait que l’ultra-gauche sera présente, on la déploie. ».

Pour couronner le tout, le média StreetPress débusque cette semaine une photo du commissaire et sa femme, grimés en personne noire. Ce phénomène raciste appelé « Black Face » consiste à se déguiser de manière grotesque, dans le but de se moquer des populations noires. Cette photo, sur le compte Facebook du commissaire, s’accompagne de nombreux posts racistes, homophobes, anti-PMA ou encore anti-avortement de la part de sa femme… On cerne plutôt bien le personnage.

Source photo : StreetPress

Que Chassaing soit un personnage des plus réactionnaires c’est certain. Mais que toute la responsabilité du drame de Nantes repose sur lui, un peu moins. Le syndicat SGP-FO peut pointer un homme du doigt, il n’en reste pas moins qu’ils étaient plusieurs à exécuter ces ordres lors de la fête de la musisque, tout comme les policiers, « baqueux » et gendarmes étaient pléthores à réprimer dans le sang les Gilets jaunes ces derniers mois, appliquant les ordres ou faisant du zèle en terme de violences. Loin d’être un cas personnel, la répression des mobilisations, et des quartiers populaires dévoilent toujours un peu plus la véritable fonction de cette police. Contre cet autoritarisme d’État, contre toutes ces violences policières, le Comité Vérité et Justice pour Adama appelle à faire de l’acte du 20 juillet un acte résolument contre la répression menée systématiquement par l’État et son bras armé.




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