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Figeac Aéro. Après avoir licencié 220 personnes le PDG se plaint de difficultés à embaucher

Le PDG de Figeac Aéro a sans problème évoqué sa difficulté à embaucher du personnel à la télé alors même qu'il a procédé à un PSE mettant 220 personnes à la porte en 2021. Une hypocrisie scandaleuse qui exprime la volonté du patronat d'avoir une main d’œuvre flexible et qui accepte des salaires au rabais.

mercredi 27 avril

Le 25 avril au micro de BFM Business Jean-Claude Maillard, PDG de Figeac Aéro, a annoncé « On vit une reprise du secteur aéronautique, mais on a du mal à trouver du personnel. […] Les entreprises ont du mal à recruter ». Cette phrase est d’une hypocrisie sans limite quand on sait que ce même PDG, et l’équipe de direction de Figeac Aéro, ont procédé à un PSE en 2021 entraînant la suppression de 220 emplois ! Le PSE avait été justifié par la baisse de l’activité aéronautique durant la pandémie, tandis que l’entreprise recevait de l’argent public en masse par les Prêts Garantis par l’Etat (PGE) ainsi que plus de 3,6 millions d’euros par le Plan de Soutien à l’Industrie Aéronautique.

Alors que Macron est fraîchement réélu, les médias dominants tendent déjà le micro aux patrons comme Jean-Claude Maillard. Révolution Permanente a donc tendu le micro à un ouvrier, délégué syndical CGT du site, Jérémy Gargaros pour expliquer ce qui se passe réellement dans l’entreprise. D’emblée il s’insurge : « Nous on a eu un PSE de 220 suppressions d’emplois, mais faut ajouter à ça l’arrêt de TOUS les CDD, de TOUS les intérimaires et le non-renouvellement des départs donc en vrai ça fait près de 450 emplois en moins. C’est simple, à un moment on était presque 1150 dans la boite et là au dernier pointage on est plus que 750 donc si tu veux nous on se dit que c’est une mauvaise blague ce que dit le PDG ».

« Le PDG devrait continuer la phrase, il trouve pas de main d’œuvre.. qui accepte de travailler au SMIC pour fabriquer des pièces d’avion ».

Une majeure partie du personnel qui a été licencié avait des postes définis et des années d’expérience, le PSE a désorganisé une partie de la production en dispatchant le personnel sur de nouveaux postes, passant de technicien à ouvriers, en dégradant les conditions de travail. Comme nous le confie Jérémy Gargaros : « T’as toute cette réorganisation, tu changes de postes etc.. et comme on est moins t’as une surcharge de travail. L’enjeu derrière tout ça c’est de mettre la pression sur les salaires et les gens. »

Le PDG a du mal à trouver du personnel qui accepte de faire le même travail que tous les travailleurs licenciés il y a un an... mais pour un SMIC. D’ailleurs le délégué syndical CGT souligne : « La direction peut pas dire qu’il y a pas de main d’oeuvre, ils ont viré du monde comme à la SAM et à Bosh dans le même bassin d’emploi, mais quand t’as énormément d’expérience ils vont pas bosser au SMIC. »

D’ailleurs en même temps que faire pression sur les salaires, l’argument de ne pas réussir à recruter devient une justification au processus de délocalisation de la production afin d’obtenir de la main d’œuvre à encore plus bas coûts. D’une manière générale, cette phrase du PDG exprime les attentes du patronat vis-à-vis du nouveau mandat de Macron : celui d’attaquer de manière encore plus frontale les conditions de travail et les salaires des travailleurs durant ce quinquennat, ainsi que justifier les offensives contre le RSA et l’allocation chômage pour faire accepter les bas salaires !



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